La fécondité véritable d'Artaud est celle d'un discours qui porte en lui la force d'une pensée sur le théâtre visant à briser les frontières de ce qui est. Comme le rappelait Grotowski : " Artaud est un poète du théâtre, c'est-à-dire un poète des possibilités" . C'est cette ouverture des possibles qu'il faut chercher dans les textes d'Artaud, en n'oubliant pas de se rappeler sa vision de la force des mots, habités par une énergie capable de rejoindre la force des gestes. De cette fusion de moyens d'expression chargés de force naîtra, pour le théâtre, un pouvoir d'efficacité comparable à une authentique action magique. Une efficacité capable d'atteindre le spectateur dans son esprit mais aussi dans son corps. Peut-être pourrait-il en être ainsi pour certains lecteurs ... La beauté mais aussi la difficulté des textes d'Artaud vient aussi de l'importance de leur dimension poétique, de l'énergie d'une parole qui s'avance par métaphores et se charge de visions. Mais de visions dessinant pour le théâtre un horizon limite vers lequel se diriger, traçant ainsi un chemin vers la quête de réponses concrètes. En effet la pensée du théâtre qu'il propose n'en porte pas moins en elle, dans sa radicalité, l'ouverture aux enjeux concrets de la mise en scène dans son travail sur le langage, sur l'espace, sur le jeu de l'acteur, sur la relation au spectateur. Artaud n'ignore rien de la matérialité scénique, mais il la charge d'une signification qui doit dépasser cette simple matérialité. Les textes d'Artaud tracent le chemin vers un modèle rituel que les grandes expériences des années soixante (Brook, Grotowski, le Living theatre, Barba) se sont réapproprié et qui habite encore certaines expériences contemporaines comme celle de Romeo Castellucci.
Nombre de pages
128
Date de parution
09/06/2022
Poids
148g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782846816274
Titre
Ecrits sur le théâtre
Auteur
Artaud Antonin ; Borie Monique
Editeur
SOLITAIRES INT
Largeur
125
Poids
148
Date de parution
20220609
Nombre de pages
128,00 €
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L'Arve et l'Aume parut au printemps de 1947 dans le numéro 12 de la revue "L'Arbalète". C'était l'adaptation du sixième chapitre de La Traversée du Miroir de Lewis Carroll traduit par Antonin Artaud à Rodez en septembre 1943, "en demeurant très près du texte, mais en s'efforçant de retrouver en français la vie originale de son esprit" comme l'écrivait Artaud au docteur Ferdière à cette occasion.Le livre est complété par 24 lettres qu'Antonin Artaud, de 1947 à février 1948, adressa à Marc Barbezat, dans lesquelles il analyse ses rapports avec Lewis Carroll et dont celle du 16 février 1948, quinze jours avant sa mort, donne l'ultime version, chef-d'oeuvre poétique, du Tutuguri, Le Rite de la nuit noire et de la mort éternelle du soleil.
La date du 13 janvier 1947, est aujourd'hui devenue mythique : au Théâtre du Vieux-Colombier, à 21 heures, Antonin Artaud tient une conférence devant une salle bondée où sont présents : Paulhan, Adamov, Gide, Breton, Camus, Braque, Picasso, Dufour, Derain, Audiberti, et beaucoup d'autres. Ce projet de conférence qu'Artaud avait formé très peu de temps après son retour à Paris, reste un événement hors du commun qui l'a vu s'exposer de manière totale, parfois à la limite du soutenable. Il était venu au théâtre avec trois cahiers contenant un texte soigneusement préparé dont nous donnons ici la transcription établie par Paule Thévenin.
L'histoire de cette longue liaison, c'est avant tout chez le jeune Artaud le cri répété d'une longue revendication : celle d'un impossible accord avec l'objet de son amour. Le besoin d'être compris et approuvé, l'irritation de ne pas l'être comme il le voudrait, les reproches, les exigences, formulés avec quelle violence parfois, disent le tourment d'un homme enfermé dans l'absolu de lui-même, inquiet au plus haut point d'une communication à laquelle il ne parvient pas. Ce document psychologique est aussi un document clinique, il n'est pas exagéré de le dire - dans la mesure où un psychopathe de génie décrit avec la lucidité la plus aiguë les tourments non moins aigus "de son corps et de son esprit". Ces lettres ont été adressées par Antonin Artaud à Genica Athanasiou entre 1921 et 1940.
Celui qui ne verrait dans Le théâtre et son double qu'un traité inspiré montrant comment rénover le théâtre - bien qu'il y ait sans nul doute contribué -, celui-là se méprendrait étrangement. C'est qu'Antonin Artaud, quand il nous parle du théâtre, nous parle surtout de la vie, nous amène à réviser nos conceptions figées de l'existence, à retrouver une culture sans limitation. Le théâtre et son double est une ?uvre magique comme le théâtre dont elle rêve, vibrante comme le corps du véritable acteur, haletante comme la vie même dans un jaillissement toujours recommencé de poésie.
C'est l'heure de la vengeance du règlement de comptes c'est l'heure où marchant sur mes pas tu viens me faire payer d'avoir été la plus aimée c'est ça ? et toi celle qui soi-disant n'a pas été désirée ? c'est ça ?
Lorsque le père de Tiago Rodrigues était à l'hôpital, il recevait régulièrement la visite d'une femme appelée Teresa. Elle travaillait comme bénévole à l'hôpital et prenait le temps de parler aux patients pour rompre leur solitude. Plus tard, Tiago Rodrigues a découvert que Teresa était une actrice qu'il connaissait bien.Depuis son lit de malade, son père, réalisant qu'il allait mourir, a commencé à écrire un livre. Selon Teresa, il voulait mélanger ses expériences de patient en phase terminale à l'hôpital avec des souvenirs de sa vie, en particulier des histoires liées à son travail de journaliste. Par exemple, il a pensé à l'histoire d'une autre Teresa, Teresa Torga, une obscure actrice et chanteuse de fado, souffrant de troubles mentaux, qui s'est déshabillée et s'est promenée nue, récitant des poèmes et chantant dans l'une des rues les plus animées de Lisbonne, lors d'une manifestation.Après la mort de son père, Tiago Rodrigues a ouvert le carnet. Il ne contenait que quelques lignes et points, quelques gribouillis, comme les dessins abstraits d'un enfant en bas âge.Dans Pas de yaourt pour les morts (No Yogurt for the Dead), Tiago Rodrigues crée une pièce de théâtre pour imaginer ce que son père aurait pu souhaiter écrire dans les derniers jours de sa vie.