La question de la corrélation entre l'étant transcendant et ses modes de donnée subjectifs, question qui est au c?ur de l'entreprise phénoménologique, conduit inévitablement à aborder le problème du sens d'être du sujet de la corrélation en tant que celui-ci à la fois appartient au monde et est une condition de son apparaître. Conformément à cette double exigence, le sujet doit être caractérisé comme vivre, ce qui revient à dire que la phénoménologie n'a de sens que comme phénoménologie de la vie. La vie doit ici être comprise en un sens originaire, plus profond que la distinction de l'être en vie (leben) et de l'épreuve de quelque chose (erleben): elle échappe à l'alternative d'une vie intransitive et d'une vie transitive. Le but de ce livre est de jeter les bases de cette phénoménologie. Une telle entreprise requiert d'abord de mettre en évidence les limites et les présupposés des philosophies, phénoménologiques ou non, qui se confrontent à la question de la vie. Elle débouche sur une caractérisation positive du vivre comme Désir, autre nom de la corrélation, rapportant l'un à l'autre un sujet qui est Réalisation et un Être qui est Inachèvement.
Date de parution
11/04/2008
Poids
555g
Largeur
215mm
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EAN
9782711619702
Titre
INTRODUCTION A UNE PHENOMENOLOGIE DE LA VIE
ISBN
2711619702
Auteur
BARBARAS
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
555
Date de parution
20080411
Nombre de pages
0,00 €
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L'oeuvre de Merleau-Ponty est tout entière commandée par le souci de mettre rigoureusement en oeuvre le mot d'ordre husserlien de retour aux choses mêmes, ce qui exige, conformément au geste amorcé par Husserl dans la Krisis, de reconnaître l'oeuvre de l'idéalisation - c'est-à-dire de l'objectivation - là même où elle se fait oublier, afin de la neutraliser. A l'instar de Bergson, pour qui la tâche de la philosophie était d'aller chercher l'expérience au-dessus du tournant où, s'infléchissant dans le sens de l'utilité, elle devient proprement l'expérience humaine, Merleau-Ponty définit la philosophie comme «réactivation totale, pensée de la sédimentation, contact avec l'Etre total avant séparation de vie préthéorétique et de Gebilde humain». La tâche de la pensée est de se situer à ce tournant où l'expérience s'accomplit et se voile à la fois dans des productions où elle se fait proprement humaine, de définir un sens de l'Etre antérieur à la bifurcation du préobjectif et de l'oeuvre idéalisante. Le but des recherches ici réunies est de tenter de clarifier la nature exacte du tournant de l'expérience et, partant, de prendre pleinement la mesure de la radicalité du projet phénoménologique merleau-pontien.
L'objet de ce livre est de montrer que l'intentionnalité, condition de l'apparition de l'étant, ne peut être caractérisée de manière conforme à son essence que si elle est comprise comme vie. En effet, une philosophie rigoureuse de l'intentionnalité est soumise à une double contrainte. D'un côté, comme l'a souligné Merleau-Ponty, le sujet de la perception ne peut être défini comme une sphère d'être absolue surplombant le monde: il est du monde et cette intramondanéité doit être comprise comme incarnation. Cependant, en mettant en avant un concept univoque de la chair, par delà la différence des étants du monde et du corps propre, Merleau-Ponty s'interdit d'accéder au sens d'être véritable de celui-ci. Or, comme l'a montré Heidegger pour sa part, le monde ne saurait être éclairé dans sa constitution par un retour à un étant du même mode d'être: le Dasein humain diffère de tous les autres étants en ce qu'il existe et c'est donc bien au plan existential que l'intentionnalité doit être ressaisie. Toutefois, il n'est pas sûr que la manière dont Heidegger thématise l'existence permette d'y intégrer le phénomène de la chair, et donc de la vie, qui sous-tend l'inscription du Dasein dans le monde. Ainsi, alors que Merleau-Ponty pense l'intramondanéité du sujet sur un mode tel qu'une ouverture intentionnelle peut difficilement y être fondée, Heidegger caractérise l'existence de telle sorte que son intramondanéité ne peut en être déduiteC'est à Jan Patoéka qu'il revient d'avoir su concilier la différence radicale du sujet intentionnel et son intramondanéité en proposant une caractérisation existentiale du corps comme mouvement vivant. Les études réunies ici visent toutes à explorer la voie, ouverte par Patoéka, d'une phénoménologie de la vie, d'abord à travers une série de confrontations avec d'autres pensées de la vie (Bergson, E. Straus, Sartre, H. Jonas) puis directement, en tentant d'explorer les traits de la vie intentionnelle Biographie de l'auteur Renaud Barbaras est professeur de philosophie contemporaine à l'université de Paris-I Panthéon-Sorbonne et ancien membre de l'Institut Universitaire de France
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.