Si surprenant que cela puisse paraître, l'étude d'Oskar Anweiler est la première - et jusqu'à présent la seule - qui se soit attachée à retracer l'histoire de la forme "soviet" autant qu'à dégager sa problématique d'ensemble demeurée si vivante aujourd'hui. Par l'importance des thèmes explorés comme par la manière de les traiter, il s'agit donc là d'autre chose que d'une thèse destinée aux spécialistes. En effet, cette étude apporte enfin des informations précises et vérifiées sur un sujet où la légende a trop souvent servi d'histoire, quand l'imagination ne suppléait pas l'ignorance, les uns établissant une confusion entre soviets et bolchevisme, les autres attribuant la naissance des soviets à un caprice de l'histoire ou lui donnant au contraire des dimensions parfaitement mythiques. Des lointains précurseurs théoriques et préfigurations historiques à la disparition des soviets en tant que facteurs actifs d'une démocratie ouvrière, l'auteur passe en revue, dans une perspective critique, toutes les étapes de l'essor et du déclin des conseils russes. Reconstituant la courbe d'évolution de l'"idée des conseils" telle qu'elle fut mise en avant par les diverses formations du socialisme de Russie, il montre aussi, par là, comment, en 1917-1918,les bolcheviks guidés par Lénine, après avoir exalté dans les soviets une forme de passage au socialisme, en firent des instruments pour établir leur dictature.
Nombre de pages
384
Date de parution
19/11/1972
Poids
420g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070283323
Titre
Les Soviets en Russie. 1905-1921
Auteur
Anweiler Oskar
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
420
Date de parution
19721119
Nombre de pages
384,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Un classique enfin réédité, sur un sujet fondamental pour l'histoire révolutionnaire du xxe siècle. Dans l'Allemagne de 1918-1920, la question des conseils fut à l'origine de très vives controverses et donna naissance naissance à une foule d'ébauches théoriques qui allaient de la glorification inconditionnelle à la fin de non-recevoir pure et simple. On vit naître alors un mythe des conseils, appelé à constituer un aspect essentiel de l'histoire du mouvement ouvrier et du socialisme européens. Dans la mythologie révolutionnaire, le soviet, le « conseil », est probablement l'un des objets historiques qui exercent la plus forte fascination. Souvent perçus comme une sorte de forme pure de la révolution, en incarnant les principes (démocratie directe, prise en main de leurs destinées par les travailleurs eux-mêmes) en même temps qu'ils lui fournissent l'outil décisif pour la conquête du pouvoir (en incarnant et consolidant un pouvoir ouvrier concurrent du pouvoir bourgeois et appelé à le remplacer), les soviets sont presque synonymes de révolution. Or, une telle vision relève d'une approche paradoxalement très anti-matérialiste, ou anhistorique. Les conseils ne sont pas des formes figées dont la seule apparition menacerait l'ordre capitaliste. Le rôle qu'ils jouent dépend d'abord des forces sociales qui y sont représentées et qui s'affrontent en leur sein ? ce qui rend difficile l'élaboration de toute « théorie générale des conseils ». C'est donc seulement par l'étude de situations historiques concrètes que les conseils peuvent être correctement appréhendés. C'est à une telle étude que se consacre, pour le cas russe, le livre d'Anweiler, référence majeure et toujours actuelle sur le sujet.
Cet ouvrage est conçu comme un guide de prescription pratique destiné à tous les prescripteurs : internes, médecins généralistes, gériatres. Il contient toutes les ordonnances nécessaires au quotidien rédigées en DCI, avec les posologies, les contre-indications et précautions d'emploi. Ordonnances en gériatrie constitue un guide et un aide-mémoire précieux pour la pratique quotidienne.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.