Le catholicisme connaît une mutation de grande ampleur. Pourtant, ses transformations récentes telles qu'elles se manifestent sur le terrain, dans les paroisses et dans de nouveaux groupes et dans la ville, font l'objet de rares études alors qu'une approche ethnographique paraît particulièrement pertinente pour répondre aux questions qu'elles posent. Comment le catholicisme est-il "travaillé" non seulement par le clergé et l'institution mais aussi et surtout par les croyants eux-mêmes ? Comment se manifestent les dynamiques globales de transnationalisation religieuse, d'individualisation des comportements et de mobilité des appartenances ? Quelles sont les pratiques de ceux qui se définissent comme catholiques aujourd'hui ? Cet ouvrage répond à ces questions en prenant comme terrains d'étude la France, le Québec et la Belgique, trois pays francophones d'histoire imprégnée du catholicisme, mais dans un contexte de sécularisation avancée. Veillant à expliciter sa démarche, Ethnographies du catholicisme contemporain, apporte également de nombreux éléments de réflexion méthodologique permettant d'appréhender ce qui se passe au plus près du religieux en train de se faire. Pour éviter les analyses "par le haut", l'ouvrage privilégie les résultats d'études inédites menées sur des sujets aussi variés que les JMJ, la pop-louange, les pèlerinages, les ermites, la conversion, les parcours missionnaires, la paroisse, etc. Au final, ce panel d'observations apporte de précieux éléments d'analyse et de compréhension du catholicisme contemporain qui sauront captiver tout lecteur, qu'il soit spécialiste, étudiant ou juste curieux.
Parti reconquérir des terres françaises en voie de sécularisation, le catholicisme emprunte aux Eglises évangéliques ses pratiques performantes. En associant les mots "Réveil" et "catholique" , Valérie Aubourg entend montrer la manière originale dont l'Eglise de Rome s'en empare : cette régénération s'inscrit dans un héritage religieux et des traditions culturelles particulières. Elle consiste certes à suivre une ligne évangélique, mais également à la réinsérer dans la matrice catholique. C'est donc au coeur de cette dialectique que se situe cette étude : entre "évangélicalisation" et "recatholicisation" du christianisme. L'ouvrage s'articule autour d'une recherche ethnologique menée sur trois terrains : les dispositifs Miracles et Guérisons, la Prière des Mères et le renouveau paroissial. Il permet, au final, de dresser le portrait d'un visage inédit du christianisme.
L'auteure retrace dans le présent ouvrage les principales étapes d'un parcours scientifique articulant en permanance les exigences de la recherche à l'imprévisibilité des rencontres. Elle montre comment la somme des qualités et intérêts personnels, des contextes sociologiques, aléas et rencontres, se sont peu à peu combinés pour construire un itinéraire. Si la rencontre caractérise l'ethnologie à laquelle elle s'adonne, c'est également la question qui traverse l'ensemble de ses études : que se passe-t-il dans la mise en contact de cultures et de religions différentes ? Appréhendant la religion comme une entité vivante, qui se transforme et se ré-invente, l'auteure saisit la manière dont le christianisme se pratique et s'exprime depuis l'île de La Réunion jusqu'à la ville de Lyon.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.