La production des connaissances sociologiques sur des objets socialement et historiquement construits comporte des risques : interprétation et falsification du sens ; instrumentalisation pour des besoins pratiques et/ou opérationnels ; conversion d'une posture réflexive en dogme ; etc. Et dans la mesure où les catégories patrimoniales sont fondamentalement liées aux rapports sociaux et aux représentations que les individus construisent et entretiennent - arbitrairement - pour des raisons diverses, un regard sociologique sur cette conduite a toutes les chances d'être en décalage avec les représentations communes. La posture réflexive des sciences sociales devrait contribuer à objectiver la mythologie patrimoniale au risque de la renforcer, volontairement ou involontairement. Cet ouvrage, fondé sur les rapports que les sciences sociales entretiennent avec les questions patrimoniales dans nos sociétés modernes, tente de mettre au jour non seulement l'inconscient intellectuel et/ou professionnel que les spécialistes du patrimoine investissent dans la construction et la reproduction des types de patrimoine, mais aussi les effets que ces derniers engendrent sur la compréhension de ce phénomène de plus en plus complexe.
Nombre de pages
170
Date de parution
01/06/2011
Poids
215g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296551480
Titre
Sciences sociales et patrimoines
Auteur
Amougou Emmanuel ; Billard Alain ; Briffaud Serge
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
215
Date de parution
20110601
Nombre de pages
170,00 €
Disponibilité
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Les populations immigrées, ou plus précisément les fractions des diasporas mobilisées sur le territoire hexagonal ou ailleurs, entretiennent les mêmes croyances aux appartenances - fictives ou réelles - à base ethnique. Celles-ci constituent un des ressorts essentiels des mobilisations et revendications collectives ou individuelles caractéristiques de ces populations. Ce sont les mécanismes et les pratiques liées à ces imaginaires, presque massivement partagés, que tente d'explorer cet ouvrage.
Si l'auteur s'intéresse à la situation des étudiants noirs d'Afrique en France ou d'ailleurs. c'est davantage pour s'opposer à deux attitudes devenues naturelles : la culpabilisation permanente de la France par les Africains et la légitimation des pratiques et discours des Africanistes. C'est sans doute au cours de leurs itinéraires universitaires — AFRIQUE - FRANCE - AFRIQUE — que se construit la médiocrité qui accompagne une bonne partie de ces étudiants noirs. Une lecture des comportements liés à ce parcours doit rompre courageusement avec les prêts-à-penser idéologiques qui inclinent les diplômés africains à justifier l'injustifiable.
Au moment où les résultats des luttes de libération de la femme suscitent de nouvelles interrogations en Europe, quel regard peut-on porter sur l'émancipation de la femme africaine aujourd'hui ... Au-delà du voile de la consommation de masse et de la recherche des solutions vitales nécessaires aux détresses sociales, un regard sur la condition des femmes noires en France ou en Afrique implique une autre lecture. Celle qui s'appuie sur la mise à jour des pesanteurs sociales dont les effets conduisent les Afro-métropolitaines à revendiquer inconsciemment leur dépendance par rapport aux hommes. Une telle attitude ne peut qu'amener les Africaines à transformer les conditions objectives de leur émancipation en stratégies d'affirmation de leur " identité féminine " à l'intérieur de l'espace qui s'est historiquement construit sur et autour de leur féminité.
Si, de toute évidence, le " métissage " continue de poser problème, indépendamment de tous les efforts d'explication qui sont déployés dans les différents champs de recherche, c'est parce qu'il relève avant tout des logiques fondamentalement idéologiques. C'est-à-dire d'un ensemble de représentations socialement et historiquement constituées qui, en s'institutionnalisant ont généré des conduites et des pratiques nécessaires à la justification des logiques de différenciation, de stigmatisation, de subordination, d'exclusion et de domination des individus considérés comme métis autant que ceux dont ils sont issus. Surtout si ces derniers appartiennent à des groupes sociaux dominés. C'est dire en effet combien tout effort d'explication du phénomène du métissage - " biologique " ou " culturel " - doit s'appuyer sur les rapports sociaux qui le génèrent à un moment donné au cours de l'histoire d'une formation sociale. C'est aussi souligner combien un tel investissement devrait rendre compte des formes de domination, surtout symbolique, que les métis eux-mêmes peuvent être tentés de reproduire, consciemment ou inconsciemment, en fonction de leur position sociale et/ou des enjeux dans lesquels ils peuvent être impliqués.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...