En s'appuyant sur une typologie croisant répertoires d'action et types d'acteurs, cet essai, véritable enquête, montre comment se reconfigure le rapport entre art, politique et morale à l'ère des réseaux sociaux : la véritable menace qui pèse sur la culture n'est pas celle d'une supposée intolérance progressiste, mais bien celle d'un climat d'intimidation conservatrice. Loin des oppositions médiatiques simplistes entre une prétendue " cancel culture " progressiste et une liberté d'expression menacée, ce livre déplace le regard vers les mécanismes concrets qui, aujourd'hui, affectent la liberté de création et de programmation. Sortant d'un débat saturé par les usages extensifs et polémiques du terme de censure, il met au jour un déséquilibre profond : les entraves les plus fortes à la création et à la culture ne proviennent pas des mouvements militants de gauche, mais de réseaux conservateurs, religieux ou identitaires. Ces acteurs déploient une pluralité de répertoires d'action qui redéfinissent les rapports de force au sein du champ culturel : pression morale, harcèlement numérique, intimidation physique, interventions institutionnelles, etc. L'ouvrage, reposant sur un travail de terrain auprès de lieux de diffusion culturelle (à l'instar des théâtres et librairies) mais aussi académique, invite à un déplacement du vocabulaire. Plutôt que de parler de censure (supposant une autorité centralisée) ou de cancel culture (concept importé et souvent instrumentalisé au service d'une idéologie réactionnaire), l'enquête propose, à travers de nombreux exemples, d'analyser les multiples formes d'entraves et d'atteintes à la liberté de création et de programmation, de la plus visible à la plus invisible et diffuse. Ces notions permettent d'appréhender la complexité des dynamiques contemporaines : diversité des acteurs (artistes, institutions publiques ou privées...), variété des modes d'action (sociaux, numériques, politiques, économiques), effets d'autocensure, brouillage des frontières entre sphère publique, mobilisations citoyennes et institutions culturelles. Enfin, il s'agit d'exposer, de manière étayée, la " bataille culturelle " à l'oeuvre en France, comme dans d'autres pays occidentaux. " C'est aussi défendre une condition essentielle de la démocratie qui repose sur l'existence d'espaces où les conflits peuvent se dire, se confronter et se transformer. Lorsque ces espaces se restreignent, c'est la capacité même de la société à organiser le pluralisme et la délibération qui se trouve fragilisée. "
Nombre de pages
96
Date de parution
10/09/2026
Poids
120g
Largeur
102mm
Plus d'informations
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EAN
9782381911687
Auteur
Arzoumanov Anna
Editeur
ANAMOSA
Largeur
102
Date de parution
20260910
Nombre de pages
96,00 €
Disponibilité
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Cet ouvrage étudie un corpus de clefs publiées entre les débuts du règne de Louis XIV et la Révolution, censées identifier les individus historiques cachés sous un habillage fictionnel. Il analyse la manière dont les études littéraires peuvent tirer bénéfice de ces accessoires largement oubliés ou décriés.
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La liberté d'expression et ses limites sont régulièrement au coeur du débat en France. Lorsque le juge est saisi pour juger des mots litigieux, il est souvent accusé d'acharnement et on le qualifie volontiers de censeur. Une telle défiance repose sur une méconnaissance du processus d'appréhension judiciaire des limites de la liberté d'expression. A partir d'un travail de recherche interdisciplinaire inédit fondé sur l'analyse linguistique de nombreuses décisions de justice rendues en France, ce livre entend éclairer et discuter les critères sur lesquels elles reposent.
Bescherelle école, LA référence unique, dans une nouvelle édition entièrement repensée, encore plus facile à utiliser ! Tout le programme de français à l'école primaire en un seul ouvrage pour accompagner votre enfant dans sa réussite scolaire : - Une structure claire, par double-pages, pour aborder toutes les notions essentielles en Grammaire, Orthographe, Vocabulaire, Conjugaison. - Un repérage simple des niveaux, du CE1 au CM2. - Les règles indispensables à connaître avec des leçons synthétiques illustrées avec humour et assorties d'un mémo visuel. - Plus de 400 exercices, classés par niveau, pour s'entraîner et progresser. - En bonus : des compléments (jeux, dictées, quiz...) accessibles gratuitement sur le site www.bescherelle.com. Une nouvelle édition conçue par des enseignants et conforme aux nouveaux programmes.
Valeur travail ", " je cherche du travail "... Les expressions sont légion pour dire combien le travail est au c'ur de nos vies. Pointant les conflits de valeurs qui le traverse afin de les politiser, ce livre questionne la transformation des institutions du travail dans un contexte de désastre écologique, d'injustices sociales accrues et d'épuisement psychique. Depuis dix siècles, le mot travail a pris progressivement pris trois significations principales : activité, production et emploi. Or seules les sociétés capitalistes utilisent ce mot unique pour évoquer autant de dimensions hétérogènes. Déplier le mot permet d'en saisir les enjeux contemporains. Le travail, entendu comme activité, est la peine que nous nous donnons pour faire quelque chose, ce que les sciences cliniques du travail nomment le " travail réel " : une élaboration sensible de l'action, avec et pour d'autres, qui est tendue vers la construction de sens et de santé. L'activité est désirable pour ces valeurs intrinsèques, existentielles. Mais il existe des conditions sociales pour que l'activité puisse se déployer. Or les dispositifs sociaux, et notamment le management, éludent régulièrement cette épaisseur de l'action, réduite à une exécution. Le travail signifie aussi la production concrète réalisée, avec ses qualités et ses valeurs d'usage, et marchandise avec une valeur économique. On peut avoir fait un " beau travail " sans valeur marchande. Ou l'inverse. Savoir ce qu'il est utile de produire et surtout, pour qui c'est utile, est un enjeu constant. Il prend une dimension existentielle dans le contexte d'abondance écocide et d'inégalités matérielles extrêmes. Enfin, le travail désigne aussi, bien sûr, un rapport social d'emploi, et plus particulièrement, depuis un siècle, sa forme dominante dans le Nord : le salariat, devenu l'institution centrale des sociétés capitalistes ayant spécialisé les fonctions et tâches productives. Les actuelles institutions " du travail " (Code, ministère, politiques publiques...) n'encadrent d'ailleurs que l'activité productive salariée. Ainsi, le travail soulève des enjeux existentiels multiples : de sens, de santé, de survie matérielle et écologique, de justice, comme de places sociales. Autant de significations et de valeurs qui sont en rapport, en tension, voire en conflit entre elles. Penser politiquement les rapports entre les valeurs intrinsèques, d'usage et économiques permet de pointer les usages immoraux de la morale du travail. Ce geste offre aussi de questionner les institutions du travail. Quel devrait être leur périmètre, alors que l'essentiel de la production utile pour notre subsistance se fait hors du salariat, et que celui-ci contribue à en réduire la possibilité ? Et quelles utopies concrètes du travail fleurissent, qui répondrait aux enjeux contemporains ... Autant de questions abordées dans ce livre attendu dans la collection " Le mot est faible ".
Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint-Jérôme ? Une tête posée dans la main, marquant la réflexion et qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre, venant interroger quels sont les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint Jérôme méditant ... Une tête posée dans la main, signe évident d'une réflexion, d'une cogitation, ou d'une introspection qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre joyeux et érudit, venant interroger les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Étudier cette pose de la tête pensante sur le temps long relève autant d'une histoire des savoirs qui envisage de manière concrète la production des idées, d'une histoire des corps et d'une histoire des représentations. Depuis l'antiquité, cette mise en scène est devenue une manière, si ce n'est la manière, d'évoquer la réflexion, tout comme la nature du rapport, souvent douloureux et pesant, que nous entretenons avec la connaissance, sa production ou sa transmission. Rythmé par des images en série et organisé en chapitres thématiques, le livre tente de cerner l'émergence de cette pose, dessinant ses premiers contours au travers de la figure du philosophe antique, du poète ou des méditants de la religion chrétienne. S'ensuit une pérégrination historique et anthropologique qui nous fait passer des enfants aux femmes savantes, des érudits mélancoliques aux savants rêveurs, des génies aux scientifiques épuisés de la fin du XIXe siècle.
Résidant en France depuis cinq ans, un étudiant syrien ayant probablement tissé des liens sur place ne sait s'il pourra continuer d'y vivre. Il accumule les preuves écrites de son succès en dentisterie, qu'il paie son loyer et que son oncle est mort pour la France. Tel est le parcours d'un des étrangers ordinaires de ce livre dont l'existence est suspendue à des " papiers ". Arrivé en France depuis cinq ans, un étudiant ayant probablement tissé des liens amicaux et amoureux, ne sait s'il pourra continuer d'y vivre. Il accumule les preuves écrites de ses études réussies, qu'il paie son loyer et que son oncle est mort pour la France... Tel est le parcours d'un des étrangers ordinaires de ce livre dont l'existence est suspendue à des " papiers ". Qu'ils ou elles fuient la persécution dans leurs pays d'origine ou résident en France depuis bien longtemps parfois, y ayant forgé leurs vies de travailleurs, de parents et grands-parents... tous et toutes se trouvent soudainement " irréguliers " ou risquent de le devenir. L'historien Philippe Artières se saisit des lettres de demande d'aide reçues par le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti). Ces missives, preuves d'existences bien réelles et symptômes d'une machine bureaucratique " graphomaniaque ", disent à la fois des détresses mais aussi la conviction que, face à l'administration, d'autres plus experts pourront trouver des solutions. Mobiliser cette archive renvoie à un pan de l'histoire des politiques migratoires en France, peu importe le cours des guerres, la situation économique et la vie des individus. Elle est une manifestation flagrante de l'injuste condition des demandeurs, précarisés face à un appareil législatif toujours plus liberticide.
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