Pierre-Jean Amar, fils unique d'une famille juive algéroise, orphelin de père à quinze ans, sera jusqu'à l'âge adulte prisonnier d'une mère malade et autoritaire, extraordinairement abusive. De cette jeunesse confisquée, d'où il ressort une funeste impression de mort dans la vie, naîtra un goût pour l'art et un besoin d'expression que la pratique de la photographie allait combler. C'est donc naturellement par ce moyen qu'il a fait, en fixant divers objets de l'appartement où il vivait près d'elle (l'armoire à pharmacie débordant de remèdes, le placard à vaisselle, le lit, la table de nuit... et jusqu'au coffre-fort tellement symbolique de son enfermement) une manière de portrait par contumace de cette mère aimée autant qu'haïe, et un autoportrait par ricochet. Cette tentative autobiographique - dont le lecteur saisit forcément la dimension d'exorcisme - le mettra dans une position positivement inconfortable : celle d'avoir à reconnaître dans cet étrange cas de possession les marques les plus banales de l'amour et de la vie ordinaire.
Nombre de pages
72
Date de parution
02/07/2009
Poids
501g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782868535214
Titre
Le coffre-fort de ma mère
Auteur
Amar Pierre-Jean ; Monti Georges
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
165
Poids
501
Date de parution
20090702
Nombre de pages
72,00 €
Disponibilité
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Entre 1975 et 1995, alors que les Rencontres Internationales de la Photographie à Arles sont en pleine adolescence, Pierre-Jean AMAR, tout jeune homme côtoie les plus grands photographes du monde. Débats, stages, soirées au théâtre antique, réceptions, vernissages, .. le monde (alors petit) de la photographie se retrouve, discute, s'aime, invente, innove, ... Dans ces photographies nous retrouvons toute l'ambiance de ces fortes années, quand les Rencontres d'Arles s'appelaient RIP.
Connu pour ses nus et ses paysages, Pierre-Jean Amar photographie ses chats depuis les années 1970. La première série regroupe les images faites à Eguilles (prés d'Aix-en-Provence) essentiellement de Zoé, Mouchette, Mamamouchi et Titou. La seconde entièrement réalisée au « smartphone » nous conte les aventures de Scarlett et Biboundé sauvés par un heureux hasard d'une mort certaine. Toutes en noir et blanc ces images sont la vision d'un photographe et pas seulement celle d'un amoureux béat de ses chats : comme il l'avait fait avec son fils Aurélien, il a réalisé ici un véritable travail photographique. Dans ses textes, Xavier Mauduit laisse libre cours à son imagination empreinte d'humour et de références historiques, qu'il agrémente souvent de dessins pertinents que l'on retrouve tout au long des pages.
A l'origine une prouesse technique, la photographie s'est peu à peu affirmée comme un art et un moyen d'expression avec ses propres codes. A l'heure des smartphones, les photos – multiples et instantanées – sont tellement à la portée de tous qu'on en oublierait presque la révolution que produisit en son temps cette nouvelle manière de copier le réel. De la camera obscura au chlorure d'argent, du trop oublié Niépce au célèbre inventeur du daguerréotype jusqu'au selfie, vous serez incollable sur l'histoire d'un art qui n'a jamais été aussi actuel.
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.