Le guide divin dans le shî'isme originel. Aux sources de l'ésotérisme en islam
Amir-Moezzi Mohammad-Ali
VERDIER
12,17 €
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EAN :9782864325116
Extrait À mon père Mostafa qui aimait tant les imâms In memoriam Extrait de l'avant- propos : Depuis les études de I. Goldziher (Beiträge zur Literaturgeschichte der Shi'a und die sunnitischen Polemik, Vienne, Autriche, 1874) jusqu'à l'ouvrage de H. Halm (Die Schia, Darmstadt, 1988), plus d'un siècle d'études scientifiques a été consacré au shî'isme en général et à l'imâmisme en particulier. Un grand nombre d'islamologues et d'orientalistes se sont intéressés à cette «variante» la plus importante de l'Islam et le nombre d'articles, d'ouvrages et de monographies consacrés à ce sujet est assez impressionnant. Néanmoins, pour ce qui est de l'imâmisme originel, c'est-à-dire la doctrine censée être professée par les imâms historiques du shî'isme appelé plus tard shî'isme duodécimain ou imâmisme, aussi surprenant que cela paraisse, il faut franchement avouer que nous n'en avons encore aucune idée claire corroborée par un ensemble cohérent de données anciennes. Il n'existe, pour ainsi dire, aucune étude systématique et exhaustive sur cette phase formative et primitive de la doctrine. Ce qui caractérise le plus, à mon sens, les études consacrées à l'imâmisme, c'est la confusion constante entre les enseignements des imâms rapportés par les plus vieilles compilations de traditions imâmites et les idées professées par les penseurs et savants imâmites plus tardifs, sans tenir compte de la subite évolution historico-doctrinale qu'a connue l'imâmisme après l'occultation du douzième imâm. Je reviendrai bien entendu plus longuement sur cette confusion fatale à toute intelligence de l'imâmisme originel ainsi que sur cette évolution capitale. L'image ou, pour être plus précis, les images de l'imâmisme reflétées à travers ces études, une fois confrontées aux plus anciens textes, semblent fragmentaires, confuses, voire contradictoires : toute cohérence idéologique et toute logique doctrinale y font défaut. À s'y intéresser de plus près, il paraît impossible d'avoir une compréhension synthétique globale de la doctrine, compréhension indispensable pour une étude analytique des points précis et des détails fondamentaux. L'imâmisme est-il un mouvement politico-religieux de type révolutionnaire ? Une doctrine mystique anthropomorphiste ? Une philosophie politique précoce au sein de l'Islam ? Une théologie rationalisante de type mu'tazilite, augmentée d'un culte irrationnel des imâms ? Ceux-ci étaient-ils des juristes-théologiens respectueux de la sunna et respectés par toute la Communauté ? Des ambitieux frustrés développant des spéculations messianiques ? Des illuminés enthousiastes justifiant leurs contradictions à l'aide d'un ensemble d'idées incohérentes et hérétiques ? Des philosophes mystiques ne recevant leurs consignes que de l'univers des archétypes ? La raison de ces images disparates est, me paraît-il, à la fois complexe et simple ; complexe puisque le corpus ancien des imâms constitue une somme colossale où, peut-être volontairement pour des raisons inhérentes à un certain nombre de doctrines qui se définissent comme étant ésotériques, la logique cohésive et l'ordonnancement du discours font le plus souvent défaut. Pour dégager la doctrine des imâms plus ou moins dans sa probable cohérence originelle, il faut recourir à un dépouillement systématique de l'ensemble des parties disponibles de ce corpus, ce qui n'a jamais encore été fait et cette lacune a débouché sur un problème simple qui, malgré son évidence, a curieusement échappé aux spécialistes, à savoir que nous ne connaissons pas encore la Weltanschauung de l'imâmisme primitif ; nous ne savons rien ou presque de la vision que les imâms avaient et donnaient du monde, de l'homme et de l'histoire ; en d'autres termes, la cosmologie, l'anthropologie et la sotériologie imâmites dans leur phase originelle sont restées des domaines très insuffisamment étudiés voire inexplorés. En l'absence de la connaissance et de la compréhension de cette «vision du monde», ne connaissant donc ni le sens ni le but de la doctrine, les descriptions générales de celle-ci aussi bien que l'analyse de ses traits ponctuels ne peuvent être qu'incomplètes et fragmentaires, pour ne pas dire inintelligibles. C'est en me fondant sur ces données que je suis conduit à esquisser une division des travaux consacrés à l'imâmisme en quatre grands groupes ; par cette division, je tente uniquement de souligner l'insuffisance de ces travaux à pouvoir dégager une vision historique cohérente et globale de l'imâmisme primitif : I) Les études «trop synthétiques» puisque trop générales ; ce sont des ouvrages généraux sur le shî'isme ou sur l'imâmisme. En raison de leur caractère même, embrassant pour la plupart quelque quatorze siècles d'histoire, ces études présentent une doctrine identique à elle-même en tout temps et tout lieu ; les évolutions doctrinales, les oppositions d'idées ou les glissements sémantiques de la terminologie technique y sont souvent négligés, surtout au profit du courant qui ne devint dominant qu'après l'occultation et au détriment de la connaissance de l'enseignement originel devenu minoritaire. D'autres, outre leur caractère général, sont marqués par une précipitation et un bâclage de la rédaction, dus peut-être à l'intérêt éveillé par la révolution iranienne et les récents événements du Liban. (...)
Date de parution
13/09/2007
Poids
165g
Largeur
107mm
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EAN
9782864325116
Titre
Le guide divin dans le shî'isme originel. Aux sources de l'ésotérisme en islam
Auteur
Amir-Moezzi Mohammad-Ali
Editeur
VERDIER
Largeur
107
Poids
165
Date de parution
20070913
Nombre de pages
0,00 €
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Résumé : Les tout premiers siècles de l'islam furent marqués par deux faits majeurs indissolublement liés qui ont déterminé les évolutions historique et spirituelle de cette religion jusqu'à nos jours : l'élaboration des sources scripturaires, à savoir le Coran et le Hadith, et une violence chronique se manifestant principalement sous forme de guerres civiles. Pour la première fois, un ouvrage étudie l'articulation entre les deux phénomènes à travers l'examen minutieux de l'histoire de textes anciens aussi importants que peu connus. Il propose une nouvelle grille de lecture, un nouveau cadre de théorisation de l'histoire des débuts de l'islam, éclairant, en les mettant en perspective, jusqu'aux tensions contemporaines.
Lieux proprement religieux et historiques, centres mystiques, foyers de science, d'art ou de philosophie..., il existe dans toutes les religions, et tout particulièrement dans l'islam, des espaces touchés par le sacré qui évoquent pour le fidèle des havres permettant de reprendre haleine, d'orienter et de donner sens à un regard intérieur. Mausolées, tombeaux et sanctuaires, mosquées, lieux de pèlerinage, universités théologiques... la présence de Dieu, d'êtres humains exceptionnels, d'un savoir ou d'un art donnant accès aux mystères de l'univers et de la beauté les ont chargés d'un potentiel spirituel, moral, esthétique ou même magique. Du Maghreb à l'Indonésie, de l'Afrique à l'Asie centrale, des Balkans à l'Inde, ces milliers de lieux d'islam marquent une rupture pour le passager; il y a un "avant" et un "après". Et pourtant tout passe. Des lieux changent, de place ou de nature, d'autres naissent, certains tombent en ruine ou disparaissent. Croyances et rituels évoluent. Seules la soif du sacré et la recherche de la connaissance semblent permanentes dans un islam pluriel et multiculturel, très éloigné de l'image réductrice qu'on en reçoit et que l'on s'est forgé en Occident. ?uvres de pionnier, cette étude a été confiée aux meilleurs spécialistes qui nous proposent ici un ensemble à la fois rigoureux et vivant.
Les tout premiers siècles de l'islam sont marqués par deux faits majeurs indissolublement liés:l'élaboration des sources scripturaires, à savoir le Coran et le Hadith, et une violence chronique semanifestant principalement sous forme de guerres civiles. Batailles du Prophète, violences autourde la succession de Mahomet, « guerres d'apostasie » sous le premier calife Abü Bakr,interminables cycles de répressions et de révoltes sanglantes... Au même moment s'élaborent lesEcritures, progressivement distinguées en paroles divines et traditions prophétiques, dont la formeet le contenu ont été sources de conflits et de débats pendant plusieurs siècles. Cet ouvrage étudie pour la première fois l'articulation entre les deux phénomènes à travers l'examen minutieux des textes anciens. Une nouvelle grille de lecture des débuts de l'islam, loin de toute diabolisation.
Résumé : Le titre du présent ouvrage est inspiré du Livre de la Preuve (Kitâb al-hujja), oeuvre d'une des autorités religieuses les plus importantes du shi'isme, al-Kulaynî (mort vers 940). Pour la première fois, des extraits sont traduits de l'arabe et largement commentés. Dans la terminologie shi'ite, "la Preuve" est un des qualificatifs de la figure centrale de la spiritualité mystique, la personne du Guide, imâm en arabe : homme divin et théophanique, guide initiateur aux enseignements secrets et, en même temps, horizon et modèle ultimes du fidèle. De nos jours, il devient de plus en plus indispensable de montrer de manière sereine et rigoureuse que l'islam en général et l'islam shi'ite en particulier ne se réduisent pas à ce que nous présente quotidiennement une actualité douloureuse. Le shi'isme, en l'occurrence, n'est pas uniquement l'idéologie politico-religieuse de son "clergé". Il représente une religion, dans le sens le plus complexe du terme, qui a joué un rôle considérable dans l'enrichissement de la pensée et de la spiritualité musulmanes, parfois avec une finesse et une sophistication peu communes. Ce livre est consacré à ce qui en constitue la substantifique moelle.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
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