Aujourd'hui n'existe pas et nos existences s'écoulent en une succession d'instants, tristes ou heureux, presque aussitôt oubliés. Ancco veut, avant que sa mémoire ne la trahisse, fixer dans ses dessins quelques fragments d'une vie aussi précieuse que dérisoire. Son trait aigu donne vie à une Corée, pays du matin blême et des nuits arrosées, bien éloignée des brochures de tourisme. La jeunesse s'y traîne, dans le fracas des karaoké et le silence du sida, parmi la fumée des cigarettes clandestines et les vapeurs de l'alcool interdit, instant suspendu entre l'envie de grandir et la peur de vieillir. Aujourd'hui comme hier, les coups restent l'argument ultime d'adultes cabossés par leurs propres échecs. Barricadés dans leur solitude, incapables d'exprimer leurs sentiments, les hommes sont terrifiés de risquer vers l'autre un geste aussi simple que d'offrir une cigarette. Seuls les chiens semblent capables d'un amour et d'une confiance spontanés. Ancco dessine ses adolescents au début d'une route qui s'enfonce dans les ténèbres, d'un voyage dont la prochaine étape, espèrent-ils, changera leur vie. Mais elle sait qu'au bout de la nuit les attend une nuit encore plus profonde, celle de la mort. Demain n'existe pas.
Nombre de pages
173
Date de parution
25/09/2009
Poids
466g
Largeur
172mm
Plus d'informations
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EAN
9782915492835
Titre
Aujourd'hui n'existe pas
Auteur
ANCCO
Editeur
CORNELIUS
Largeur
172
Poids
466
Date de parution
20090925
Nombre de pages
173,00 €
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Jin-joo est une mauvaise fille. Elle fume, découche, nargue ses professeurs et cause du souci à ses parents. Son père, un petit patron, n'a que ses poings pour exprimer sa peur de la voir mal tourner. Alors il la passe à tabac, régulièrement. La Corée subit la crise économique de la fin des années 1990 et la violence demeure la forme la plus simple et naturelle du contact humain. Au collège, les professeurs cognent les élèves et les anciennes rossent les nouvelles. Dans l'indifférence générale, on meurt sous les coups d'un père ou d'un petit copain. L'adolescente trouve un peu de chaleur humaine auprès de Jung-ae, fille d'un petit voyou encore plus paumée qu'elle. Une fugue improvisée les mène jusqu'au quartier des bars à hôtesses. Là, tout a le goût de la liberté, de l'interdit et de la fête. Pourtant, leur destin est en train de se jouer tragiquement... Le ton âpre et désespéré d'Ancco évoque le Céline de Mort à crédit. Vivre, c'est expier. Un instant de bonheur, d'insouciance, se paie comptant. Les hommes mènent des existences lourdes, tristes et solitaires, qui se révèlent vides de sens. "Dès qu'on met le nez dehors, constate Jin-joo, c'est plein de choses incompréhensibles." Après Aujourd'hui n'existe pas, publié par Cornélius en 2009, Mauvaises filles confirme le talent singulier d'Ancco. La construction multiplie les allers-retours entre le passé et le présent. Servie par un trait sec et précis, un noir et blanc désolé, elle rend inexorable et bouleversant ce voyage au bout de la nuit coréenne.
Jin-joo est une mauvaise fille. Elle fume, découche, nargue ses professeurs et cause du souci à ses parents. Son père, un petit patron, n'a que ses poings pour exprimer sa peur de la voir mal tourner. Alors il la passe à tabac, régulièrement. La Corée subit la crise économique de la fin des années 1990 et la violence demeure la forme la plus simple et naturelle du contact humain. Au collège, les professeurs cognent les élèves et les anciennes rossent les nouvelles. Dans l'indifférence générale, on meurt sous les coups d'un père ou d'un petit copain. L'adolescente trouve un peu de chaleur humaine auprès de Jung-ae, fille d'un petit voyou encore plus paumée qu'elle. Une fugue improvisée les mène jusqu'au quartier des bars à hôtesses. Là, tout a le goût de la liberté, de l'interdit et de la fête. Pourtant, leur destin est en train de se jouer tragiquement... Le ton âpre et désespéré d'Ancco évoque le Céline de Mort à crédit. Vivre, c'est expier. Un instant de bonheur, d'insouciance, se paie comptant. Les hommes mènent des existences lourdes, tristes et solitaires, qui se révèlent vides de sens. "Dès qu'on met le nez dehors, constate Jin-joo, c'est plein de choses incompréhensibles."
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