La démocratie n'est pas seulement une valeur politique, elle est aussi une valeur éthique (La démocratie repose sur la vertu ; Montesquieu), et au-delà, une valeur spirituelle, qu'il convient de prendre en tant que telle, avec tout ce que cela implique. L'exigence morale doit donc être réaffirmée aujourd'hui et se traduire davantage dans les faits. Deux questions se posent : Du champ théologique au champ des sciences sociales, qu'implique le concept de " valeur spirituelle " dans son rapport à la démocratie ? Sous quelles conditions les religions peuvent-elles apporter aux démocraties des ressources qui leur manquent plus aujourd'hui qu'hier, en acceptant de se placer dans le cadre démocratique ? Ces questions ont fait l'objet d'un séminaire du département " Société, Liberté, Paix " du pôle de recherche du Collège des Bernardins, suivi d'un colloque international dont on trouvera ici le compte-rendu. Le programme du colloque proposait une double tentative de réponse en forme de croix unissant un axe vertical et un axe horizontal : par une réflexion sur la " Théologie chrétienne de la démocratie " et par une enquête sur " Démocratie et valeurs spirituelles dans le monde ".
Date de parution
10/07/2014
Poids
558g
Largeur
150mm
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EAN
9782889182794
Titre
LA DEMOCRATIE UNE VALEUR SPIRITUELLE
Auteur
ARJAKOVSKY ANTO
Editeur
PAROLE SILENCE
Largeur
150
Poids
558
Date de parution
20140710
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Samuel Huntington s'est trompé. Les guerres nouvelles ne sont pas entre les civilisations mais entre ceux qui croient au choc des civilisations et ceux qui pensent qu'il existe des valeurs universelles. Vladimir Poutine et les Russes qui le soutiennent font partie du premier groupe. Violer le droit international devient légitime ici au nom de l'intégration de l'Ukraine russophone à la Russie. Arseni Yatséniouk et la " génération Maïdan " font partie du second groupe. Au nom de la justice et de la dignité humaine, un pays se rassemble aujourd'hui pour créer un Etat-nation bi-culturel. La clef du conflit entre la Russie et l'Ukraine se trouve dans les mythologies divergentes des deux peuples. Comprendre cette clef permet de trouver des issues à la guerre russo-ukrainienne. La communauté internationale a un rôle essentiel à jouer. Mais ceci demande d'agir vite, avec résolution, et en acceptant de reposer la question des fondements spirituels de la démocratie et du droit international.
La religion chrétienne orthodoxe est aujourd'hui probablement la plus méconnue et la plus sujette aux confusions. D'entrée, dans une ignorance largement partagée, on songe aux liens de soumission de l'Église de Moscou au pouvoir russe - mais on oublie que la deuxième Église orthodoxe orientale est celle d'Éthiopie ; à l'association historique de l'orthodoxie au panslavisme - mais c'est ne pas mesurer l'importance que prend désormais l'Église orthodoxe nord-américaine ; à une mystique impressionnante, telle celle du Mont Athos, mais c'est alors prêter à cette religion une unité liturgique plus qu'institutionnelle. Antoine Arjakovsky, dans cet ouvrage d'une singulière originalité, nous fait découvrir l'orthodoxie dans la dynamique de l'histoire, c'est-à-dire dans la crise profonde que traversent aujourd'hui une religion, des Églises et leur identité trop souvent figée. Car les orthodoxes ne s'entendent pas sur la définition de leur Église (est-elle celle des sept premiers conciles ?cuméniques ? ou, plutôt que la fidélité à la mémoire, est-ce la capacité à incarner, avec l'aide de l'État, le règne de Dieu sur la terre grâce à la «droite vérité» qui la définit ? ou bien encore se ramène-t-elle à la «juste glorification» - c'est-à-dire sa spiritualité, son culte, sa prière, qui remontent aux apôtres notamment ?) ; moins encore sur la place des femmes ni sur les rapports aux puissances politiques. Face à des tensions internes qui peuvent conduire à l'éclatement d'une identité commune devenue impossible, Antoine Arjakovsky montre l'émergence d'une conception nouvelle de l'orthodoxie comme «la connaissance juste», celle qui unifie ce qui est cru avec ce qui est vécu, en quelque lieu que ce soit. Il n'y va plus seulement de questions de doctrine mais, pour le monde contemporain, aussi de rééquilibrages géopolitiques.
La crise profonde que traverse la démocratie française (affaire Cahuzac, passage en force sur la loi Taubira, baisse dramatique de la culture éthique et religieuse des citoyens...) est une crise de la philosophie politique libérale. Cette double crise n'est pas propre à la France. On la trouve également au sein de l'Union européenne et en ex-URSS. Un retour à la philosophie personnaliste des années 1930 pourrait permettre aux démocraties contemporaines de restaurer la confiance entre la société civile et l'Etat. Ceci exige de comprendre à nouveau la personne comme un être en relation, une réalité irréductible aux catégories d'électeur ou de consommateur, un individu qui ne trouve son accomplissement que dans la profondeur de l'Esprit. L'auteur donne vingt propositions de première urgence pour mettre en oeuvre cette petite révolution de la philosophie politique.
Depuis le fond des âges, les Européens se sont forgé une vision originale de l'unité dans la diversité, une forme de conscience commune. Cette vision associe le goût grec de l'universalité, le sens romain du droit, la représentation judéo-chrétienne, mais aussi islamique, d'un Dieu-tout puissant et miséricordieux, ainsi que l'humanisme de la Renaissance et la raison des Lumières. L'histoire de la conscience européenne a été marquée également par une tension récurrente entre un attachement à l'Etat de droit et une vision impérialiste du monde. Les Européens ont recherché la distinction entre le pouvoir séculier et le pouvoir religieux, la participation des religions au bien public, la quête d'un système politique favorisant l'égalité des citoyens, une verticalité du pouvoir permettant de transcender les différences. Mais l'amour de la liberté des Européens s'est aussi accompagné de violences et d'un refus de l'altérité. La conscience européenne est caractérisée aussi par un sens de la créativité artistique et de la découverte scientifique. L'Européen est celui qui cherche à porter son regard toujours au-delà. Comme le raconte le mythe de l'enlèvement par Zeus de la princesse Europe à Tyr, l'Européen a tenu à se différencier de ses voisins tout en lui empruntant le meilleur. La méthode originale de cette première Histoire de la conscience européenne est de proposer un récit, ouvert et non exhaustif, de regards croisés, à un moment où l'Europe s'interroge sur son avenir.