Les productions symboliques n'ont pas toujours eu le statut d'art et on a dénié ce statut aux oeuvres modernes et contemporaines; aujourd'hui, outre quelques réticences nostalgiques, l'art assimile quantité de pratiques et de formes qu'on ne reconnaissait pas sous son nom. L'autorité discriminante légiférait sous les noms d'académie, d'art ou d'esthétique philosophique. s'appuyant sur des critères idéaux de perfection émanant de l'esprit. Désormais, avec la faillite des tutelles supérieures, les notions d'art et d'oeuvre ont perdu leur pertinence de verdict; les définitions et critères se sont délités. De nouveaux paradigmes ont brisé la gangue normative en libérant les potentialités productives; de nouvelles technicités et des matériaux inusités ont transformé la configuration des oeuvres et les formes de sensibilité esthétique. L'art est en pleine mutation quant à ses modes de production. de présentation et d'usage. Les médias audiovisuels ont colonisé les affects dans un climat culturel où s'entrecroisent le design, la publicité. la mode, etc. et dans cette dispersion esthétique, l'art cherche ses marques dissensuelles; par ailleurs une subculture prolifique inscrit ses actions dans le champ réservé de la culture. L'art n'est pas en crise, il est, juste conduit à dédramatiser sa fonction, cela sans gravité niais en réaménageant les espaces et les temps ordinaires. Les textes ici réunis tentent une réflexion sur la constitution de ce qu'on appelle oeuvre d'art. sa transformation et sa défection. Biographie de l'auteur Claude Amey est professeur au département d'Etudes théâtrales de l'UFR Arts. Philosophie et Esthétique de l'université de Paris 8. Ses derniers livres: T. Kantor. theatrum litteralis, L'Harmattan, 2002: Mémoire archaïque de l'art contemporain. L'Harmattan. 2003.
Date de parution
10/05/2008
Poids
380g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782915821345
Titre
L'ART SANS GRAVITE
Auteur
AMEY CLAUDE
Editeur
CHAUFFANTE
Largeur
170
Poids
380
Date de parution
20080510
Disponibilité
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Dans un monde de marchandises, de musées, de médias, l'art est mis en demeure de réaménager sa place. Dans le passé, l'esthétique a fait de l'oeuvre d'art une médiation close de l'existence, elle est portée à s'ouvrir à l'espace social. L'art dès lors tend à se désautonomiser et se porte à proximité des milieux d'existence. L'esthétisation généralisée de la socialité, les productions de l'industrie culturelle et les nouvelles pratiques en rapport avec l'art, conduisent à une appréhension dédramatisée, distraite, obligeant l'art à son devenir autre.
Tadeusz Kantor est mort en 1990. Son uvre théâtrale notamment, mais picturale aussi, couvre la seconde moitié du siècle, et peut être associée à ce qu'il y a de plus décisif dans l'art contemporain. L'activité artistique de Kantor est inséparable des conditions de la guerre, débutant sous la double occupation nazie et stalinienne de la Pologne. Son art a éprouvé la clandestinité, mais au-delà de l'oppression, jusque dans ses fondements il s'est voulu clandestin, opposé à la légalité du théâtre. Tout ceci fait du théâtre de Kantor non un art daté, mais une expérience exemplaire.
Malgré des formations sociales et culturelles diamétralement opposées aux nôtres, "l'art" dit primitif avec ses rituels manifestent, une troublante parenté avec les arts contemporains ; notamment plastiques et spectaculaires. L'approche ici du rituel archaïque essaye de comprendre la nature de cette ressemblance, ce qui fait des artefacts archaïques des formes peut-être plus proches de celles de l'art contemporain, que celui-ci n'est proche de l'art des quelques siècles qui précèdent l'art moderne.,