Changements de têtes de Georges Méliès à David Lynch
Arnaud Diane
ROUGE PROFOND
21,28 €
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EAN :9782915083507
En 1898, Georges Méliès décide de changer de têtes avec Un homme de têtes. Par ce geste, idée et trucage de génie, l'artiste inaugure une tendance élu cinéma de fiction qui se caractérise par des effets burlesques, fantastiques et fantasmatiques. Prolongeant les attractions primitives, le cinéma s'amuse du dérèglement des identités, des visages, des incarnations dans des histoires souvent affolées qui vont de Buster Keaton à Jim Carrey. La faculté des acteurs à se déguiser ou se masquer, à se glisser clans plusieurs corps, à jouer des rôles multiples, à se transformer à vue en quelqu'un d'autre devient même inquiétante avec Lon Chaney, Jerry Lewis, Alain Delon ou Barbara Steele... Ce livre met en relation des dizaines de films qui couvrent plus de cent ans de cinéma. Les fictions spectaculaires, des comédies françaises, anglaises et américaines à Fantômas, Matrix, le Masque du démon, Mission: Impossible, Les yeux sans visage, Volte/Face ou Holy Motors, côtoient les oeuvres d'auteurs, de Bunuel à Resnais, de Fassbinder à Cronenberg. L'art filmique de David Lynch, ultime cinéplaste du XXe siècle, vient clore cette investigation richement illustrée des réinventions de soi en images.
Nombre de pages
222
Date de parution
07/09/2012
Poids
462g
Largeur
155mm
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EAN
9782915083507
Titre
Changements de têtes de Georges Méliès à David Lynch
Auteur
Arnaud Diane
Editeur
ROUGE PROFOND
Largeur
155
Poids
462
Date de parution
20120907
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222,00 €
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Au cinéma, l'art du déjà-vu crée des effets de remémoration et de reconnaissance encore plus troublants que dans nos vies. Vertigo d'Alfred Hitchcock et La Jetée de ChrisMarker ont montré la voie : ressusciter une histoire d'amour, revoir une scène marquante. Les films mystérieux d'Alain Resnais, de Jacques Rivette, de David Lynch sont au coeur du livre, car ils confrontent avec une ingéniosité inouïe la compulsion de répétition au désir de recréation. De L'Année dernière à Mari en bad, Je t'aime, je t'aime et Providence à Céline et Julie vont en bateau, L'Amour par terre et Histoire de Marie et Julien en passant par Lost Highway, Mulholland Drive ou Inland Empire, les moments inquiétants, amusants parfois, où le spectateur perçoit des plans et des situations déjà vus l'amènent à se déplacer sur les scènes du souvenir, du rêve, du fantasme. Ces formes originales de déjà-vu font accéder aux possibilités imaginaires de la réinvention pour échapper à un destin tout tracé.
Alexandre Sokourov, dont les films nous sont enfin parvenus à la faveur de la perestroïka après dix ans de censure, n'a pas arrêté de tourner depuis la fin des années 70. Son oeuvre complexe, immense, a attiré tour à tour la curiosité, la faveur et l'exaspération critiques. Les sorties plus récentes (Pages cachées, Mère et fils, L'Arche russe)ont confirmé la présence intrigante de ce rénovateur de formes filmiques sur la scène cinématographique internationale.
Le cinéma de Kiyoshi Kurosawa, est devenu une référence incontournable en France avec la sortie de Cure (1997), Charisma (1999) et Kaïro (2001). Cette trilogie, mêlant le fantastique et l'intime dans une vision violente et inquiétante de la société japonaise contemporaine, constitue le support essentiel de la réflexion de Diane Arnaud, à partir duquel elle met en perspective toute la création du metteur en scène. Sont ainsi prises en compte ses premières réalisations et leurs liens avec les différents genres : le thriller (films de yakusa), l'horreur et l'érotique. Mais, avant tout, les films de Kurosawa tentent de retracer et figurer la disparition des héros nippons, en traitant particulièrement de l'amnésie d'une jeunesse à la dérive et de la hantise de l'Histoire. Les références stylistiques au cinéma occidental (de Siegel à Antonioni) et leurs croisements avec la tradition japonaise des revenants accentuent l'inquiétante étrangeté d'une oeuvre sur la brèche : entre destruction et reconstruction, traumatisme et remaniement, action critique et désoeuvrement, peur et oubli... La mise en scène de la disparition, chaque changement de plan étant fantomatique chez Kurosawa, représente l'un des gestes créateurs les plus intenses du cinéma actuel. Le livre, richement illustré des photogrammes des films évoqués sera complété d'une filmographie précise du cinéaste, dont nombre de films n'ont pas encore été vus en France. Il s'agit de la première monographie consacrée à Kiyoshi Kurosawa.