Depuis 1976, le cycle de films Rocky construit une autre histoire de l'Amérique. Un champion blanc y domine la boxe poids lourds, catégorie emblématique d'une lutte symbolique et virile. Le pugiliste défend un monde où les Blancs dominent l'art de la cogne, où les Etats-Unis dictent la marche mondiale des sports. L'histoire, la vraie, est bien différente. Mais, parce que les univers médiatiques nous traversent, qu'ils induisent en nous perceptions et devenirs, l'historien doit s'en saisir pour comprendre les "grands états d'âme collectifs" qui ont "le pouvoir de transformer une mauvaise perception en une légende" (Marc Bloch). Cet essai d'histoire immersive interroge donc moins la vie d'un homme fictif qu'un fantasme collectif, en explorant les ressorts d'une illusion cinématographique, ses zones d'ombre et les intersections qu'elle construit avec la réalité. Rocky règne sur un monde factice où les ennemis de l'Amérique conservatrice sont, le temps d'un match, battus à la régulière. Les collisions avec le réel orchestrées par Stallone en appellent de nouvelles. Ainsi le mashup, emprunté au punk et au hip-hop, est introduit ici comme modalité d'écriture et la critique interventionniste érigée en méthode. Ce dispositif permet de convoquer d'autres sources pour dialoguer avec l'imaginaire cinématographique. Le portrait du boxeur se détache alors de celui des films, et Rocky se révèle enfin pour ce qu'il est : un baromètre des frustrations sociales, des hantises raciales et des peurs viriles de son temps.
Nombre de pages
225
Date de parution
05/11/2021
Poids
266g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782354802370
Titre
Rocky. La revanche rêvée des Blancs
Auteur
Artiaga Loïc
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
136
Poids
266
Date de parution
20211105
Nombre de pages
225,00 €
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Surgies des bas-fonds, égarées de la planète Mars ou évadées de l'histoire de France: depuis les années 1830, d'étranges créatures hantent l'imaginaire national. Figures littéraires désormais cardinales, d'Artagnan, Fantômas ou Maigret ont alimenté la veine populaire du roman contemporain, pour ensuite migrer vers le théâtre, le cinéma, la radio et la télévision. Ces personnages ne représentent toutefois que la partie visible d'un vaste monde englouti, d'une littérature tôt dénigrée parce que qualifiée d'industrielle. Avec elle, l'écurie d'auteurs l'emporte sur l'écrivain solitaire, la réclame sur la reconnaissance de la critique, la commande d'éditeur et le succès rapide sur le chef-d'oeuvre dégagé des modes esthétiques passagères. Ces conditions drastiques de production n'empêchent nullement l'éclosion, au XIXe siècle, d'une authentique poétique du roman populaire. Espaces de fabrication et de diffusion des mythologies modernes, la collection "Bibliothèque des chemins de fer" de Hachette comme la "Modern Bibliothèque" de Fayard ont mis en intrigue les aspirations et les frustrations de leur époque. Leurs formats, leurs illustrations et leurs périodicités ont façonné notre culture littéraire. Le roman populaire a imposé une écriture consacrant mystères, exotisme, héros tout-puissants et brusques interruptions "A suivre..." en composantes essentielles de la culture médiatique. En s'intéressant à la fois aux créateurs du roman populaire, à ses héros et aux comportements des lecteurs, cet ouvrage nous invite à nous immerger dans la période précédant l'avènement de la télévision, désormais premier pourvoyeur de fictions et de héros populaires nationaux.
Fantômas ! Le nom du " Génie du crime " a traversé tout le XXe siècle. A bien des égards, Pierre Souvestre et Marcel Allain ont enfanté en 1911 une ?uvre monstre. Fantômas, revers obscur et grimaçant de notre monde, y invente, page après page, une violence sans visage, sans motivations et sans signification apparente. La série des Fantômas a fasciné les avant-gardes des années 1920-1930, qui en ont loué le génie créatif et la puissance subversive. Le mythe du criminel voleur d'identités, tueur cruel, virtuose de la mise en scène morbide, a inspiré tableaux, films expérimentaux, textes poétiques et polémiques. Nourri par un travail de collecte inédit, cet ouvrage propose de relire Fantômas à la lumière des travaux qui ont questionné la place des fictions dans les sociétés contemporaines. La trajectoire du protagoniste éclaire l'organisation du champ littéraire, partagé entre littérature légitime et productions de grande consommation. Consacrant la toute-puissance de l'information et des faits divers, l'?uvre apparaît bien comme " l'Enéide des temps modernes ", selon la formule de Blaise Cendrars. La modernité du XXe siècle naissant y est, il est vrai, partout : grands magasins, chirurgie plastique, nouvelles techniques policières... En subvertissant les logiques classiques du détective navel où la raison et la progression de l'enquête priment sur le crime, Fantômas questionne les identités sociales, le maintien de l'Ordre et la répression des pulsions.
Résumé : L'histoire littéraire s'est construite sur un mensonge : elle a largement occulté sa part populaire et la conquête du grand public par l'édition, fruit d'une dynamique qui la place au coeur des industries culturelles. C'est cet autre visage de la littérature que ce livre donne à voir. Puisant dans des archives inédites, il retrace l'histoire chorale de celles et ceux qui, autour des Presses de la Cité et du Fleuve Noir, ont façonné à partir des années 1950 les genres majeurs de l'imaginaire contemporain : espionnage, policier, science-? ction, érotisme... Par-delà les romanciers les plus fameux (Simenon, Frédéric Dard), les professionnels de cette édition populaire ont contribué à forger une nouvelle culture médiatique, dans un contexte de circulation internationale des ? ctions et de transformation du travail des auteurs. Loin de se résumer à une invasion des modèles américains, la culture de masse " à la française " s'en approprie les conventions au temps de la guerre froide et de la décolonisation ; et dans ces romans tirés à plus de 100 000 exemplaires s'inventent aussi les nouveaux codes de la masculinité et de la consommation des " Trente Glorieuses ". Le livre raconte les stratégies industrielles à l'oeuvre jusqu'à la chute d'un système médiatique au tournant des années 1990, quand les recompositions éditoriales font émerger les nouveaux empires de la communication. Il permet de comprendre l'horizon médiatique des générations d'après-guerre, qui ne se cantonne pas au monde du livre : les histoires imaginées par les auteurs populaires ont essaimé au cinéma, à la télévision, à la radio... Une enquête sans équivalent sur les origines du formidable " boom " de la pop culture, matrice de la culture populaire contemporaine.
Entre 1930 et 1990, la culture de masse s'impose en France avec l'essor des industries culturelles et l'intensification des liens entre culture et consommation. Que nous apprennent ces transformations, liées à l'augmentation du niveau de vie, à la diffusion des équipements (radio, télévision, électrophone, magnétoscope, etc.), à l'avènement de la société de loisir... ? L'analyse des logiques de production et de diffusion à grande échelle dessine un nouveau portrait de la société française. Celle-ci est traversée par des aspirations à participer à un monde en mutation où règnent sons, textes et images, mais aussi à en contester les fondements et les centres de pouvoir. L'histoire de la culture de masse éclaire également les relations entre l'Etat et les médias. Elle met en évidence la proximité entre les productions culturelles et les logiques consuméristes. Elle révèle plus largement ce que les nouvelles pratiques collectives disent des imaginaires, des désirs, des résistances et de la quête paradoxale de singularité dans une culture massifiée. Cet ouvrage prolonge un premier tome, consacré à la période 1860-1930.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.