D'aucuns prétendent que nous sommes plongés dans l'Anthropocène, mais force est de constater que certains le sont plus que d'autres. En une vingtaine d'années, divers "-cènes" ont été proposés pour pallier les insuffisances de cette notion et pour affirmer que le piètre état de la planète aujourd'hui n'est pas le fait de l'humanité en soi, mais bien Le résultat de relations socioéconomiques délétères qui font, entre autres, que certains êtres, certains lieux et certaines mémoires sont considérés comme jetables. En montrant la stratigraphie de pouvoir et de toxicité qui compose notre environnement, Marco Armiero propose le Poubellocène, l'ère des déchets, non pas comme une époque géologique à proprement parler, mais comme prisme d'interprétation qui tient compte des relations de domination et d'exclusion. De Naples, en Italie, à Agbobtoshie, au Ghana, des écofictions dystopiques à la réalité des épidémies, il explore les entrailles du Poubellocène dans un livre bref et accessible, qui jette les bases d'une notion et offre une lecture multidisciplinaire de notre rapport au monde.
Qui mène le monde ? Cette interrogation en soulève une autre : quels principes et quelles valeurs mènent le monde ? Cette question devrait préoccuper en premier lieu les citoyens des pays riches et puissants. Ceux-ci jouissent en effet d'une liberté, de privilèges et de possibilités considérables, fruits des luttes de leurs prédécesseurs, et se trouvent devant des choix décisifs quant à la manière de répondre à des enjeux d'une importance cruciale pour l'humanité. " Dans cet ouvrage, achevé au lendemain de l'élection de Donald Trump, Noam Chomsky offre une vue d'ensemble de la géopolitique actuelle et une synthèse des rouages politiques qui la sous-tendent : des sanctions américaines contre l'Iran à la politique de torture que pratique l'armée des Etats-Unis, en passant par la montée en puissance de la Chine et ses conséquences sur les Etats-Unis et " l'ordre mondial ", sans oublier la nouvelle guerre froide qui couve en Europe de l'Est et la guerre planétaire contre le terrorisme. De moins en moins contraintes par la structure que l'on dit encore démocratique, les puissances mondiales d'aujourd'hui ont un tel potentiel destructeur qu'il est plus urgent que jamais de prêter attention à leurs détracteurs.
Le monde qui pourrait être est un ouvrage de théorie politique à la fois court, simple et profond. Terminé en avril 1918, peu avant que Bertrand Russell soit emprisonné pour ses activités pacifistes, il détaille les fondements du socialisme, de l'anarchisme et de l'anarcho-syndicalisme. Cet exposé sert de préambule à une analyse minutieuse des nombreux problèmes auxquels l'humanité devra faire face si elle veut reconstruire le monde dévasté par la guerre. Russell y livre un plaidoyer convaincu et lucide en faveur de l'anarchisme qui, bien qu'irréalisable à court terme, constitue selon lui le seul modèle d'organisation sociale et politique à même de concilier liberté et justice.
Résumé : Dans la Silicon Valley, terre traditionnellement fertile pour les spiritualités excentriques, un nouveau récit se répand. Les start-up de l'intelligence artificielle vendent désormais aux investisseurs l'imminence de la fin des temps. LIA deviendrait si intelligente qu'elle en serait divine, capable de nous sauver comme de nous anéantir. Sous son influence, l'industrie de la tech tout entière bascule dans un discours aux accents religieux. On ne vend plus le progrès, mais ta métamorphose. On ne vend plus le futur, mais la fin de l'histoire. Certains les appellent les doomers - les catastrophistes - ou encore les techno-oligarques. Pour les besoins de ce livre, nous les appellerons les "prophètes". Cette congrégation se compose majoritairement d'hommes blancs, issus des élites universitaire et entrepreneuriale. Ils viennent de Stanford, Oxford, Harvard ou du MIT. Ils sont ingénieurs, chercheurs, philosophes, patrons, investisseurs et milliardaires, et pas une semaine ne passe sans que ces prophètes apparaissent dans la presse pour prononcer un oracle. Dans un inquiétant amalgame d'autoritarisme et d'ultracapitalisme, ils veulent nous faire croire en leur toute-puissance pour mieux imposer leur pouvoir. Ce faisant, ils représentent une réelle menace pour la société civile et nos libertés.
Pin Alizée de ; Cavé Jérémie ; Tastevin Yann-Phili
Chaque année, l'ensemble de l'humanité produit plus de 2 milliards de tonnes de déchets, soit 70 tonnes toutes les secondes. Le plastique, à lui seul, pèse plus lourd que tous les animaux marins et terrestres présents sur Terre... Et pourtant, nous n'avons jamais été aussi peu en contact avec nos déchets. Deux chercheurs, Jérémie Cavé et Yann Philippe Tastevin, et une illustratrice, Alizée De Pin, ont enquêté sur nos déchets pour nous expliquer, en texte et en images, où ils finissent et surtout d'où ils viennent. En s'appuyant sur des illustrations et des infographies claires et accessibles à tous, les auteurs nous donnent une vision globale du problème. lis démontent nos idées reçues, reconstruisent l'histoire du traitement des déchets depuis l'Antiquité et suivent à la trace six produits de consommation courante : une tomate en hiver, un T-shirt, une canette de soda, une bouteille en plastique, une voiture et un smartphone.
Résumé : Rouyn-Noranda est une ville prospère de l'ouest du Québec construite autour de la fonderie de cuivre Horne. Lorsque ses habitants apprennent en 2019 que leurs enfants présentent un taux d'arsenic bien supérieur à la moyenne, ils se tournent vers la fonderie pour lui demander de réduire sa pollution invisible. Ce qu'ils ne mesurent pas alors, c'est l'immense influence de l'entreprise face à eux, qui n'est autre que le géant mondial des matières premières : Glencore. Grégoire Osoha a suivi l'action collective de ces citoyens déterminés et retrace l'histoire de la fonderie et de la multinationale. Il tente ainsi de comprendre pourquoi il est si difficile d'obtenir gain de cause quand bien même la santé est impactée et pointe les dérives d'un système qui semble prêt à tout au nom du profit.
Résumé : Il y a des crises que l'on voit venir sans vouloir y croire. Celle de l'eau est l'une des plus graves. Un regard neuf et radical sur un problème systémique : il ne suffit plus de dépolluer, mais il faut cesser de polluer. Parce que nous sommes de l'eau.