Pauvert l'irréductible. Une contre-histoire de l'édition
Aubry Chantal
ECHAPPEE
26,00 €
Sur commande en 4-6 jours
EAN :9782373090444
Qualifié à sa mort, en 2014, de « grand fauve de l'édition », Jean- Jacques Pauvert, l'éditeur de Sade et d'Histoire d'O, est souvent vu comme un franc-tireur sulfureux. Cette image est un cliché. D'abord parce que Pauvert ne s'est jamais limité à la littérature érotique, construisant un catalogue original et d'une qualité rare. Ensuite parce qu'il n'a jamais cessé de ferrailler contre la censure pour le grand bien de tous. Et qu'enfin, éditeur à vingt ans, il restera plutôt, avec quelques autres, l'incarnation de l'éditeur indépendant. Proche d'André Breton et de Georges Bataille, qu'il a édités, il le fut aussi de Jean Paulhan et plus tard de Guy Debord. Surréalisme, ?pataphysique, dadaïsme, Cobra, situationnisme, rien de ce qui contestait ne lui était étranger. Il fut donc l'éditeur de la célèbre revue Bizarre et d'écrivains hors norme tels que Raymond Roussel et Boris Vian. Avec Jean-François Revel, il lança la mémorable collection « Libertés ». Et en Mai 68, avec Siné, il publia l'explosif journal L'Enragé. Enfin, il rencontra le succès avec Albertine Sarrazin et Jean Carrière. Ce qui ne l'empêcha pas de perdre son indépendance à cause d'une globalisation déjà à l??uvre dès le début des années 1970. À partir de précieux fonds d'archives publics et privés et d'échanges avec les grands acteurs de la geste pauvertienne, l'auteure éclaire sous son vrai jour l'itinéraire plein de panache d'un éditeur au non-conformisme assumé, devenu sur le tard écrivain érudit. Itinéraire qui est aussi celui d'un provocateur-né, plongé dans un monde éditorial, politique et littéraire alors particulièrement effervescent qui nous est dépeint au fil des pages de ce livre passionnant.
Nombre de pages
592
Date de parution
05/10/2018
Poids
810g
Largeur
161mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782373090444
Titre
Pauvert l'irréductible. Une contre-histoire de l'édition
Auteur
Aubry Chantal
Editeur
ECHAPPEE
Largeur
161
Poids
810
Date de parution
20181005
Nombre de pages
592,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
À l'aide de nombreux témoignages, Chantal Aubry dresse un portrait sensible d'Hideyuki Yano (1943-1988), chorégraphe japonais qui a occupé une place singulière au sein de la nouvelle danse française. Après ses débuts à Tokyo, Yano arrive à Paris dans le courant des années 1970, peu avant la découverte du butô par le public européen. Il fonde le groupe Mâ Danse Rituel Théâtre et élabore, de Rivière Sumida/Folie à la trilogie de Salomé, en passant par Hana Cristal-Fleur, une oeuvre originale où se croisent l'Orient et l'Occident. Dans un va-et-vient poétique entre spiritualité, sens aigu du sacré et conscience contemporaine, son enseignement marque durablement plusieurs générations de danseurs parmi lesquels Elsa Wolliaston, Lila Greene, Sidonie Rochon, François Verret, Mark Tompkins et Karine Saporta.
Négligée, mal connue, peu explorée, l'une des origines du travestissement est l'interdiction faite à la femme de circuler librement dans l'espace public. Telle est en effet la domination masculine, telle est l'appropriation par l'homme du corps de la femme, qu'il ne tolère pas qu'elle puisse se déplacer librement. Aux femmes le harem, le gynécée, le couvent; aux hommes la guerre, la parole publique, le pouvoir, le contrôle sur la descendance et, par suite, sur le patrimoine. Le livre s'articule en trois parties: l'univers de l'acteur travesti à travers le Japon des onnagatas, l'opéra chinois, la danse chakri du Rajasthan, le théâtre élisabéthain, l'Italie des castrats mais aussi les mondes de Pirandello ou de Jean Genêt; le travestissement des femmes comme stratégie d'émancipation: Jeanne d'Arc, Louise Labbé, Jeanne Baré (femme marin), Calamity Jane, Isabelle Eberhardt, Colette, Claude Cahun, etc; le travesti comme subversion: le butô japonais des années 1960, le théâtre argentin du Paris des années 1970, les metteurs en scène et chorégraphes d'aujourd'hui, sans oublier la mode, la pop, etc.
Le voyage à la française ! Connu de tous (ou presque), identifiable à son personnage de couverture, c'est grâce à lui que l'on repère les Français à l'étranger. Référence depuis 25 ans, remis à jour tous les ans par une équipe de plus de 100 personnes, la collection n'arrête pas de s'étoffer de nouveaux titres. Ce guide "made in France" se caractérise par son ton sarcastique, parfois acerbe mais toujours juste, au franc parlé, depuis repris, copié mais rarement égalé. Symbole de liberté, d'indépendance, d'émancipation du voyage pour toute une génération, ces descendants suivent le pas et à juste titre. Toutes les informations habituelles, présentées clairement, synthétiquement et toujours avec rigueur composent ce guide. Ces gens-là connaissent leur boulot et ne parlent jamais de ce qu'ils n'ont pas vu. Les anecdotes sont croustillantes, les adresses secrètes (d'après les comptes rendus de lecteurs) et, en France, comme au bout du monde, on garde cette image de la découverte "sac au dos". Depuis peu, ce best-seller s'est offert une carte en couleurs pour égayer sa maquette mais, le plus important, c'est que l'on va à l'essentiel, facilement, avec cet esprit du routard arpentant, comparant, repérant une zone, et sympathisant avec les gens du coin. Le guide "copain rusé". --Florent Lamontagne
Entre fleuves et mer, les deltas sont de précieux écosystèmes aujourd'hui menacés par la surproduction agricole et la pollution industrielle. De la Camargue au Bangladesh, du Nil à l'Afrique australe, ce livre associe enquête de terrain, carnet de voyage, travail de recherche et références littéraires pour dévoiler la singularité de ces espaces trop souvent oubliés du monde et encore méconnus. La biodiversité des deltas et les habitudes sociales qui s'y sont créées sont autant de richesses à préserver que de sources de conflits à apaiser. A l'heure où la protection de l'environnement devient un sujet de préoccupation essentiel, cet ouvrage permet de mieux comprendre le fonctionnement des deltas et d'agir pour leur préservation.
Avec huit romans écrits de la main d'un maître qui détestait les tyrans, Albert Cossery fit peu de bruit malgré son goût prononcé pour la fête. Venu d'Egypte après-guerre, il s'installe à Paris où il fréquente la bohème intellectuelle et artistique du quartier de Saint-Germain-des-Prés. Il y mène une vie proche de celle qu'il exalte dans ses récits réjouissants, où l'on découvre les aventures hautes en couleur des gens de peu du Proche-Orient : traîne-savates, sans-le-sou, vagabonds, prostituées, lettrés inadaptés, ascètes et saltimbanques... La frugalité joyeuse de ses personnages, pleins d'humour et de sagesse, subvertit sans cesse l'absurdité du mode de vie occidental contemporain. D'ailleurs, Cossery disait écrire "pour que quelqu'un qui vient de me lire n'aille pas travailler le lendemain". En déshabillant les rois imposteurs et en faisant l'éloge de la paresse, ce "Voltaire du Nil", comme on l'a qualifié, magnifie l'aristocratie des moins que rien qui hantent les ruelles en riant, libres de toute possession. Au-delà d'une réflexion sur l'oeuvre d'Albert Cossery, ce livre invite à s'affranchir de la société matérialiste en conjuguant sous toutes ses formes le refus de parvenir, pour trouver, dans la simplicité et le détachement, d'autres manières de vivre.
Dans la nuit du 15 au 16 août 1882, de jeunes mineurs en rébellion contre la toute-puissance de l'Eglise, alliée au patronat des mines, font exploser la rosace et l'entrée d'une chapelle dans le bassin houiller de Saône-et-Loire. C'est le début d'une longue série d'actions qui vont secouer pendant trois ans la région de Montceau-les-Mines au rythme des dynamitages d'édifices religieux et de domiciles de petits chefs à la solde du patronat. Animés par un esprit de révolte, ces anarchistes sont connus sous le nom de la Bande noire. Ils se réunissent dans les bois ou dans les auberges pour préparer des coups qu'ils réalisent le plus souvent à la faveur de l'obscurité. Moins résignés que leurs aînés, ils ne cesseront de dénoncer la dureté de leurs conditions de travail au fond des puits, mais aussi la misère sociale qui règne au dehors, où l'impitoyable patron de la Compagnie des mines impose un redoutable ordre moral et défend les pires injustices. A partir de nombreux documents d'archives et témoignages d'époque, ce livre, récit palpitant au plus près des protagonistes, revient sur l'histoire mouvementée de la Bande noire. Il montre comment, quelques années avant les célèbres attentats anarchistes perpétrés à Paris dans les années 1890, de jeunes révoltés firent de la propagande par le fait leur meilleure arme pour renverser la table et échapper à l'enfer de la mine.
Nestor Makhno, protagoniste légendaire et damné de la guerre civile qui suit la révolution russe de 1917, déclenche un mouvement insurrectionnel autonome en organisant des paysans d'Ukraine qui brandissent bien haut le drapeau noir de l'anarchie. La "Makhnovchtchina" comptera jusqu'à 25000 partisans et la fulgurance de son action n'aura d'égal que son courage à livrer bataille : contre les armées blanches, contre les nationalistes ukrainiens et finalement contre l'Armée rouge. C'est cette épopée grandiose qui nous est racontée ici. Mais ce livre est aussi l'évocation d'un destin hors du commun, aussi tragique que celui du mouvement auquel il a donné son nom. Celui d'un homme, fils de paysans plongé au coeur de l'un des plus grands bouleversements de l'histoire, obligé de s'exiler loin des steppes qu'il a parcourues avec tant d'ardeur, et qui, après avoir erré de prison en prison dans divers pays, devint ouvrier chez Renault et mourut dans une extrême pauvreté. Voici l'un des épisodes les plus glorieux, et pourtant méconnu, de la mémoire des vaincus.
Venu du marxisme, dont il a constaté très tôt les impasses, Cornelius Castoriadis a voulu réinventer la révolution. Selon lui, la modernité voit s'affronter deux projets de société : celui d'une maîtrise rationnelle du réel et celui d'une autonomie de toutes et de tous. Le premier a donné des résultats désastreux en engendrant le règne de la technique et de l'économie. Le second reste encore à construire pour qu'advienne une société vraiment démocratique dans laquelle le peuple se gouverne lui-même, se passant de toute classe dirigeante. Castoriadis a mis en lumière les origines de ce projet d'autonomie qui remontent à la Grèce antique. Il en a analysé les expressions modernes, de la révolution russe de 1917 aux révoltes des années 1960. Mais surtout, il en a examiné les conditions pour que se développe une politique émancipatrice aujourd'hui : auto-organisation des luttes, pratique de l'égalité et sens des limites. Ce projet d'autonomie n'est pas un programme clés en main. Il est un imaginaire autant qu'une expérience. Il est un horizon, celui d'une société consciente du fait que le pouvoir est l'affaire de tous. C'est cette réflexion multiforme et souvent complexe que présente et questionne ce livre qui offre pour la première fois une synthèse claire, accessible et percutante de la pensée politique de Castoriadis.