Extrait Le «cas Schumann» À l'âge de 43 ans, le 27 février 1854, Robert Schumann se jette dans le Rhin. Cette tentative de suicide ne paraît nullement représenter un appel à l'aide, une prière désespérée adressée aux autres. Quelles que soient les causes qui le poussent à un acte aussi extrême, le compositeur semble avoir la ferme intention de rompre avec la vie. Par ce matin de carnaval, l'existence telle qu'elle est devenue (et telle qu'elle va devenir) pour lui n'est plus possible. Il semble avoir perdu toute illusion. Le seul désir qu'il conserve paraît bien être celui de mourir. Pour l'heure, il échappe pourtant à cette mort. Des mariniers qui l'ont vu se précipiter dans le fleuve le sauvent. En état de passivité totale, il se laisse alors raccompagner à son domicile, le visage caché derrière ses mains. Est-ce pour ne pas être vu ? Est-ce, par pur réflexe, pour occulter ses paysages intérieurs dévastés et hallucinés qui sont devenus le seul monde qui l'encercle de toutes parts ? Ou bien est-ce encore pour ne pas voir ce qui, quant à son existence, est désormais devant lui et l'attend sur le chemin ? Quelques jours plus tard, accompagné par son médecin de famille, le compositeur est interné avec son accord dans la petite clinique d'Endenich, proche de Bonn, où il sera soigné par les docteurs Richarz et Peters. Il n'y compose plus vraiment et ne parvient qu'à écrire quelques lettres à sa famille ainsi qu'aux amis qui se sont dévoués pour lui. Malgré quelques sursauts de lucidité, son état se dégrade de mois en mois et il meurt deux ans et demi après le début de son hospitalisation. Rien, pourtant, n'annonçait une fin aussi douloureuse et prématurée. Robert Schumann naît le 8 juin 1810 à Zwickau, en Saxe, terre luthérienne. Il est le dernier-né de la famille. Une fille (Emilie) et trois garçons (Eduard, Carl et Julius) le précèdent, mais aussi une petite Laura qui est décédée à peine âgée de quelques mois, guère plus d'un an avant la naissance de Robert. A-t-on suffisamment pris en compte ce dernier fait ? Peut-être pas, et j'y reviendrai. Issu d'une famille bourgeoise (un grand-père était chirurgien, l'autre pasteur), le jeune Robert accomplit une scolarité brillante et montre des dispositions précoces pour la création littéraire et la musique. Ce n'est cependant qu'à l'âge de 20 ans qu'il décide de se consacrer entièrement à l'«art des sons», encourant alors la réprobation d'une mère insécurisée. Son père, qui selon toute vraisemblance l'aurait encouragé dans cette voie, est décédé quatre ans auparavant et cette perte, ainsi que celle de sa soeur Emilie, l'année précédente, a été très douloureuse pour le jeune Schumann. L'année suivante (il n'a que 21 ans), l'angoisse fait pour la première fois irruption en lui sous la forme d'une crainte irraisonnée du choléra. La seule pensée de la mort le jette dans un état d'affolement incoercible. Cependant, quelques mois plus tard, cette peur disparaît aussi soudainement qu'elle est apparue. L'année suivante, alors qu'il étudie la technique du piano sous la férule de Friedrich Wieck, l'un des plus grands professeurs d'Allemagne, Schumann tente de forcer la condition anatomique de sa main à l'aide d'un appareillage scabreux et se paralyse un doigt de la main droite. L'accès à la virtuosité lui est désormais interdit et s'il veut continuer à se consacrer à la musique, il ne lui reste qu'une voie : devenir compositeur.
Biographie de l'auteur Philippe André est psychiatre, psychanalyste et musicien. Il est l'auteur d'ouvrages sur Robert Schumann (Schumann, Les Chants de l'ombre, 1982) et sur Franz Liszt (Les Années de Pèlerinage, 2008), ainsi que de nombreux textes sur l'art et les sciences humaines.
A l'été 1906, Paul Cézanne vit ses derniers jours à Aix-en-Provence. Malade, épuisé, mais toujours habité par le feu de la création, il parle - à la première personne - dans un long monologue intérieur mêlant souvenirs, visions et confessions. Autour de lui gravitent des présences vives ou fantomatiques : Madame Brémond, sa gouvernante attentive ; Emile Zola, l'ami qui l'a trahi ; Gabrielle, une énigmatique géante musicienne venue troubler sa solitude... Avec une langue tantôt "parlée", tantôt lyrique, Philippe André fait entendre la voix du peintre dans sa vérité nue, entre lumière, fièvre et quête d'harmonie. Un roman singulier, à la croisée de l'art, de la mémoire et du rêve.
Les lettres d'amour à son épouse d'un des plus grands écrivains américains. Un ensemble unique et inédit, d'une remarquable qualité littéraire, qui couvre toute la carrière de Mark Twain. Toute sa vie, pendant près de quarante ans, Mark Twain, qui signait Sami (son vrai nom est Samuel Clemens), a écrit à Olivia, son épouse, dont il est tombé amoureux après avoir vu une photo d'elle dans la cabane de son frère. Quand ils se rencontrent peu après, au cours d'une conférence de Charles Dickens, il la demande en mariage, et elle l'éconduit. S'ensuit une longue correspondance amoureuse, plus d'une centaine de lettres, où Twain n'apparaît pas que comme l'auteur facétieux, spirituel qu'il est, mais aussi comme un homme qui se veut l'épigone des chevaliers de la légende arthurienne. Après leur mariage, Twain ne cesse pas de lui écrire, chaque fois qu'il part en tournée aux Etats-Unis ou en Europe. Dans ces lettres, on découvre le père, affectueux et inquiet, l'homme du Mississippi qui tente de perdre un peu de ses manières rustres auprès de cette femme qu'il n'a cessé d'aimer, et qui est bien plus que la " femme du grand écrivain ". En effet, elle lui prodigue des conseils littéraires, l'aide pour la publication de ses livres et ses conférences. Marquée par les drames familiaux (la mort de deux de leurs enfants), cette correspondance est le récit d'une complicité amoureuse et intellectuelle qui dure toute une vie. Même quand les médecins préconisent à Olivia de vivre loin de Twain pour reposer sa santé fragile, il vient en cachette la voir pour lui remettre des lettres d'amour, dont l'ardeur ne s'est pas tarie au bout de près de quarante ans. Ces dernières lettres, qui portent le poids de la maladie dont Olivia, pourtant sa cadette de dix ans, mourra prématurément, sont parmi les plus poignantes de cet ensemble unique et inédit en français.
Et si l'on pouvait s'initier à la philosophie de Platon en écoutant Stromae ou à celle d'Heidegger avec les chansons de Souchon ? Les paroles de leurs chansons ne diffusent-elles pas, en nous, une philosophie implicite qui en font d'excellents médiateurs vers les plus grands textes classiques ? Tel est le pari de cet essai pétillant : débusquer la philosophie à l'oeuvre dans quelques grands tubes de la chanson pour montrer qu'allumer sa radio peut parfois se révéler aussi instructif qu'ouvrir un livre de philosophie. Marianne Chaillan imagine que les grands philosophes ont connu l'ère des iPod et qu'ils ont composé la playlist de leurs titres préférés. De la playlist de Nietzsche à la bibliothèque de J.-J.Goldman, elle invite le lecteur à aborder sans crainte les questions du bonheur, de la foi, du travail ou de la morale avec des écouteurs sur les oreilles.
Stéphane Barsacq, auteur de monographies sur les peintres Léon Bakst et Augustin Frison-Roche, mais aussi d'études sur des sculpteurs ou orfèvres comme Jeanclos et Goudji, fait ici l'éloge des arts et des artistes, au gré de réflexions, de portrait et de souvenirs. Il nous fait pénétrer dans l'intimité de la pensée de Cimabue, Giotto ou Nicolas Poussin, et rapporte ses dialogues avec les derniers surréalistes, Henri Cartier-Bresson, Balthus ou Matta. Il s'agit pour lui de montrer que la "beauté convulsive", dont parlait André Breton, est de tous les temps, et qu'elle unit l'homme du Magdalénien et Gauguin ou Matisse, Rodin ou Bourdelle, comme des artistes contemporains, pris dans leur singularité. On voyage de Paris à Venise, en quête de ce qui est à voir et de ce qui est invisible, sur quoi seuls de grands voyants nous ouvrent les yeux. Un voyage au coeur des arts par l'un des grands passeurs de la littérature et de l'art contemporain.
Résumé : Pour la première fois, un guide réuni et explique l'argot de Kaamelott. Indispensable pour tous les accros de la série et du film qui veulent se replonger dans ses dialogues truculents et hilarants. NOUVELLE EDITION AUGMENTEE Alors que peu de professionnels pariaient sur le succès de la série, Kaamelott fut une révélation ovniesque, fédérant rapidement un large public. Parler de la Table ronde, de la quête du Graal, en costumes d'époque ? Et pour faire rire en prime ? Improbable, parce que d'une ambition folle. Et pourtant, Kaamelott est devenu culte. A quoi l'efficacité de Kaamelott tient-elle ? Pas de gags ou de grosses ficelles, Kaamelott c'est un univers : une grande aventure qui a du sens, qui progresse, dont les personnages évoluent. Ils sont sérieux, ils sont dans leur époque, et le ressort follement comique tient au décalage qui repose sur le langage contemporain mais aussi à une langue propre à Kaamelott, nourrie par un très riche vocabulaire familier et argotique, proche du cinéma de genre français des années 60-70 à la Michel Audiard. Alexandre Astier met en mouvements et en rythme ce patrimoine linguistique, l'adaptant à chaque personnage, qui a son phrasé propre et ses intonations. Kaamelott se donne à écouter, comme une vaste partition. En parcourant plus de 500 mots familiers et argotiques dans ce " dictionnaire ", l'auteur s'est amusé à crapahuter dans les méandres de l'esprit Kaamelott, non pour en mettre plein les miquettes et frimer, comme le commun des glandus ou des pégus, mais pour donner du singe au gratin qui souhaite découvrir le monde d'une série mortelle, ou à tous les amateurs qui veulent s'amuser à retrouver les répliques pour poursuivre l'aventure !
Résumé : La musique est un art qui s'écoute et c'est par l'écoute que nous entrons dans les oeuvres musicales. S'il peut être utile de connaître l'histoire des oeuvres ou des compositeurs, il est surtout indispensable d'apprendre à écouter pour ne plus avoir la sensation de " passer à côté ". C'est ce que permet ce livre interactif, qui envisage l'écoute comme une pratique musicale à part entière, accessible à tous, aux musiciens comme aux non-musiciens. En s'appuyant sur des extraits musicaux accessibles sur le site de l'auteur, il donne des conseils d'écoute, décrypte les codes musicaux et propose des exercices pratiques. Il vous aidera ainsi à modifier durablement votre manière d'appréhender la musique classique.
Résumé : Opéras, musique de chambre, symphonies, concertos... Des Carmina Burana (XII ? siècle) aux oeuvres musicales les plus contemporaines, l'ouvrage propose une sélection de 1001 oeuvres classiques remarquables présentées avec un enregistrement jugé particulièrement réussi. Les plus grands compositeurs, de Mozart à Messiaen et de Bach à Poulenc, côtoient quelques figures moins emblématiques, mais dignes d'être découvertes. La riche iconographie du livre - portraits des compositeurs, photographies de grands interprètes, reproductions de partitions originales - est un atout supplémentaire, qui ne laissera pas l'amateur indifférent.
La musique classique est partout, dans les films, dans les séries, dans les publicités et sur scène, plus moderne que jamais. Mais qu'en connaissons-nous vraiment ? Qui pourrait soupçonner que Carmen fut d'abord un échec pour Bizet avant de devenir l'opéra le plus joué ? Qui a composé le premier opéra ? Comment Liszt, première "rockstar" du XIXe siècle, déclencha les transes de ses spectateurs, avant de prendre sa retraite comme abbé ? Révisons Nos Classiques nous propose une plongée dans l'histoire à travers 49 événements, morceaux et compositeurs célèbres ou oubliés, mais incontournables pour comprendre la musique qui nous berce aujourd'hui. Avec 49 morceaux commentés à écouter dans la playlist accessible en ligne.
Résumé : Né en 1739 à Basse-Terre d'une esclave d'origine sénégalaise et d'un planteur noble, le beau mulâtre apparaît aujourd'hui comme l'une des figures les plus romanesques du XVIIIe siècle. C'est le destin exceptionnel de ce répudié de l'histoire que retrace ici Alain Guédé, avec une allégresse et un brio qui rendent hommage à la vitalité et à la prééminence dans son siècle du grand Saint- George, dont on ne se lasse pas de lire les aventures et d'écouter la musique.