L'oeuvre de Robert Walser, toutes en séquences égrenées sur des notes fines, entre rire et pleur, grâce et gravité, il faut la feuilleter d'une main légère. Ce grand promeneur invite à la promenade. Le fil rouge, c'est lui-même en ses multiples versions. Il a beau se choisir des masques, de toute façon il est là. Sous couleur d'être marginal, relégué dans l'ombre, il se retrouve toujours au centre. "Le roman auquel je travaille sans cesse, reste toujours le même et pourrait être défini comme un roman du moi, découpé, fragmenté". Fritz, Félix, Simon, Jacob, Joseph et les autres, tous parlent d'une seule et même voix, celle de l'homme qui joua son destin sur des mots et passa les vingt-sept dernières années de sa vie dans un asile psychiatrique. On pourrait se laisser abuser par la netteté de la phrase, sa clarté, l'humour sous-jacent et ne pas sentir ce tremblement derrière les mots, cette insistance qui trahit la volonté d'exorciser quelque mal. "Ai-je cueilli des fleurs pour les déposer sur mon malheur ? " demande Robert Walser. Etrange fascination de cette vie pleine de trous qui ressemble tellement à la vie". Marie-Louise Audiberti.
Nombre de pages
220
Date de parution
12/04/1996
Poids
235g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782070744046
Titre
LE VAGABOND IMMOBILE. Robert Walser
Auteur
Audiberti Marie-Louise
Editeur
GALLIMARD
Largeur
120
Poids
235
Date de parution
19960412
Nombre de pages
220,00 €
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Ni creuse, ni fausse, ni plus dure qu'une autre, Adèle n'en a pas moins la dent, jour et nuit. Une fringale chez elle, qui va de pair avec l'amour. Dans son souvenir, chaque homme a sa spécialité : Luc et la truite au bleu, Bernard et les pizzas, Julien et le caviar d'aubergines, Gérard et le lapin en gibelotte... Avec Paul, son mari, c'est dans un restaurant grec que se conclut le contrat. Mais cette perpétuelle affamée éprouvera toujours le besoin de varier ses menus. On ne peut s'empêcher de partager sa gourmandise, ses élans, sa saine boulimie, merveilleux refuge contre l'angoisse. Car derrière le primesaut d'un récit léger comme un sorbet, il y a peut-être la gravité sans histoire de quelque aveu. {La Dent d'Adèle} ne croque pas le morceau, et Marie-Louise n'en fait pas un plat ; c'est une romancière qui possède la discrétion des vrais écrivains.
Les images se mélangent, se recouvrent, des voix résonnent encore, des silhouettes passent, fugitives. C'était l'enfance. On peut toujours essayer de la faire taire, elle ne cesse de parler en nous. Enchantée, ou encombrante, l'enfance sert de référent, de point d'appui. Elle serait la clé, parfois égarée, pour accéder à l'essentiel. Quelle langue parle notre enfance pour que, bien des années plus tard, le souvenir en soit aussi vivace? Marie-Louise Audiberti explore ici la littérature. Proust, Loti, Gombrowicz, Sartre, Montaigne, Gorki, Yourcenar, Canetti, Camus, Lewis Carroll. Sous la forme d'un recueil de thèmes phares-l'école, les parents, grandir, rêver, jouer... - les mots réinventent ce que nous avons laissé se perdre, nous rattrapent, retentissent, en écho de notre propre histoire. Écoutons l'enfance comme elle se raconte.
Comment se libérer de la figure tutélaire du père et de la solitude des iles normandes où le Grand Exilé entraîne sa famille ? Adèle Hugo, la fille cadette du poète, est belle, douée pour l écriture, la musique. » Fille-reine », le monde lui appartient. Emportée par la passion, elle ose enfreindre les convenances et traverser les mers à la poursuite d un jeune lieutenant anglais. Amour sans espoir qui conduit la malheureuse à sa perte. Ce destin singulier inspire à Marie-Louise Audiberti un récit envoûtant. Elle suit le personnage dans ses obsessions, ses audaces, et n hésite pas à l apostropher, comme pour la retenir au bord du gouffre. Adèle II, comme on la nomme, n est-elle pas le jouet de l Histoire, alors que son père, « l homme-Dieu », sait si bien en accuser les soubresauts ?
Les soeurs que j'évoque ici renvoient à nous, ma soeur et moi, à tous nos possibles. Il ne s'agit pas seulement d'élucider notre relation mais de l'élargir à d'autres aventures sororales, sans se priver forcément des frères. Quelle place occupe l'autre dans la syntaxe de la vie? Des histoires de soeurs, on en connaît de multiples, toutes chargées d'affects. Ce que je traque à travers quelques destins pris dans la fiction ou la réalité ce n'est pas l'exemplarité des liens, mais le dessin dans le tapis, ce qui se joue en sous-main, de l'affection au rejet, du sacrifice au crime.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.