
Oeuvres complètes. Tome 10, Lettres écrites de Rodez (1943-1944)
Essai, poème, récit en partie autobiographique? Van Gogh le suicidé de la société est tout aussi inclassable que les autres oeuvres d'Antonin Artaud. Disloquant les formes et les pratiques culturelles, subvertissant toutes les catégories, il ne peut être absorbé par aucune. Sollicité d'écrire un texte sur Vincent van Gogh à l'occasion de la grande exposition ouverte en janvier 1947 au musée de l'Orangerie, Antonin Artaud l'aurait peut-être fait, mais ce n'aurait sans doute pas été ce plaidoyer chaleureux et indigné s'il n'avait vu appliquer à van Gogh, par un certain docteur Beer, cette nomenclature "dépréciative" de la psychiatrie dont il ne pouvait supporter d'être lui-même l'objet. Sa solidarité, alors, va s'exercer à plein: "Je défendrai van Gogh par intérêt pour ma santé, je ménagerai partout ma santé et ma liberté." Car, pour lui, tout psychiatre, qu'il ait nom Beer, L., Ferdière, ou tout "improvisé psychiatre", tel le docteur Gachet, est avant tout "une sorte d'ennemi-né et inné de tout génie". Et il faut dénoncer cette forme particulière de suicide à laquelle van Gogh, parmi d'autres, s'est vu contraint par une société punitive, celle même qui a incarcéré Antonin Artaud pendant neuf années dans ses asiles d'aliénés. Pour en finir avec le jugement de dieu, texte radiophonique commandé à Antonin Artaud, dans l'automne 1947, a bouleversé à tel point les règles du genre que sa diffusion, programmée pour le 2 février 1948, en fut interdite. Il a fallu attendre près de trente ans pour que le texte soit diffusé. Il n'en conserve pas moins aujourd'hui toute sa virulence. Le Théâtre de la cruauté, poème qui fait référence par son titre aux manifestes publiés en 1932 et 1933, écrit tout exprès en vue de cette émission dont il ne fut écarté que pour des raisons de minutage, a été joint à Pour en finir avec le jugement de dieu, ainsi que les lettres d'Antonin Artaud relatives à sa radiodiffusion.
| EAN | 9782070747603 |
|---|---|
| Titre | Oeuvres complètes. Tome 10, Lettres écrites de Rodez (1943-1944) |
| Auteur | Artaud Antonin |
| Editeur | GALLIMARD |
| Largeur | 140 |
| Poids | 338 |
| Date de parution | 19961108 |
| Nombre de pages | 336,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Van Gogh, le suicidé de la société. Suivi de Dix ans que le langage est parti
Artaud AntoninRésumé : Texte visionnaire, charge hallucinée contre une psychiatrie qui "a créé de toutes pièces la maladie pour se donner une raison d'être" , le Van Gogh d'Antonin Artaud nous offre aussi une lecture saisissante des plus célèbres tableaux de l'artiste, dont les autoportraits, "Le fauteuil de Gauguin" et le "Champ de blé aux corbeaux" , en même temps qu'une méditation sur le geste même de peindre. Il est suivi comme en écho d'un poème tragique, écrit la même année 1947, dans lequel Artaud raconte pourquoi le dessin est devenu pour lui "la recherche d'un monde perdu et que nulle langue humaine n'intègre" .EN STOCKCOMMANDER7,00 € -

L'ombilic des limbes
Artaud Antonin«Quand on a lu Artaud, on ne s'en remet pas. Ses textes sont de ceux, très rares, qui peuvent orienter et innerver toute une vie, influer directement ou indirectement sur la manière de sentir et de penser, régler une conduite subversive à travers toutes sortes de sentiments, de préjugés et de tabous qui, à l'intérieur de notre "culture", contribuent à freiner et même à arrêter un élan fondamental. Exceptionnel à cet égard, puisque son ?uvre ne cesse de susciter des questions auxquelles il semble aujourd'hui encore impossible d'apporter des réponses précises, Artaud ne peut être considéré ni comme un écrivain, ni comme un poète, ni comme un acteur, ni comme un metteur en scène, ni comme un théoricien, mais comme un homme qui a tenté d'échapper à toutes ces définitions, et auquel la société dans laquelle nous vivons a opposé la plus grande résistance, la plus grande surdité, la plus grande répression possible.»Alain Jouffroy.EN STOCKCOMMANDER8,40 € -

Le Théâtre et son double. Suivi de Le Théâtre de Séraphin
Artaud AntoninCelui qui ne verrait dans Le théâtre et son double qu'un traité inspiré montrant comment rénover le théâtre - bien qu'il y ait sans nul doute contribué -, celui-là se méprendrait étrangement. C'est qu'Antonin Artaud, quand il nous parle du théâtre, nous parle surtout de la vie, nous amène à réviser nos conceptions figées de l'existence, à retrouver une culture sans limitation. Le théâtre et son double est une ?uvre magique comme le théâtre dont elle rêve, vibrante comme le corps du véritable acteur, haletante comme la vie même dans un jaillissement toujours recommencé de poésie.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER9,50 € -

Le Moine
Artaud AntoninMathilde prononça les paroles magiques. Aussitôt, les caractères tracés sur les bords du miroir s'animèrent et commencèrent à tracer dans l'air des figures reconnaissables. La surface d'acier poli sembla fondre et il se présenta aux yeux du moine un tourbillonnement de couleurs et d'images agitées de remous puissants. Puis les choses se disposèrent suivant leur perspective naturelle et Ambrosio vit en miniature les traits mêmes d'Antonia. Elle se trouvait dans un petit cabinet attenant à la chambre où elle couchait. Elle se déshabillait pour se mettre au bain et le moine eut pleine liberté de détailler les admirables proportions de ses membres.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER10,00 €
Du même éditeur
-

Haute-Folie
Wauters AntoineJe crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.EN STOCKCOMMANDER19,00 €
De la même catégorie
-

Mon petit ange breveté. Lettres d'amour à Olivia
Twain Mark ; Gillyboeuf ThierryLes lettres d'amour à son épouse d'un des plus grands écrivains américains. Un ensemble unique et inédit, d'une remarquable qualité littéraire, qui couvre toute la carrière de Mark Twain. Toute sa vie, pendant près de quarante ans, Mark Twain, qui signait Sami (son vrai nom est Samuel Clemens), a écrit à Olivia, son épouse, dont il est tombé amoureux après avoir vu une photo d'elle dans la cabane de son frère. Quand ils se rencontrent peu après, au cours d'une conférence de Charles Dickens, il la demande en mariage, et elle l'éconduit. S'ensuit une longue correspondance amoureuse, plus d'une centaine de lettres, où Twain n'apparaît pas que comme l'auteur facétieux, spirituel qu'il est, mais aussi comme un homme qui se veut l'épigone des chevaliers de la légende arthurienne. Après leur mariage, Twain ne cesse pas de lui écrire, chaque fois qu'il part en tournée aux Etats-Unis ou en Europe. Dans ces lettres, on découvre le père, affectueux et inquiet, l'homme du Mississippi qui tente de perdre un peu de ses manières rustres auprès de cette femme qu'il n'a cessé d'aimer, et qui est bien plus que la " femme du grand écrivain ". En effet, elle lui prodigue des conseils littéraires, l'aide pour la publication de ses livres et ses conférences. Marquée par les drames familiaux (la mort de deux de leurs enfants), cette correspondance est le récit d'une complicité amoureuse et intellectuelle qui dure toute une vie. Même quand les médecins préconisent à Olivia de vivre loin de Twain pour reposer sa santé fragile, il vient en cachette la voir pour lui remettre des lettres d'amour, dont l'ardeur ne s'est pas tarie au bout de près de quarante ans. Ces dernières lettres, qui portent le poids de la maladie dont Olivia, pourtant sa cadette de dix ans, mourra prématurément, sont parmi les plus poignantes de cet ensemble unique et inédit en français.EN STOCKCOMMANDER24,99 € -

Lettres à Sigurd. 1937-1944
Gary Romain ; Norberg CharlotteSigurd Norberg fut l'un des camarades de jeunesse de Romain Kacew, futur Romain Gary. Les deux garçons se lièrent sur les bancs du lycée de Nice en 1928, l'un venu de Suède, l'autre de Pologne. Sigurd fut ainsi le témoin privilégié des années de formation de Romain Gary, retracées dans La Promesse de l'aube avec la liberté et l'humanité facétieuse de l'auteur. Reparti à Stockholm pour y suivre ses études supérieures, Sigurd ne coupa pas les ponts avec son ami. Les lettres que lui adressait alors Romain Gary attestent leur grande proximité, alternant les plaisanteries potaches, les confidences, l'évocation de projets et les allusions à la menace que faisaient alors peser sur le monde libre les manoeuvres du "sieur Hitler, l'anti-homme". Ainsi se dessine un portrait inédit du futur écrivain, qui confirme, en toute spontanéité, sa haute conception de l'amitié, la fermeté et la précocité de ses engagements et le secours qu'apportent à sa mélancolie le sentiment amoureux, l'humour et, déjà et surtout, la littérature.EN STOCKCOMMANDER14,00 € -

Quatre meurtres et un bal en noir et blanc. Correspondance 1959-1984
Capote Truman ; Plimpton George ; Tournier JacquesRésumé : "De sang-froid" a valu à Truman Capote tout ce dont peut rêver un écrivain : éloges unanimes, ventes records, célébrité. Mais derrière une vie aux allures de fête, ce succès marque aussi le début de la descente aux enfers. Si Capote a donné ses lettres de noblesse à un nouveau genre, qu'on appellera tour à tour roman document, non-fiction novel, récit du réel, l'écriture de son chef- d'oeuvre l'a "rongé jusqu'à la moelle" , et il ne s'en relèvera pas. Ses lettres et le long entretien qu'il accordait au "New York Times" en 1966 offrent une plongée passionnante dans l'histoire et les répercussions intimes d'un livre qui a révolutionné l'histoire de la littérature.EN STOCKCOMMANDER9,50 € -

Je ne me suis jamais senti un étranger en France. Lettres à mes amis français
Zweig Stefan ; Cain-Hérudent Brigitte ; Delphis ClJe ne me suis jamais senti un étranger en France. J'ai beaucoup vécu à Paris dans ma jeunesse. Ah ! cette atmosphère humaine, amicale, sans pompe ni faste, cette atmosphère de camaraderie que j'étais sûr de trouver chez mon ami Georges Duhamel, alors médecin, chez mon ami Jules Romains, professeur de lycée, est de celles que l'on n'oublie pas", déclarait Stefan Zweig en avril 1940 dans le journal Marianne. L'auteur du Monde d'hier a entretenu un lien particulier avec la France, le pays de ses héros : Montaigne, Balzac ou Verlaine, mais aussi de son mentor, Romain Rolland. A chaque étape décisive de sa vie et jusqu'à son départ d'Europe, il y a noué des liens d'affection et d'admiration. Parallèle à son succès dans tous les pays, sa =religion de l'amitié= avec de grands auteurs français est restée essentielle pour lui. Ce livre, qui rassemble plus de 400 lettres inédites, écrites presque toutes en français, en porte témoignage et réserve plus d'une surprise sur ses engagements littéraires et politiques.EN STOCKCOMMANDER27,05 €



