Lancée en 2003, la Politique européenne de voisinage est devenue l'axe majeur des relations extérieures de l'Union européenne. Jamais, en effet, une initiative de politique étrangère n'avait connu un tel engouement au niveau communautaire. Il faut dire que l'Union entend pour la première fois proposer à ses voisins une politique compréhensive, qui articule les interactions commerciales aux échanges sociaux et culturels. Les articles de ce numéro, à travers une analyse serrée des textes et des enquêtes de terrain, mettent en relief d'autres projets, d'autres dynamiques et d'autres conséquences. En effet, loin d'être une politique construite avec les voisins, la politique européenne de voisinage semble imposer aux voisins les cadres cognitifs et normatifs de l'Union. Celle-ci, sous couvert de vouloir aider ses voisins, n'est-elle pas en train de mettre en place une situation d'hégémonie ? Lorsqu'elle parle d'inclusion économique, l'Union européenne ne promeut-elle pas simultanément l'exclusion institutionnelle et politique des Etats voisins ? Et lorsqu'elle évoque la frontière, ne peut-on pas détecter en creux un projet identitaire aux contours incertains ? La construction du voisin qui semble ainsi s'opérer ressemble moins au partenariat d'égal à égal annoncé par l'Union européenne qu'à une forme de tutorat ambigu et inavoué...
La sécurité est-elle mieux pensée par ceux qui la critiquent ? De Foucault à Butler, de Bourdieu à Bauman, de Horkheimer à Honneth, les intellectuels qui se sont intéressés à nos sociétés ont permis de prendre la mesure des défis que pose la sécurité à la politique : qu'est-ce que la sécurité ? Pourquoi et comment certains problèmes deviennent-ils des enjeux de sécurité ? Quels sont les rapports entre la sécurité, la défense et le politique ? Comment analyser les pratiques que déclenche la sécurité ? Bousculant les distinctions classiques guerre-paix, interne-externe, police-militaire, risque-sécurité, Thierry Balzacq examine ce que la théorie critique, le constructivisme, le poststructuralisme et le féminisme ont apporté aux études de sécurité. Bâtie autour de cas empiriques, sa démonstration suit une même exigence : partir des fondements, d'abord ; monter en complexité, ensuite ; évaluer minutieusement le projet théorique et politique de chaque approche, enfin. Une réflexion que la poussée de nouveaux enjeux rend d'autant plus nécessaire : tensions financières et économiques, flux migratoires, menaces environnementales, subversions informatiques, ruptures sociales, déviances religieuses, pandémies globales...
La pratique diplomatique a connu plusieurs mutations majeures : elle n'est plus l'apanage de l'Etat et de ses agents, elle use d'instruments d'une technicité croissante, elle investit de nouveaux territoires de négociation. Ces changements ont suscité un regain d'intérêt pour l'analyse de la scène diplomatique par de nombreuses disciplines, de la science politique des relations internationales à l'histoire, en passant par la sociologie. Premier Manuel de diplomatie en langue française, cet ouvrage aborde toutes les dimensions de l'institution diplomatique au XXIe siècle, en la situant dans son évolution historique et en présentant ses aspects classiques comme ses nouvelles formes d'expression. Le livre s'organise en trois parties : vecteurs : bilatéralisme, multilatéralisme, négociation et médiation, nouvelles technologies de l'information et de la communication, diplomaties de clubs et de groupes, paradiplomatie, rituels et protocole ; acteurs : Etat, organisations intergouvernementales, régions (sub- et supra-étatiques), parlements et collectivités territoriales, individus ; secteurs : culture, entertainment, environnement, économie et entreprise, expertise, défense et humanitaire.
Ce premier traité des Relations internationales francophone qui fait intervenir plus de 50 contributeurs parmi les plus représentatifs de la discipline a pour ambition d'égaler ce qui s'est déjà fait de mieux dans le monde anglophone. Il examine dans des contextes précis et de manière comparative, comment les Relations internationales s'organisent en tant que discipline et pourquoi pas en tant que "science", selon quatre axes: 1) la contextualisation et l'évolution historique de la discipline; 2) dialogue avec les autres sciences sociales et humaines; 3) le contenu et l'organisation de ses différentes branches (théories, politique étrangère, etc.); 4) les divers canaux de transmissions des connaissances dont l'expertise et les think tanks.
A quand remonte le suffrage universel, incluant également les femmes ? Pourquoi y a-t-il un grand nombre de partis avec un poids significatif en Belgique contre principalement deux sur le plan fédéral aux Etats-Unis ? Quelle différence y a-t-il entre le socialisme et le communisme ? Entre un régime démocratique et un régime autoritaire, voire totalitaire ? Souvent perçue comme jeu de stratégie ou conquête du pouvoir, parfois associée à des scandales et affaires de corruption, la politique est pourtant principalement l'art d'organiser le "vivre ensemble". Cet ouvrage se veut une boussole pour pénétrer la jungle politique, un décodeur permettant de ne pas subir les événements sans les comprendre. Fruit de la rédaction collective de six auteurs animés par un souci pédagogique fort, ce manuel entend être un véritable outil pour faire comprendre les phénomènes politiques qui nous entourent. Destiné à un public francophone, ses illustrations vont cependant bien au-delà de l'aire belge, française, suisse ou canadienne. Chaque chapitre peut être consulté de façon autonome, par des publics issus d'études et de niveaux différents. De nombreux encadrés thématiques, des orientations bibliographiques et un index enrichissent le propos. Pour les étudiants, pour qui il constituera un ouvrage de référence tout au long de leur cursus grâce à son caractère synthétique et progressif. Pour les citoyens, pour qui il représentera une ressource pour mieux comprendre le monde et l'actualité politiques.