En 2007, Nathalie Franck et Yves Ballot sont devenus lauréats de la 25e édition du Prix de l'Equerre d'Argent, suite à leur projet de restructuration et d'extension du groupe scolaire Nuyens, dans le quartier de la Bastide à Bordeaux. Ville dans laquelle ils exercent leurs métiers d'architectes libéraux et d'enseignants titulaires à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture et de Paysage. Pour nos deux architectes, mais aussi pour la profession et la ville de Bordeaux, l'événement était sans doute de taille. Et les médias, locaux ou nationaux, ne s'en sont pas privés. Comme toute consécration, cette attribution de l'Equerre d'Argent 2007 ne fit pas que des heureux. C'est le moins que l'on puisse dire. Ainsi, suite à l'annonce des résultats au mois d'octobre de la même année, un certain nombre de voix se sont fait entendre pour contester le choix du jury de cette édition. Sans prétendre restituer les différentes positions qui se sont exprimées tout au long de la polémique suscitée, nous voudrions livrer ici, au travers d'entretiens, la manière dont les deux récipiendaires ont vécu cette expérience qui agita le champ de production architecturale français d'alors.
Nombre de pages
112
Date de parution
12/10/2017
Poids
150g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343120317
Titre
Propos de lauréats en architecture
Auteur
Amougou Emmanuel ; Franck Nathalie ; Ballot Yves
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
150
Date de parution
20171012
Nombre de pages
112,00 €
Disponibilité
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Les populations immigrées, ou plus précisément les fractions des diasporas mobilisées sur le territoire hexagonal ou ailleurs, entretiennent les mêmes croyances aux appartenances - fictives ou réelles - à base ethnique. Celles-ci constituent un des ressorts essentiels des mobilisations et revendications collectives ou individuelles caractéristiques de ces populations. Ce sont les mécanismes et les pratiques liées à ces imaginaires, presque massivement partagés, que tente d'explorer cet ouvrage.
Si l'auteur s'intéresse à la situation des étudiants noirs d'Afrique en France ou d'ailleurs. c'est davantage pour s'opposer à deux attitudes devenues naturelles : la culpabilisation permanente de la France par les Africains et la légitimation des pratiques et discours des Africanistes. C'est sans doute au cours de leurs itinéraires universitaires — AFRIQUE - FRANCE - AFRIQUE — que se construit la médiocrité qui accompagne une bonne partie de ces étudiants noirs. Une lecture des comportements liés à ce parcours doit rompre courageusement avec les prêts-à-penser idéologiques qui inclinent les diplômés africains à justifier l'injustifiable.
Au moment où les résultats des luttes de libération de la femme suscitent de nouvelles interrogations en Europe, quel regard peut-on porter sur l'émancipation de la femme africaine aujourd'hui ... Au-delà du voile de la consommation de masse et de la recherche des solutions vitales nécessaires aux détresses sociales, un regard sur la condition des femmes noires en France ou en Afrique implique une autre lecture. Celle qui s'appuie sur la mise à jour des pesanteurs sociales dont les effets conduisent les Afro-métropolitaines à revendiquer inconsciemment leur dépendance par rapport aux hommes. Une telle attitude ne peut qu'amener les Africaines à transformer les conditions objectives de leur émancipation en stratégies d'affirmation de leur " identité féminine " à l'intérieur de l'espace qui s'est historiquement construit sur et autour de leur féminité.
Si, de toute évidence, le " métissage " continue de poser problème, indépendamment de tous les efforts d'explication qui sont déployés dans les différents champs de recherche, c'est parce qu'il relève avant tout des logiques fondamentalement idéologiques. C'est-à-dire d'un ensemble de représentations socialement et historiquement constituées qui, en s'institutionnalisant ont généré des conduites et des pratiques nécessaires à la justification des logiques de différenciation, de stigmatisation, de subordination, d'exclusion et de domination des individus considérés comme métis autant que ceux dont ils sont issus. Surtout si ces derniers appartiennent à des groupes sociaux dominés. C'est dire en effet combien tout effort d'explication du phénomène du métissage - " biologique " ou " culturel " - doit s'appuyer sur les rapports sociaux qui le génèrent à un moment donné au cours de l'histoire d'une formation sociale. C'est aussi souligner combien un tel investissement devrait rendre compte des formes de domination, surtout symbolique, que les métis eux-mêmes peuvent être tentés de reproduire, consciemment ou inconsciemment, en fonction de leur position sociale et/ou des enjeux dans lesquels ils peuvent être impliqués.