Pour Mieux lire l'oeuvreAu temps de BalzacLa Restauration: les temps nouveauxLe Colonel Chabert porte la marque de l'époque dans laquelle s'inscrit l'intrigue: la Restauration, qui voit le retour de la monarchie en France après la chute du premier Empire. Pendant quinze ans, Louis XVIII (1815-1824) et Charles X (1824-1830) - et dans leur sillage Louis-Philippe - vont accomplir durant la monarchie de Juillet (1830-1848) une vraie rupture politique, sociale et culturelle. Le grand élan des années napoléoniennes fait place à «l'immense civilisation moderne libérée par la chute de l'Empire et par l'installation du constitutionnalisme bourgeois». C'est une société en pleine mutation qui se dressera devant le colonel Chabert, héros de la bataille d'Eylau, ancien grognard dont la pensée et les principes démodés (honneur, gloire, patriotisme) ne résisteront pas au réalisme sans scrupule des temps nouveaux. Mais Napoléon a profondément marqué les esprits. On compte, parmi ses admirateurs, Balzac, qui se propose de suivre l'exemple de l'Empereur: «Ce qu'il a entrepris par l'épée, je l'accomplirai par la plume.»Balzac: un jeune écrivain ambitieux et endettéLe XIXe siècle est le siècle du roman. Avec Stendhal (Le Rouge et le Noir, 1830) et Victor Hugo (Notre-Dame de Paris, 1831), le genre romanesque explose. Passionné de littérature, Balzac veut égaler les plus grands. Il publie d'abord des articles, des nouvelles et des romans faciles. Ces oeuvres «alimentaires» sont destinées à lui faire gagner de l'argent pour payer ses dettes. Car l'écrivain est aussi un homme d'affaires malchanceux: il a perdu une fortune dans une imprimerie qui a fait faillite (1828) et les créanciers sont à ses trousses! Publiées sous différents pseudonymes (lord R'Hoone anagramme de son prénom «Honoré»], Horace de Saint-Aubin...), romanesques à souhait, pleines de péripéties extravagantes, ses premières oeuvres utilisent toutes les ficelles du roman populaire. Elles constituent en quelque sorte des exercices d'entraînement, comme l'expliquera plus tard Balzac: «J'ai écrit sept romans, comme simple étude: un pour apprendre le dialogue, un pour apprendre la description, un pour grouper les personnages, un pour la composition, etc.»Les premiers succèsC'est avec Les Chouans (1929) que Balzac trouve sa voie. Premier roman signé de son nom, cette oeuvre fondatrice influencée par les récits historiques de l'Anglais Walter Scott, inspirera à son auteur une fierté légitime, même si elle fut un échec commercial. La même année, un essai, La Physiologie du mariage, connaîtra un succès de scandale. Désormais, plus personne n'oubliera le nom de Balzac. Peu après, en 1831, paraît une «fantaisie presque orientale où la Vie elle-même est peinte aux prises avec le Désir, principe de toute Passion». C'est La Peau de chagrin. L'année suivante est publié un court roman, La Transaction, qui deviendra Le Colonel Chabert. Ces oeuvres de jeunesse sont capitales: elles permettent à l'écrivain de mettre au point son art, qui consiste à montrer la réalité dans le moindre détail, à créer des personnages-types et des individus inoubliables, à raconter sans lyrisme des drames intimes, à mettre en scène la société dans toute sa diversité. Désormais, Balzac est lancé. À grand renfort de café noir, il engage une oeuvre colossale qui le tiendra à sa table de travail nuit et jour jusqu'à sa mort: c'est La Comédie humaine, composée de 137 romans qui communiquent entre eux.
- Retournez-vous, dit le marchand en saisissant tout à coup la lampe... et regardez cette Peau de chagrin... Puisque vous êtes un orientaliste... peut-être lirez-vous cette sentence... Ce qui voulait dire en français : si tu me possèdes, tu posséderas tout. Mais ta vie m'appartiendra dieu l'a voulu ainsi désire, et tes désirs seront accomplis, mais règle tes souhaits sur ta vie. Elle est la, à chaque vouloir je décroîtrai comme tes jours. Me veux-tu ...
Chabert! Un nom dur à porter pour cet homme foudroyé. Célèbre, certes, mais qui passe désormais pour un imposteur. Car Chabert, colonel, comte d'Empire, est mort à Eylau, et son décès, historique, est consigné dans les actes militaires. Enseveli vivant! Tel fut le sort de Chabert. Jeté dans une fosse au milieu des cadavres, sortant de ce charnier par miracle pour rester pendant six mois entre la vie et la mort. Un espoir ultime reste à ce malheureux: retrouver son identité. Hélas! Enterré sous des morts, le voilà maintenant enterré sous des actes. On le croit fou. Il gêne. Même sa veuve, remariée et héritière de ses biens, souhaite le voir rentrer sous terre...
Ce roman, écrit Balzac, est "l'oeuvre capitale dans l'oeuvre ". Mettant en scène écrivains, actrices, libraires et imprimeurs, il propose une analyse cinglante du milieu de la presse - "ce cancer qui dévorera peut-être le pays" - et d'un monde où seuls les plus cyniques tirent leur épingle du jeu. Dans ce récit d'apprentissage, Balzac trace de manière exemplaire le parcours négatif qui avait été, depuis Chateaubriand, celui d'un certain XIX ? siècle : l'initiation, par la souffrance et l'échec, à la dure loi du réel. Pour Lucien de Rubempré, échappé de son Angoumois natal, la leçon passe par Paris. Et Paris, révélateur impitoyable, dissipera les mirages provinciaux, offrant à Lucien, en guise de gloire rêvée, le sentiment de son néant et de sa solitude : cela s'appelle devenir adulte.
Vendre son âme à Lucifer ! Castanier, le caissier faussaire De la maison Nucingen, l'a fait. Facile, quand on ne croit en rien, et que l'on est amoureux d'une jeune beauté. Finies la quarantaine ingrate et les mains potelées d'homme gras ! A lui maintenant cet insupportable éclat du regard capable de broyer des volontés de fer... Mais à quel prix ! Les pouvoirs du diable sont bien encombrants. Comment s'en débarrasser ? En dénichant l'âme faible prête à signer le pacte. Et où la trouver sinon dans un lieu vénal où se brasse l'argent ? A la Bourse ! Dans Jésus-Christ en Flandre, une barque chavire en pleine tempête. Un homme, qui ne possède rien, marche sur les flots. L'évêque et la vieille dame s'élancent. La pécheresse et le soldat suivent. Dieu, dans les vagues et le noir, y reconnaîtra certainement les siens...
L'anthologie illustrée de la chanson Française « des complaintes du 16ème siècle à Zazie » L'ouvrage présente les 300 plus belles chansons qui constituent le patrimoine chanté de la France. Chaque partie comporte une introduction puis une vingtaine de chansons classées chronologiquement, chacune étant présentée par une petite introduction. Les 2/3 des chansons concernent la période de 1945 à nos jours, avec en moyenne 4 chansons par année. Un index général des chansons complète l'ouvrage. 16 pages supplémentaires couvrent la période 1996-1999, avec une dizaine de nouvelles chansons (Zazie, Garou, Brigitte Fontaine, etc.) Public: Public familial pour retrouver ensemble les grands succès de plusieurs générations
La question de la faim dans le monde reste lancinante. Les émeutes du printemps 2008 lui ont donné une actualité brûlante. Pourtant, dès l'automne de la même année, le retour des bonnes récoltes et la crise financière des pays riches faisaient de nouveau passer au second plan le scandale de la faim. Ce n'est en effet que lorsque le monde craint de manquer de nourriture qu'il se préoccupe de la production alimentaire. Que les récoltes soient bonnes, et les préoccupations quotidiennes reprennent le dessus: faire rouler les voitures ( agrocarburants ), produire en masse pour l'industrie agroalimentaire ( OGM ), se débarrasser des excédents qui font chuter les prix en les bradant sur les marchés mondiaux... La faim silencieuse, celle des pauvres, est de nouveau oubliée. Dans les situations de guerre, ce sont les mouvements caritatifs qui prennent en charge les affamés. Dans les situations de paix, rares sont ceux qui se préoccupent des malnutris. Pire encore: la nouvelle religion du développement durable, en mettant l'accent sur l'idée que les ressources sont limitées, légitime l'indifférence à leur égard. Comme s'il fallait de toute façon des régulateurs pour alléger une planète présentée comme surpeuplée. Pourtant, il est possible de nourrir le monde. II est possible de vaincre la faim. Biographie de l'auteur Sylvie Brunel est géographe, professeur à Paris-Sorbonne, spécialiste des questions de développement, ancienne présidente d'Action contre la Faim. Elle a publié de nombreux ouvrages dont Famines et politiques ( 2002 ) et A qui profite le développement durable? (2008 ).
Fruit d'un long travail d'écriture couvrant une période de plus de mille ans, la Bible est le texte fondateur de deux grandes religions: le judaïsme et le christianisme. Mêlant les faits réels et les mythes, elle narre la création du monde, relate l'histoire du peuple hébreu et nous fait partager la vie et l'enseignement de Jésus jusqu'à sa résurrection. Considérée en Occident comme Le Livre des Livres, la Bible a profondément marqué l'humanité dans sa morale, ses moeurs, sa culture et ses arts.
Un panorama complet de l'économie pour ceux qui veulent comprendre les évolutions du monde contemporain. L'ouvrage s'ouvre sur des questions d'actualité: L'immigration est-elle une bonne chose pour l'économie ? Le chômage va-t-il baisser ? Quel impact économique a le réchauffement climatique ? ?Viennent ensuite Les temps forts qui retracent les grandes étapes de l'histoire économique depuis l'esclavage antique jusqu'à la crise financière actuelle?Enfin, la troisième partie est consacrée au dictionnaire: plus de 700 entrées sur les concepts, les personnalités, les grandes problématiques et les grandes puissances économiques.
Refonte en version poche de Mémoire de mon enfance bretonne (978273735992-7). Roland Colin est le fils d'un émigré breton élevé au pays par Marig ar Rouz, son étonnante grand-mère qui a vécu trois guerres (1870, 1914-1918, 1939- 1945), découvert Buffalo Bill et ses Indiens à Brest en 1889, et est morte à presque 90 ans. Près d'elle, son petit-fils reçoit le précieux viatique de la langue et de la culture des racines. Pour le jeune adolescent, la guerre en Bretagne est une bouleversante épreuve, tempérée par la magie de la vie du terroir. A la Libération, Roland Colin monte à Paris, en quête d'un engagement social et professionnel dans un monde à rebâtir. Il entre à l'Ecole de la France d'Outremer où Senghor est son professeur. Négritude et Celtitude se comprennent alors comme alliance entre les identités et les solidarités nouvelles à construire. Ce livre est l'histoire d'un parcours fertile en expériences rejoignant les problèmes les plus vifs du temps présent.
1954, dans un hôpital militaire de Hanoi, Yann, un soldat breton, est soigné par Mai. Ils tombent amoureux, mais le père de la jeune fille l'a promise à un autre. Elle s'insurge, elle est bannie de la famille... Ils se marient en toute hâte, avant que Yann rejoigne la cuvette de Diên Biên Phu. Après la défaite de l'armée française, Yann est emmené dans un camp d'internement. Dans une langue poétique, avec grâce et pudeur, Hoai Huong Nguyen peint le Vietnam d'hier et un amour qui affronte la violence d'une guerre. L'histoire bouleversante de Mai et de Yann laisse percer la lumière des humbles héros qui croient à la liberté et à l'absolu malgré les vicissitudes de l'Histoire. Tout est là : l'Histoire, l'histoire, la manière de les faire s'imbriquer, la netteté de l'écriture, la volonté de trouver une parole adéquate à la tragédie, la complexité des psychologies... "Un instant de littérature pure." Yann Moix, Le Figaro littéraire.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.