La philosophie au XXème siècle a profondément transformé ses objets, ses méthodes, ses interrogations - qu'elle traitât de la métaphysique, du langage, de la phénoménologie, de l'éthique ou bien encore des concepts de la science, voire de sa propre histoire. Plus que jamais, les frontières avec d'autres champs de savoir sont devenues poreuses ; plus fortes aussi les intrusions d'autres modalités de mise en forme du monde - à commencer par l'idéologie marxiste ou la psychanalyse. Ce n'est pas à l'exhaustivité que vise cet ouvrage : un volume n'y suffirait pas. Il entend plutôt jeter quelques coups de projecteur pour aider à éclairer le motif de ce qui, du fait d'une trop grande proximité dans le temps - puisque le XXème siècle philosophique est encore le nôtre - demeure un puzzle. Comme ce siècle philosophique presque écoulé aura été marqué par l'opposition, plus souvent artificielle que réelle, entre une tradition continentale et une tradition anglo-saxonne, nous avons préféré, dans certains cas, apporter des réponses à deux voix. Afin, justement, de fausser la perspective des lieux communs et de montrer qu'il y a parfois plus convergence que divergence.
Nombre de pages
708
Date de parution
04/10/2000
Poids
340g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070413744
Titre
Un siècle de philosophie 1900-2000
Auteur
Apel Karl-Otto ; Barnes Jonathan ; Bellone Enrico
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
340
Date de parution
20001004
Nombre de pages
708,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Une suggestion de Karl Popper est à l'origine de ce petit livre. A la différence de celui-ci, pour qui "ce qui est en jeu dans le langage humain, ce sont les propositions", Karl Otto Apel entreprend ici de montrer l'importance du paradigme qui a vu le jour avec la théorie des actes de langage et, bien avant Austin, avec la sémiotique de Peirce. En abordant à la lumière de ses propres recherches les deux paradigmes associés à la double structure du langage humain, K. 0. Apel s'attache à évaluer les conséquences majeures du "tournant pragmatique" de la philosophie du langage. Il offre ainsi au lecteur une exceptionnelle synthèse des idées qu'il n'a cessé d'éprouver et d'enrichir depuis la publication de Transformation der Philosophie, en 1973.
Initiateur avec Habermas de ce qu'on appelle l'éthique de la discussion, Apel propose dans son dernier recueil, Discussion et responsabilité (2 tomes), un examen systématique des problèmes éthiques, tant du point de vue de l'histoire de la philosophie moderne et contemporaine que de celui des réalités contemporaines.Alors que les études réunies dans l'Ethique après Kant avaient pour objet de confronter l'éthique de la discussion aux problèmes soulevés par la philosophie pratique postkantienne, celles qui sont rassemblées ici affrontent directement les questions que pose la réalité contemporaine : écologie, démographie, rapport au tiers-monde, les «normalités» allemandes.L'originalité de la position apélienne réside dans le fait que son éthique, quoique d'inspiration kantienne, ne se cantonne pas à une éthique de la conviction, mais s'impose tout au contraire comme une éthique libérale de la responsabilité qui, à cet égard, fait pièce à celle de Hans Jonas dont il fait son interlocuteur privilégié.
De sa relation critique à Heidegger, Apel a surtout dégagé la nécessité, en partie contre son ancien maître, de problématiser à nouveau le processus moderne de rationalisation. Dans Expliquer comprendre, il enregistre comme une des caractéristiques les plus contestables des mises en question de la technicisation du monde l'identification pure et simple de la rationalité à la démarche technoscientifique, comme si l'intervention de la raison se bornait à la "mise à disposition" objectivante du monde. Ainsi les efforts de ceux qui, depuis Schleiermacher et Dilthey, sont intervenus dans la controverse entre explication et compréhension n'ont-ils pu empêcher que l'hypothèse d'une rationalité spécifique de l'interprétation ne s'efface soit devant le privilège du modèle explicatif, soit devant le modèle d'un pur surgissement du sens, extérieurement à tout contrôle rationnel : là contre. Apel juge nécessaire de réaffirmer, au terme de sa reconstruction minutieuse des diverses phases de la controverse, la "rationalité de la démarche compréhensive passant par la communication langagière entre les hommes". Parallèlement, l'ouvrage met en lumière comment le processus moderne de rationalisation a abouti à une dissociation du théorique et du pratique, en vertu de quoi s'est mis en place "ce système de complémentarité, idéologiquement caractéristique de l'Occident au XXème siècle, entre un scientisme ou un pragmatisme publics et un existentialisme privé, qui est éprouvé par beaucoup comme l'ultima ratio d'un ordre social pluraliste démocratique et libéral".
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys