Un homme est hospitalisé à Lisbonne : dans ses viscères, une bogue ne cesse de grossir en silence, que le médecin appelle cancer. La douleur, l'opération, les traitements le plongent dans un état second. Remontent alors à la surface des souvenirs enfouis depuis toujours, qui se bousculent et s'entremêlent. Furieux contre cette mort "terrible et comique" qui se moque de lui dans l'obscurité, humilié par sa déchéance physique, "monsieur Antunes du lit numéro onze" divague dans les méandres de sa mémoire et c'est alors tout le monde de son enfance qui se rappelle à lui, avec ses sons, ses odeurs, ses visages.... Tandis que médecins et infirmières défilent à son chevet, passé et présent se télescopent, et le voilà emporté, en compagnie de défunts décidément pleins de vie, vers la source du Mondego dans la montagne sauvage, couverte de pins et d'eucalyptus. Sur ses contreforts, il revisite le bourg et la maison de ses grands-parents, la mine de wolfram et l'hôtel des Anglais... Alors que le mal "aboie dans son ventre", ce passé ravivé est comme un garde-corps, le seul peut-être à pouvoir l'empêcher de tomber dans "le ravin" qui s'ouvre au bord de son lit d'hôpital. Le livre, d'une brièveté assez rare chez Lobo Antunes, comprend quatorze chapitres, chacun portant comme titre une date allant du 21 mars au 4 avril 2007, autant de jours que le narrateur aura passés à l'hôpital. António Lobo Antunes ne se contente pas de passer d'un monde à l'autre, il amalgame passé et présent, au moment même où le narrateur semble promis à ne plus avoir d'avenir. Pour cela, il entrelace avec sa virtuosité coutumière les couches de temps, il livre mille et un récits, grimpe à toutes les branches des arbres généalogiques, invente une parentèle fournie, avec amis, voisins, vicaire et évêque, pharmacien et notaire, tout un monde peuplé de spectres hauts en couleurs. Son écriture tantôt heurtée, tantôt fluide, est comme toujours extrêmement sensorielle. On entend sans cesse des échos, des rumeurs (comme celles qui proviennent de l'album de photos de famille), le cri des milans, des corneilles, des corbeaux, les trains qui passent au fond de la vigne, le glas qui sonne, les châtaigniers qui discourent toute la nuit sur "la façon qu'a la terre de nous mépriser", on sent le parfum des eucalyptus qui "épellent le vent autour de l'hôtel", des landes de bruyère... Cette liberté et ce voisinage de l'émotion déchirante et des saillies comiques, formidablement ajustées, sont un des grands plaisirs que l'on ressent en lisant Lobo Antunes. Car il s'est évidemment refusé à tirer parti de la maladie dont il a bel et bien souffert pour se laisser dicter un changement de registre : les dates en tête de chapitres semblent là pour se moquer de ce qu'aurait pu être le journal pathétique d'un cancéreux à l'article de la mort. Lobo Antunes, avec son style bouillonnant, foisonnant et indomptable, a mis le mal qui l'avait atteint au service d'une nouvelle exploration de la vie, une remontée vers la source de l'existence, vers les mystères et la "joie perdue" de l'enfance.
Nous sommes en 1975, la révolution des Oeillets a transformé la société portugaise. Au chevet d'un mourant une famille se réunit, incarnation de la bourgeoisie aisée, qui a largement profité de la dictature de Salazar, et se prépare aujourd'hui à l'exil. Tous se détestent, se dépouillent de leurs héritages, se déchirent sous l'oeil vigilant d'une figure tutélaire: le grand-père agonisant. D'un côté les pauvres d'esprits et les victimes, de l'autre les maîtres épris d'argent, de sexe et de pouvoir. Dans ce grand roman, parmi les plus sombres d'Antonio Lobo Antunes, les discours s'entrecroisent au sein d'un univers en décomposition où, entre sourire et rire jaune, chacun passe d'un monde à un autre et, parfois, de la vie à la mort.
J'éprouvais une légère douleur à l'estomac, une espèce de nostalgie très ténue : la faim, pensa-t-il, je dois avoir faim. Ou alors je vieillis. Ou bien je suis malade, comme les chevaux d'attelage qui ne sont plus bons à rien. Les oiseaux, expliquait son père, appuyé à la margelle du puits de la ferme, meurent très lentement, sans raison, sans s'en rendre compte, et un beau jour ils se réveillent le ventre en l'air, le bec ouvert, flottant dans le vent.".
Il faut se laisser embarquer dans ce livre magnifique et envoûtant, constellé d'images, bruissant de sons, comme on se laisse porter par le courant d'un fleuve charriant le trouble limon de la vie. De tous ses romans jusqu'ici parus en France, celui-ci est peut-être le plus complexe et assurément le plus personnel, le plus lié à sa mémoire affective. Avec L'Ordre naturel des choses, le plus étonnant des écrivains portugais se révèle un fascinant explorateur proustien des labyrinthes de la mémoire."
Apogée d'un travail poétique puissant, ce recueil dévoile les inspirations, les obsessions et la vision du monde de Patti Smith, artiste aussi sensible qu'engagée. Sa prose incantatoire est imprégnée des influences qui l'accompagnent depuis toujours : Rimbaud, Picasso, Woolf, Blake? En rappelant qu'il existe des raisons de se soulever contre la peur et la folie qui s'abattent sur nos sociétés, ces poèmes sonnent comme des oracles des temps modernes.« Patti Smith confirme son talent singulier et ce style inimitable. »Le Monde des livres« Un joyau caché? Parmi ses meilleurs. »Library JournalÉdition bilingue augmentée de poèmes inédits.4e de couverture : Apogée d'un travail poétique puissant, ce recueil dévoile les inspirations, les obsessions et la vision du monde de Patti Smith, artiste aussi sensible qu'engagée. Sa prose incantatoire est imprégnée des influences qui l'accompagnent depuis toujours : Rimbaud, Picasso, Woolf, Blake? En rappelant qu'il existe des raisons de se soulever contre la peur et la folie qui s'abattent sur nos sociétés, ces poèmes sonnent comme des oracles des temps modernes.« Patti Smith confirme son talent singulier et ce style inimitable. »Le Monde des livres« Un joyau caché? Parmi ses meilleurs. »Library JournalÉdition bilingue augmentée de poèmes inédits.Notes Biographiques : Artiste engagée, Patti Smith, née à Chicago en 1946, s'installe à New York en 1967. Habituée des clubs punk et rock du moment, elle crée le Patti Smith Group, dont le premier single paraît en 1974. Admiratrice des textes d'Arthur Rimbaud, autrice de poèmes et de récits dont Just Kids, elle reçoit la médaille de commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres en 2005.
Dans l'appartement en dessous de Bob et Constance, qui s'aiment malgré une maladie vénérienne les obligeant à se réfugier dans la pratique d'un jeu pervers qui ne tardera pas à avoir des conséquences irrémédiables sur leur relation, John et Patricia sont les propriétaires fortuits de Willard et ses trophées de bowling - Willard, un oiseau de papier mâché créé par un sculpteur particulièrement inspiré. Ces trophées ont autrefois été gagnés par puis volés aux frères Logan, trois sportifs médiocres, dépourvus d'intelligence, qui se mettent alors en tête de ratisser les Etats-Unis afin de récupérer leur dû. Ils arrivent, grâce à un appel téléphonique anonyme, jusqu'à l'immeuble où habitent les deux couples.
Tolkien John Ronald Reuel ; Laferrière Christine ;
La Légende de Sigurd et Gudrún, nous donne, pour la première fois, directement accès à l'imaginaire nordique de J.R.R. Tolkien. Deux grands poèmes (le Nouveau Lai des Völsung et le Nouveau Lai de Gudrún) écrits au début des années 1930, racontent dans le style caractéristique de l'auteur du Seigneur des Anneaux les légendes nordiques de l'Ancienne Edda, les combats de Sigurd, la mort du dragon Fáfnir, l'histoire tragique de Gudrún et de ses frères, tués par la malédiction de l'or d'Andvari. Illustrés par des vignettes en noir et blanc, ces magnifiques poèmes (qu'introduit une présentation des légendes du Nord par l'écrivain lui-même) montrent ce qu'a retenu Tolkien de la mythologie scandinave pour le reprendre à son tour, dans Le Seigneur des Anneaux et dans Les Enfants de Húrin.
Noël approche sur la côte norvégienne. Mais pour Asle, une ombre plane sur les festivités car son ami et homonyme, peintre lui aussi, est à l'hôpital dans un état préoccupant, dévasté par l'alcoolisme. Lors d'une ultime promenade en bateau, Asle se laisse envahir par les souvenirs qui jalonnent sa vie et celle de son double : le grand amour qui confine à l'absolu, la mort de l'être aimé, l'aspiration à embrasser la foi et la résolution à se consacrer tout entier à son art, mais aussi la dépendance et la solitude. Après L'autre nom et Je est un autre, Jon Fosse - Prix Nobel de littérature 2023 - met un point final magistral à Septologie, son chef-d'oeuvre romanesque.
Eliete, 42 ans, mariée, deux enfants, " moyenne en tout ", étouffe dans son rôle de femme et de mère dévouée et délaissée. Animée de mille questions et d'un manque d'auto-estime, elle voit sa vie basculer peu à peu quand sa grand-mère bien-aimée se met à perdre la tête. Roman mené tambour battant, au rythme des mille et unes pensées et questions habitant la protagoniste.
En 1988, l'année où fut publié L'Alchimiste, Paulo Coelho et son épouse, Chris, entament un voyage de quarante jours dans le désert de Mojave, en Californie. Là, ils font la rencontre de Vahalla, la première des Valkyries - mystérieuse bande de femmes sillonnant le désert à cheval. Suivant son exemple, Paulo Coelho affronte les démons de son passé, cherche son ange gardien et s'interroge : sommes-nous condamnés à détruire ce que nous aimons le plus ? Comment, à force d'amour et de volonté, pouvons-nous changer notre destin et celui de nos semblables ? Captivant voyage initiatique, Les Valkyries est le récit d'une quête mystique et bouleversante, celle d'un homme qui lutte contre le doute et la peur, animé par le désir ardent de croire à une renaissance.
Coelho Paulo ; Niemann Christophe ; Orecchioni Jea
Mon coeur craint de souffrir, dit le jeune homme à l'Alchimiste, une nuit qu'ils regardaient le ciel sans lune. - Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Et qu'aucun coeur n'a jamais souffert alors qu'il était à la poursuite de ses rêves". Santiago, jeune berger andalou, part à la recherche d'un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu'il rencontre l'Alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son coeur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. Merveilleux conte philosophique destiné à l'enfant qui sommeille en chacun de nous, L'Alchimiste a marqué des millions de lecteurs. A l'occasion des trente ans de sa publication en France, cette édition anniversaire illustrée par Christoph Niemann célèbre le livre iconique de Paulo Coelho et nous invite à le redécouvrir.
Dans un Rio de Janeiro miné par la fracture sociale, les habitants des favelas vivent leurs vies d'enfants, d'adolescents et de jeunes adultes au milieu des narcotrafiquants et de la violence policière. Les bains de mer, l'extase de la drogue, la camaraderie et le rire, surtout, viennent adoucir une existence difficile, où la pauvreté quotidienne force ces jeunes gens à trouver par tous les moyens une échappatoire. Avec humour et grâce, sans complaisance aucune, Geovani Martins décrit ici la réalité à la fois belle et terrible des favelas. Ces treize nouvelles au rythme haletant, où l'on sent planer à chaque page une menace sourde, nous dépeignent une société sombre, parfois chaotique, souvent violente, où l'individu ploie sous le poids du réel, mais parvient, malgré tout, à s'en sortir. Plongeant le lecteur au coeur d'une des villes les plus inégalitaires au monde pour nous en montrer la face cachée, loin des clichés de la carte postale, ce jeune auteur brésilien manie les mots avec jubilation et nous dévoile de l'intérieur un univers méconnu, mystérieux et déconcertant.