Controverse. Dialogue sur la politique et la philosophie de notre temps
Badiou Alain ; Milner Jean-Claude ; Petit Philippe
SEUIL
19,90 €
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EAN :9782021086386
Ils sont issus de la même génération. Ils ont tous les deux traversés les années rouges à la fin des années 1960. Alain Badiou est né en 1937 à Rabat, Jean-Claude Milner en 1941 à Paris. Mais s'ils furent l?un et l?autre maoïstes, le premier fixait toute son attention vers la Chine quand l?autre s?en détournait déjà. Cette polémique originaire sur le destin du gauchisme s?est nourrie de nouvelles et profondes divergences à propos du rôle de la philosophie et de la politique au fil des années. La controverse oppose deux grands penseurs que tout rapproche et que tout éloigne. Qu?ils évoquent l?ère des révolutions, et en particulier la Commune et la Révolution culturelle chinoise; qu?ils se penchent sur les grands massacres de l?Histoire; qu?ils discutent de l?infini, de l?universel, du nom Juif, de l?antisémitisme, de la violence, du rôle des intellectuels, du progrès, du capitalisme, de la gauche, de l?Europe. Le scepticisme bon teint de Jean-Claude Milner se heurte constamment à la passion doctrinale d?Alain Badiou. L?amoureux de Lucrèce se frotte à la cuirasse de l?héritier de Platon. Les arguments minimalistes de Jean-Claude Milner croisent les propositions maximalistes d?Alain Badiou. Et ce débat hors normes débouche finalement sur de nouvelles interrogations. Car il n?est de meilleur remède à la puissance écrasante de la raison médiatique que la reviviscence des grandes disputes de l?esprit.
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Nombre de pages
194
Date de parution
11/10/2012
Poids
248g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782021086386
Titre
Controverse. Dialogue sur la politique et la philosophie de notre temps
ISBN
2021086380
Auteur
Badiou Alain ; Milner Jean-Claude ; Petit Philippe
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
248
Date de parution
20121011
Nombre de pages
194,00 €
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La politique commence à partir du moment où l'on n'accepte plus que la distinction entre le possible et l'impossible soit en partage avec l'adversaire. " Dans cette leçon percutante, Alain Badiou, le philosophe français le plus lu et le plus traduit au monde, éclaire sa conception de l'Etat et déploie sa vision de la politique aujourd'hui. Une contribution majeure à la redéfinition d'une visée émancipatrice, qui revient sur les événements-clés des années passées : occupations des places, Printemps arabe, Nuit Debout, crise grecque, effondrement des gauches, montée de l'extrême droite... Et qui invite à ouvrir de nouvelles brèches dans le présent.
Résumé : "Le séminaire sur Nietzsche résulte de ce qu?on peut appeler une décision pure, dont le résultat ne s?est pas inscrit dans les grandes scansions livresques de mon entreprise. Il est même resté à part de ses compagnons, les antiphilosophes modernes et antiques. Mais n?est-ce pas son destin, en vérité ? Je l?aime dans la solitude où tout le monde, sectateurs et calomniateurs, suiveurs et hurleurs, interprètes et propagandistes, l?ont toujours laissé. On verra comment, gouverné par cette profonde sympathie, le commentant en détail et l?admirant sans avoir pour autant à lui concéder quoi que ce soit, j?ai pu décerner à Nietzsche, en mon seul nom, le titre suivant prince pauvre et définitif de l?antiphilosophie".
Il n'y a d'éthique que des vérités. Ou plus précisément : il n'y a que l'éthique des processus de vérité, du labeur qui fait advenir en ce monde quelques vérités. L'éthique doit se prendre au sens supposé par Lacan quand il parle, s'opposant ainsi à Kant et au motif d'une morale générale, d'éthique de la psychanalyse. L'éthique n'existe pas. Il n'y a que l'éthique-de (de la politique, de l'amour, de la science, de l'art).
Présentation de l'éditeur Pourquoi saint Paul ? Pourquoi requérir cet « apôtre », d'autant plus suspect qu'il s'est, de toute évidence, auto-proclamé tel, et que son nom est couramment associé aux dimensions les plus institutionnelles et les moins ouvertes du christianisme ? Et quel usage prétendons-nous faire du dispositif de la foi chrétienne, dont il semble proprement impossible de dissocier la figure et les textes de Paul ? Pourquoi invoquer et analyser cete fable ?Ce qui va nous retenir, quant à nous, dans l'oeuvre de Paul est cette connexion paradoxale, dont il est l'inventeur, entre un sujet sans identité et une loi sans support, qui fonde la possibilité dans l'histoire d'une prédication universelle. Le geste inouï de Paul est de soustraire la vérité à l'emprise communautaire, qu'il s'agisse d'un peuple, d'une cité, d'un Empire, d'un territoire, ou d'une classe sociale.Repenser ce geste et sa force instituante, en déplier les chicanes, est à coup sûr une nécessité contemporaine.
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?
Américaine, professeur de littérature, Francine Prose est l'auteur des best-sellers Un homme Changé (Métailié, 2008), et Blue Angel (Point, 2008), finaliste du National Book Award. Traduit de l'américain par Cécile Nelson.
Que se passe-t-il quand la parole officielle s'affranchit du réel ? Quand les discours du pouvoir ne visent plus à décrire, mais à travestir ? Quand la communication de l'Etat ne cherche plus à éclairer, mais à obscurcir ? Ce sont tous les fondements de la démocratie qui vacillent. Lorsque les gouvernants se libèrent de la contrainte de devoir dire ce qu'ils font, ce qui était indicible devient soudain possible. Ce livre démontre combien, loin d'avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité, la présidence d'Emmanuel Macron l'y a au contraire plongé. Il révèle qu'il est possible de corrompre l'idéal démocratique sans attenter aux institutions. La subversion du langage, par les mensonges et la déloyauté, suffit à nous projeter dans un exercice dévoyé de l'autorité, toujours plus éloigné de la promesse d'un gouvernement par et pour le peuple. Pour ne pas rester démuni face à un mal, il faut commencer par savoir le nommer d'un mot : nous avons basculé en logocratie .
Chaque année, l?Insee chiffre le nombre de pauvres en France (8,2 millions en 2011) sans jamais proposer toutefois de lecture sur l?organisation politique qui génère cette pauvreté. Les pauvres surgissent ainsi sur la scène sociale comme une masse importante que l?on va aider ou punir, selon les mérites ou les défauts de chacun, mais rarement comme le symptôme d?une défaite sociale. Tandis que la fraction la plus riche de la population ne cesse de s?enrichir, la pauvreté n?est plus un phénomène qui relève d?une responsabilité collective. C?est pourquoi Catherine Herszberg est allée demander à des inconnus non pauvres, selon le critère européen, pourquoi les pauvres sont pauvres. Cette démarche s?inscrit dans la continuité de celle qui l?a déjà poussée à observer le sort réservé aux fous emprisonnés (Fresnes, une histoire de fou, 2007). A nouveau, il est question d?hommes mis à l?écart de la société, qu?on est soulagé de ne plus voir, leur vie n?intéressant à peu près personne. Cette enquête pointe ainsi comment le phénomène de la pauvreté s?est détaché du politique, et de notions comme la justice ou l?égalité, pour relever au mieux d?un discours compassionnel, voire charitable. Ce divorce conduit à l?acceptation de ce fait social comme une fatalité, voire une nécessité. Acceptation renforcée par la certitude que le capitalisme mondialisé produit un surplus d?êtres humains "inutiles", surplus appelé à croître dans les années à venir. "Dès lors, la seule question qui se pose est celle-ci: qu?est-ce qu?on va bien pouvoir faire de ces hommes en trop?"