Cet ouvrage regroupe les contributions d'architectes, designers, théoriciens et artistes qui élaborent des projets et des pensées relatifs à la complexité des espaces urbains contemporains. Ces intervenants acceptent de laisser place à l'imprévisible et à l'inattendu, de fonctionner selon les principes nomades qui caractérisent la « machine de guerre » théorisée en 1980 par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille plateaux. L'ouvrage donne un aperçu de la variété des dispositifs qui sont ainsi en train de s'inventer : guérilla végétale, émergence de nouveaux paysages produits par la nouvelle place faite à la nature et à ses dynamiques spontanées dans la ville, formes inédites d'agriculture urbaine, interventions artistiques et architecturales dans les interstices et les « territoires entre-deux », marches et dérives urbaines, cartographies et navigations, « récits de territoire », mais aussi micro-usines urbaines et hétérotopies qui nourrissent les pratiques, les théories et l'imaginaire contemporain de la ville. Les textes réunis dans Machines de guerre urbaines sont issus de recherches menées parallèlement dans le cadre des activités du LARU (Laboratoire de Recherche Urbaine) de l'Ecole nationale supérieure d'art de Dijon et des conférences Manèges organisées par le centre d'art La Maréchalerie de l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Versailles.
Nombre de pages
303
Date de parution
04/11/2015
Poids
540g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782919507450
Titre
Machines de guerre urbaines
Auteur
Antonioli Manola ; Michel Vincent
Editeur
LOCO
Largeur
140
Poids
540
Date de parution
20151104
Nombre de pages
303,00 €
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La philosophie de Gilles Deleuze et Félix Guattari est une philosophie du mouvement, en mouvement. De leurs livres émergent de nouveaux territoires, des paysages désertiques ou lunaires, peuplés d'animaux étranges. On assiste ainsi à la naissance d'une géophilosophie, d'une pensée qui met en scène des territoires, des populations, des animaux (philosophie, géographie, éthologie, nomadologie) et qui opère par déterritorialisations et par rencontres.
Né du projet de travailler simultanément sur les textes critiques et sur l'?uvre narrative de Maurice Blanchot, cet essai se propose de réfléchir dans la proximité d'une écriture qui met en question tous les partages traditionnels entre fiction et théorie. Il s'agira donc de suivre le devenir fragmentaire de cette ?uvre difficile qui questionne la littérature, la philosophie et la politique, de montrer comment la loi du récit blanchotien suit les parcours multiples d'un récit de la loi, de discerner la présence de l'imaginaire et de la mimésis dans les essais et les récits, de tenter une approche de la pensée de la mort et du mourir qui traverse ces textes. L'écriture vit ici dans l'effort tragique de faire apparaître ce qui disparaît, et de donner vie à travers le langage à ce que le langage doit annuler pour pouvoir exister en tant que tel. Depuis les premiers essais critiques jusqu'aux derniers textes fragmentaires, l'?uvre de Maurice Blanchot s'affirme progressivement comme le lieu de l'énigme, du fragment, du dehors, du neutre et nous invite à répondre à l'appel d'une autre écriture et d'une autre pensée, qui restent encore toujours à venir.
Il y a un devenir-philosophe qui n'a rien à voir avec l'histoire de la philosophie, et qui passe plutôt par ceux que l'histoire de la philosophie n'arrive pas à classer" (Gilles Deleuze, Dialogues). Deleuze a choisi de s'occuper de ces penseurs inclassables, qui ont toujours échappé à l'histoire de la philosophie comme agent de pouvoir : Hume, Nietzsche, Bergson, Spinoza et, plus tard, Leibniz. Ces philosophes atypiques semblent ne pas avoir de rapports les uns avec les autres, et pourtant ils forment une constellation ou un archipel et tracent ensemble les orientations et les directions d'un devenir-minoritaire qui traverse les grands courants de l'histoire de la philosophie. Avec les éléments puisés dans leurs ?uvres respectives (l'empirisme, l'éternel retour, le virtuel, les multiplicités, l'expression, le pli) Deleuze constitue un collage, un portrait sans ressemblance, un récit sans début ni fin qui n'est pas un roman de formation, mais un roman policier ou de science-fiction à travers lequel l'historien-détective s'efforce de suivre les devenirs de la pensée, plutôt que de justifier ou célébrer son image institutionnelle. Le hasard fécond de la rencontre remplace ainsi la prétendue nécessité de l'histoire et les philosophes étudiés deviennent des interlocuteurs dans l'invention et l'expérimentation de nouvelles possibilités d'une théorie désormais inséparable de la pratique.
L'intitulé de cet ouvrage s'inspire du projet de linéalogie de l'anthropologue britannique Tim Ingold. Dans Une brève histoire des lignes, il se propose, en effet, d'explorer l'espace commun entre plusieurs activités théoriques et pratiques, apparemment très éloignées, en posant les fondements d'une « anthropologie comparée de la ligne ». Comme Ingold, nous choisissons donc de nous situer dans l'espace de l'in-between, afin d'essayer de tisser les fils qui se nouent entre l'écrit et l'espace, les textes et l'architecture.
Depuis les années 1990, Jean-Christian Bourcart plonge dans les profondeurs des lieux du sexe, d'où il rapporte des images, volées, aux grains éclatés, au flou suggestif et aux couleurs dégoulinantes. Tout a commencé quand un magazine l'envoie faire un reportage dans les bordels de Frankfort. Trois interdictions : pas de femmes, pas de photo, pas de film. Il s'immerge dans les immeubles réservés au commerce sexuel, un monde à part aux couleurs crues. Dans la poche de sa veste truquée, un appareil photo trop bruyant ; il s'arrête devant les chambres et déclenche, la position du photographe voyeuriste, assumée. Ce livre nous offre crûment la découverte de la nuit sexuelle, bordels ou clubs échangistes, ouvrant les portes d'un univers fellinien ou pasolinien, méconnu et souvent objet de fantasmes.
Dans l'oeuvre photographique de Pierre Jahan (1909-2003), c'est l'ombre qui se propose comme guide opérant, permettant de traverser l'éclectisme de sa production artistique. Photographe, mais aussi illustrateur, dessinateur, peintre, contemporain de Sougez, Ronis, Doisneau mais aussi de Vigneau, Kertész, Landau, Steiner..., membre du groupe Rectangle puis de celui des XV, et représentant - pas toujours reconnu à sa juste place - de ce qu'est la photographie : un art du passage, un art de la traversée, mais aussi un art des écarts, un art où l'ombre peut être la muse d'un regard autre, la preuve d'une attention singulière à un état de vie, à un état d'âme, à un état de fait... Et ce sont justement ces différents " états " qui inclinent à la diversité des photographies de Jahan allant de la série de l'Herbier surréaliste (1947) à celle des étranges Poupées (1942-45), des Etudes de nus (1945-49) aux reportages sur La vie Batelière (1938), ou le Paris [qui] chante sa nuit (1945)... aux travaux d'éditions (Le Dévot Christ (1934), La mort et les statues (1941-42), Les Gisants de Saint-Denis (1948), ou d'illustrations publicitaires (parfums Piguet, cristallerie Daum et arts de la table Christofle, laboratoires pharmaceutiques mais aussi Renault, Citroën...).
Rondepierre Eric ; Millet Catherine ; Rancière Jac
D'abord comédien, Eric Rondepierre se dirige ensuite - via la peinture - vers un travail photographique lié au cinéma. Depuis 2002, l'oeuvre s'est diversifiée : l'artiste utilise ses propres images qu'il recompose avec ses textes, ses dessins ou encore avec des images de cinéma qu'il s'approprie. Images secondes reprend l'ensemble des séries que l'artiste a réalisées depuis plus de vingt ans et est accompagné d'essais inédits de Jacques Rancière, Catherine Millet et Quentin Bajac. Cette monographie vient combler un manque éditorial : en effet, l'artiste n'a pas publié de monographie importante depuis près de dix ans.
Sabine Meier est partie à New York avec l'idée de faire le portrait de Rodion Romanovitch Raskolnikov, le célèbre personnage de l'écrivain russe Dostoïevski. Avec ses seuls souvenirs de lecture du roman lu plusieurs années auparavant, elle déambule dans les rues new-yorkaises. C'est au cours de ses pérégrinations, qu'elle reconnaît dans le visage d'un passant celui qui deviendrait son Raskolnikov. Comment réussit-elle à convaincre cet inconnu à incarner l'image de ce personnage de fiction ? Une longue collaboration commença entre eux et " Portrait of a Man " était en construction.