Vivre en montagne au Moyen Age. Les objets racontent l'histoire de l'argenteria de Brandis Huez-Alpe
Bailly-Maître Marie-Christine
CIHAM
46,00 €
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EAN :9782956842699
Etudié depuis 1978, le site archéologique de Brandes (Huez-Alpe d'Huez, Isère) réunit en un seul et même lieu des fortifications, une église paroissiale, un cimetière, des habitations, des mines, des ateliers de minéralurgie, des aménagements hydrauliques et des archives. Les très nombreux objets de la vie quotidienne découverts montrent un mobilier riche et éclairant de façon inédite le niveau de vie et de pensée des mineurs d’argent au Moyen Âge. Les résultats publiés ici livrent une image parfois surprenante de cette population et de la vie quotidienne des travailleurs du métal dans un village alpin du Moyen Âge. Le site de Brandes (Huez-Alpe d'Huez) est un unicum en Europe. Pour exploiter un minerai argentifère au profit du dauphin, une agglomération ? l?argenteria de Brandis ? s'implante à 1800 m d'altitude, directement sur les chantiers extractifs. La singularité de ce site tient à la complémentarité des éléments qui le composent : fortification, église paroissiale entourée de son cimetière, habitations, mines, ateliers de minéralurgie, aménagements hydrauliques et archives. Cet habitat permanent à cette altitude (seul exemple connu pour cette période) est une création artificielle probablement voulue par le dauphin. Provenant des recherches archéologiques conduites depuis 1978, les très nombreux objets de la vie quotidienne des hommes et des femmes de Brandes entre le XIIe et le XIVe siècle montre un mobilier riche, à la fois par la diversité des domaines représentés, mais aussi et surtout parce qu'il éclaire de façon inédite le niveau de vie et de pensée des mineurs d'argent au Moyen Âge. En publiant les résultats de nombreuses années de travail, les différents spécialistes ayant participé à l'étude de ce site livrent une image parfois surprenante de cette population, aidant à mieux saisir la vie quotidienne des travailleurs du métal dans un village alpin du Moyen Âge.
Nombre de pages
504
Date de parution
01/03/2024
Poids
1 410g
Largeur
212mm
Plus d'informations
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EAN
9782956842699
Titre
Vivre en montagne au Moyen Age. Les objets racontent l'histoire de l'argenteria de Brandis Huez-Alpe
Auteur
Bailly-Maître Marie-Christine
Editeur
CIHAM
Largeur
212
Poids
1410
Date de parution
20240301
Nombre de pages
504,00 €
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La production de l'argent métal est un fait technique et économique, mais aussi éminemment politique. Depuis les VII-VIIIe siècles, le monométallisme argent est la règle en France, avec la frappe du denier. Le XIIIe siècle marque le retour au bimétallisme, mais jusqu'au règne de Philippe IV le Bel l'argent reste le métal le plus utilisé, ce qui impose une recherche systématique des minerais argentifères, même les plus médiocres. Un premier survol de la documentation montre que si la Gaule a produit de l'argent, c'est en quantité bien moindre que la péninsule Ibérique au même moment. Quelques gisements sont exploités au Haut Moyen Âge, mais ils semblent peu nombreux. A partir du XIIe siècle, on observe une véritable explosion de l'activité minière, qui se traduit par une inflation des sources documentaires. Du XIIe à la première moitié du XIVe siècle, l'activité minière et métallurgique est intense et c'est l'Europe méditerranéenne qui est la principale productrice de métal blanc: Sardaigne, Toscane, Espagne, mais aussi la moitié sud de la France. La dépression du milieu du XIVe siècle affecte l'activité minière, sans l'interrompre totalement et la reprise se manifeste par une incitation des princes à prospecter; c'est aussi, avec le XVe siècle, le temps de légiférer. Les seigneurs sont peu à peu dépossédés par le roi de France qui cherche alors à reconquérir des droits miniers. Enfin la découverte des grands gisements d'Amérique latine, au XVIe siècle, change la donne geoéconomique. L'argent. Du minerai au pouvoir s'intéresse aux techniques et à leur évolution au Moyen Âge mieux connues grâce au développement de l'archéologie minière depuis une vingtaine d'années: techniques extractives, techniques métallurgiques, étude des ateliers et des résidus du travail, des gestes des ouvriers.La production du métal blanc lié à la frappe monétaire est indissociable d'un contexte politique, économique, social et juridique: enjeux politiques et conséquences sur l'économie, l'environnement, le peuplement et les voies de communication, le statut du mineur, etc.
Biographie de l'auteur Marie-Christine Bailly-Maître est directeur de recherche au CNRS et conservateur de plusieurs musées. Jean-Paul Bozonnet est maître de conférences à l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble. Sylvie Bretagnon est responsable du musée des Sciences médicales de Grenoble. Daniel Grunwald est médecin d'exercice libéral et hospitalier. Dave Lüthi est diplômé en histoire de l'art et en archéologie et assistant à l'université de Lausanne. Rafael Matos-Wasem est docteur en géographie et professeur à l'école suisse de tourisme. Marc Piccand est psychologue et chercheur à l'université de Lausanne. Claude Reichler est professeur de littérature française et d'histoire de la culture à l'université de Lausanne.Jean Rousselot est écrivain, journaliste et peintre (1913-2004). René Siestrunck est sociologue et écrivain. Daniela Vaj est historienne et chercheuse à l'université de Lausanne. Marion Vivier est historienne de l'art, chargée de la communication pour les éditions lyonnaises Lieux Dits.
Au Moyen Âge, c'est entre le XIe et le XIIIe siècle que l'exploitation et l'utilisation des métaux, et plus particulièrement celle de l'argent, se retrouvent sous la mainmise seigneuriale. L'intérêt des maîtres du ban pour l'exploitation des ressources naturelles s'est en effet manifesté de façon prépondérante dans le secteur des minerais métalliques, en relation étroite avec les frappes monétaires notamment. L'étude de la question minière pour cette période met à contribution plusieurs types de sources écrites et archéologiques. En ce qui concerne les textes, si les chartes sont plutôt rares et parfois sujettes à caution, la documentation sérielle du bas Moyen Âge offre un ensemble copieux et encore en bonne part sous-exploité, tout particulièrement les comptabilités châtelaines. Mais c'est sans doute de l'archéologie extensive et de terrain que l'on peut attendre le plus de résultats nouveaux. D'une part, par l'organisation de vastes prospections dans des zones de production minière attestées par la géologie mais aussi par des indices d'exploitation ancienne ou plus récente, d'autre part, par la fouille de sites miniers qui s'est concentrée jusqu'alors sur un petit nombre d'exemples étudiés en profondeur mais n'a concerné qu'une faible partie des sites recensés. Cet ouvrage rassemble les contributions présentées lors de la table ronde organisée à Lyon le 15 mai 2002 pour faire le point sur un ensemble de recherches portant sur différents espaces européens : Dauphiné, Savoie, Provence, Piémont, Toscane, Andalousie et Bohème.
Dans l'histoire des sociétés, les industries extractives et singulièrement celles du métal, ont joué un rôle essentiel. Si la recherche et l'appropriation des gisements, leur exploitation, la transformation du minerai en métal et du métal en objets, ont laissé des témoignages dans les textes - dès qu'ils existent - elles s'inscrivent surtout dans le paysage, "sur le terrain" et ce, dans la longue durée. L'archéologie est donc un passage obligé, et souvent le seul, pour étudier l'histoire minière et métallurgique depuis ses origines. Prendre en compte les paysages miniers comme une donnée essentielle du patrimoine européen est d'autant plus nécessaire que ces paysages, ces vestiges miniers, sont menacés de disparition totale et programmée. Si rien n'était fait pour les protéger, c'est un pan entier de l'histoire de l'homme et de ses activités qui serait ainsi, à jamais, effacé.
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