
Le prince sacrifié. Théâtre et politique au temps de Louis XV
Comme en Grèce, le théâtre classique en France doit son émergence au chevauchement de deux systèmes de valeurs à la fois inévitables et incompatibles. Les conflits naissant de leur opposition, ne pouvant s'exprimer ni dans l'espace politique ni dans la dimension religieuse, empruntent la voie de l'art. Grâce à sa relative autonomie, la scène théâtrale offre aux auteurs la possibilité d'explorer les arcanes du gouvernement des hommes. Alors que, dans Le roi-machine, le souverain était saisi dans sa fonction d'organisateur, tout ensemble metteur en scène et héros d'un spectacle politique, ici l'image monarchique est analysée dans son apparence sacrée. Au théâtre, le rex et le sacerdos ne sont plus incompatibles. Le premier incarne l'Etat, il gère le réel dans la longue durée, selon une temporalité historique à la fois cyclique et oscillatoire. Le second prend en charge l'imaginaire et, sur une autre scène, il se sacrifie en représentation. Le temps tragique qui en découle est l'envers de celui de l'histoire; il est subjectif, personnel, incommunicable. C'est le temps du vécu intime, celui du fantasme; il se présente comme un instant longuement suspendu grâce aux procédés rhétoriques mis en oeuvre dans les tirades. A la charnière de la religion et de l'art, le théâtre sous Louis XIV s'apparente à un rituel qui permet à la collectivité d'accomplir le "travail de deuil" des valeurs anciennes, absolues, liées à la société médiévale. En les représentant sous forme de symptômes, en permettant leur récitation tragique, la scène classique assure leur évacuation, ou du moins leur offre une autre place, à l'intérieur de la conscience individuelle, parce qu'elles sont désormais incompatibles avec les valeurs de la modernité fondées sur la comparaison, l'échange monétaire et la mise en relation, c'est-à-dire la relativité. Cette interprétation politique de la littérature permet une relecture nouvelle des grandes oeuvres de Corneille, Racine et Molière.
| EAN | 9782707310248 |
|---|---|
| Titre | Le prince sacrifié. Théâtre et politique au temps de Louis XV |
| Auteur | Apostolidès Jean-Marie |
| Editeur | MINUIT |
| Largeur | 135 |
| Poids | 219 |
| Date de parution | 19850401 |
| Nombre de pages | 181,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 2-4 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Trois solitudes. D.A.F. de Sade, Marie Lafarge, Josefa Menéndez
Apostolidès Jean-MarieSur commande en 6-8 joursCOMMANDER16,00 € -

Les tombeaux de Guy Debord
Apostolidès Jean-MarieDebord a toujours fait de la pratique le critère ultime des jugements de valeur qu'il porte sur lui-même et autrui. Jean-Marie Apostolidès le prend au mot. Face à un homme qui n'a eu de cesse, sa vie durant, de se fabriquer une image (cf. Mémoires ou encore Panégyrique), il convient de mener une enquête véridique, de court-circuiter la "réception spectaculaire" au profit d'une simple et commune "interprétation". C'est l'objet de cet ouvrage initialement publié chez Exils (1999). L'ouvrage se compose de trois parties, dont la plus importante - "Les tombeaux de Guy Debord" - explore la sensibilité intellectuelle de Debord et recense quels furent ses maîtres : Pascal, Retz, La Rochefoucauld ou Saint-Simon, Johan Huizinga (Le Déclin du Moyen Age). L'auteur y suggère que la loi inconsciente qui gouverne l'oeuvre debordienne est que "les fils ne valent pas les pères" : la perfection serait toujours "avant" et l'Histoire serait synonyme de décadence...Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER10,20 € -

Debord. Le naufrageur
Apostolidès Jean-MarieIl y a plus de vingt ans disparaissait Guy Debord, l'un des derniers grands intellectuels français, figure mythique des mouvements d'avant-garde de la seconde moitié du XXe siècle. Ecrivain, cinéaste, penseur révolutionnaire, autodésigné "ennemi de son siècle", il a été le chef de file de l'Internationale lettriste (1953-1957) puis de l'Internationale situationniste (1957-1972), et, à partir de son oeuvre majeure, La Société du spectacle (1967), l'infatigable pourfendeur de la société de consommation. Mais Debord était également, selon ses mots et comme le révèlent ses archives, "un déclassé conspirateur, un aventurier ne respectant rien parce que n'ayant rien à perdre", un "enfant gâté, qui a toujours cru que le monde était fait pour lui faire plaisir et n'a jamais été capable de ressentir les choses au-delà de cet infantilisme affectif", un "Capricorne patient comme le grisou qui s'accumule dans les galeries de mines de la société". C'est qu'il était bien placé pour connaître l'homme qui se cachait derrière le mythe qu'il s'était forgé, et cette part d'ombre que l'impressionnant travail d'investigation de Jean-Marie Apostolidès met enfin au jour. Une biographie intime et sans concession où l'on découvre un homme qui construit sa vie comme une oeuvre d'art, en se rêvant tour à tour bandit, chef de bande, agitateur, général d'armée, empereur et philosophe.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER28,01 € -

Le roi-machine. Spectacle et politique au temps de Louis XIV
Apostolidès Jean-MarieLa minorité privilégiée issue des trois ordres, bénéficiaire de l'accumulation primitive du capital, ne s'est pas pensée comme une classe pendant le règne de Louis XIV : elle constitue une nation, incarnée dans le corps du monarque. Celui-ci est l'intermédiaire obligé par lequel s'énonce tout pouvoir et tout savoir. Les arts, contrôlés par l'Etat, sont mis à contribution pour rendre tangible l'imaginaire de ce corps symbolique. Metteur en scène de la représentation, roi machiniste qui fait de Versailles un décor permanent, Louis XIV engendre des courtisans qui, doués d'une sensibilité et d'un langage spéciaux, évoluent comme des satellites autour d'un astre lumineux. Mais la politique et l'économie, en s'autonomisant, acquièrent une puissance qui n'est plus contrôlable par un seul homme. Le rapport entre privé et symbolique s'en trouve modifié et l'inorganique envahit le corps du roi. Le prince se change dès lors en roi-machine tandis que la place royale est peu à peu investie par l'administration.EpuiséVOIR PRODUIT20,00 €
Du même éditeur
-

Revue d'études palestiniennes N° 106, hiver 2008 : Après la rencontre d'Annapolis : vers une troisiè
Al-Dakhil Khaled ; Mansour Sylvie ; Hermann DenisEpuiséVOIR PRODUIT15,00 € -

Les Rites d'interaction
Goffman ErvingLa vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER19,00 € -

Fin de partie
Beckett SamuelDans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER8,00 €
De la même catégorie
-

Au coeur de la violence
Louis Edouard ; Ostermeier Thomas ; Borchmeyer FloReda se lève et marche d'une extrémité à l'autre de la chambre. Reda : tu vas le payer, je vais te buter moi sale pédé, tu m'as insulté de voleur, je vais te faire la gueule pédale. Edouard, Voix intérieure : voilà pourquoi. Il désire et il déteste son désir. Maintenant il veut se justifier de ce qu'il a fait avec toi. Il veut te faire payer son désir. Il veut se faire croire que ce n'était pas parce qu'il te désirait que vous avez fait tout ce que vous avez fait mais que ce n'était qu'une stratégie pour faire ce qu'il te fait maintenant, que vous n'avez pas fait l'amour mais qu'il te volait déjà. Reda, hurlant : sale pédé ! T'es qu'un putain de sale pédé ! Il secoue Edouard. Soudain il se calme. Il l'embrasse. arrête d'avoir peur, je suis sensible, j'aime pas quand les gens ont peur ou quand les gens pleurent." En 2018, Thomas Ostermeier a adapté pour le théâtre le roman d'Edouard Louis, Histoire de la violence, avec l'auteur. Au coeur de la violence est le fruit de cette collaboration.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER14,00 € -

Fin de partie
Beckett SamuelDans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER8,00 € -

En attendant Godot
Beckett SamuelUn des pionniers du Théâtre de l'Absurde, Samuel Becket, offre un spectacle qui fait rire jaune à plus d'une reprise. Deux personnages en attendent un troisième et pendant cette attente, ils refont le monde à leur manière. Jamais ce que l'on nomme l'absurde n'aura été si visionnaire et réellement vrai.En stockCOMMANDER8,00 € -

Douze Hommes en colère
Rose Reginald ; Guedj Attica ; Meldegg StephanLes jurés se réunissent pour délibérer à l'issue d'un procès dont l'accusé est un adolescent de seize ans inculpé pour parricide. Les preuves manquent et il clame son innocence. Mais les témoignages sont graves, précis et concordants. S'il est reconnu coupable, le jeune homme sera condamné à mort. Onze jurés sur douze votent "coupable". Le huitième Juré explique son veto, analyse les témoignages, décortique les contradictions, et peu à peu le doute gagne les onze autres jurés. Condamnera-t-on à mort ce garçon?EpuiséVOIR PRODUIT10,20 €

