Fenwick et sa femme Susan, dans la septième année de leur mariage, font une longue croisière sur leur voilier de dix mètres, le Pokey , dans le golfe du Mexique et jusqu'au Yucatan. Le récit commence, neuf mois après, lorsqu'ils pénètrent, sur le chemin du retour, dans la baie de Chesapeake qui entaille profondément la côte est des États-Unis, à la hauteur du Maryland, lieu de toutes les fondations américaines. Là, le couple s'affaire à retarder le plus possible la fin du voyage : ils tirent des bords, bavardent inlassablement, font l'amour, évoquent la CIA et ses innombrables complots (Fenwick est un ancien officier qui a démissionné de la célèbre Centrale), l'art du roman (Susan enseigne la littérature américaine, mais elle est en année sabbatique). Chemin faisant, il sera beaucoup question de la façon dont le récit se déroule, John Barth insérant partout notes en bas de page, incises et citations, dissertations professorales et apartés ubuesques. Ce n'est pas pour rien que le bateau s'appelle Pokey : hommage à la fois aux deux grands hommes de Baltimore, Francis Scott Key, auteur de l'hymne national américain, et Edgar Allan Poe, qui écrivit Les Aventures d'Arthur Gardon Pym . Fenwick ne cache pas les innombrables parallèles possibles entre les deux navigations, les dangers qui guettent le Pokey , au même titre que les crevasses du pôle attendaient le navire de Pym. Et la CIA ne lâche pas facilement ses proies. Récit détaillé d'une navigation écrite par un écrivain au sommet de son art et de son humour, La Croisière du Pokey se déroule selon un tempo indolent et angoissé : hantise littéraire, goût du danger, obsession sexuelle bercent furieusement cet étonnant jeu des mots et de la mer. Traduit de l'américain par Michel Doury.
Nombre de pages
420
Date de parution
06/02/1991
Poids
420g
Largeur
140mm
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EAN
9782020105804
Titre
La croisière du "Pokey"
ISBN
2020105802
Auteur
Barth John
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
420
Date de parution
19910206
Nombre de pages
420,00 €
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Nous sortîmes dans le soleil étincelant et marchâmes dans l'air désséché jusqu'à Long Wharf où le showboat, immense, était amarré contre le quai. [?]. - Qu'est-ce que c'est que ça, Toddy? demanda Jeannine avec agitation.- C'est un showboat, répondis-je. Tu peux dire ce mot-là, Showboat?. - Showboat [?]. - C'est pour quoi faire, mon Toddy? cria-t-elle, impressionnée par les proportions de L'Opéra.- C'est un showboat, chérie. Les gens montent dessus, ils écoutent la musique et ils regardent les acteurs danser et faire les pitres.- Pourquoi?. - Pourquoi quoi? m'enquis-je. Pourquoi les acteurs font les pitres ou pourquoi les gens aiment les regarder?. - Pourquoi les gens??. - Les gens aiment aller au spectacle parce que ça les fait rire. Ils aiment que les acteurs les fassent rire.- Pourquoi?. - Ils aiment rire parce que rire les rend heureux. Ils aiment être heureux, tout comme toi.".
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Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
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