Auctorem fidei n'est ni la plus connue ni la plus étudiée des décisions du magistère catholique à l'époque moderne. Dernier acte solennel contre le jansénisme, cette bulle passe souvent pour une reprise de condamnations antérieures, voire pour un appendice quelque peu surnuméraire. Considérée comme le point final d'une controverse au long cours, elle n'incite guère à explorer sa postérité. Parue en 1794, elle a la réputation d'être restée inaudible dans le fracas révolutionnaire, alors qu'elle n'est pas une simple réplique de la bulle Unigenitus (1713). Auctorem fidei dépasse la simple question du jansénisme. Si le contexte de son élaboration conduit les commentateurs à interpréter la bulle à la lumière des démêlés jansénistes, d'autres lectures s'ajoutent à ce débat, notamment en raison de la postérité de ce texte qui constitue un tournant fondamental dans l'élaboration de la théologie intransigeante du premier xixe siècle - théologie intransigeante qui se poursuit notamment par le Syllabus des "erreurs modernes" établi par Pie IX en 1864 et culmine avec la condamnation du modernisme par Pie X à l'aube du xxe siècle. Auctorem fidei remet en cause une périodisation trop clivée entre l'obsession du jansénisme (xviie et xviiie siècle) et la traque du relativisme et du modernisme (xixe et xxe siècle). Replacée dans une histoire longue, cette bulle se révèle historiquement riche, à la croisée de questions doctrinales, juridiques, politiques, ecclésiologiques et historiographiques. Jean-Baptiste Amadieu, chargé de recherches au CNRS (République des savoirs), travaille sur les rapports entre la littérature française des xixe et xxe siècles, et la religion et le droit. La majeure partie de ses recherches porte sur les censures ecclésiastiques des textes littéraires. Simon Icard, chargé de recherches au CNRS (laboratoire d'études sur les Monothéismes - Ecole pratique des hautes études, PSL), travaille sur l'histoire de la théologie dans le catholicisme moderne, notamment sur les lectures des Pères de l'Eglise et des médiévaux dans les controverse
Nombre de pages
318
Date de parution
12/11/2020
Poids
406g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782701022932
Titre
Du jansénisme au modernisme
Auteur
Amadieu Jean-Baptiste ; Icard Simon
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
406
Date de parution
20201112
Nombre de pages
318,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
L'Eglise romaine interdisait à ses fidèles de lire les plus grands noms de la littérature française du XIXe siècle : les oeuvres de Lamartine, Hugo, Balzac, Sand, Dumas pater et filius. Sue, Flaubert, Stendhal, Feydeau, Champfleury et Zola furent strictement prohibées en leur temps. La fameuse liste de l'Index Librorum prohibitorum se contentait de mentionner le ou les titres censurés sans préciser les motifs de condamnation. Le secret du Saint-Office occulterait encore les débats et les procès, si Rome n'avait pas ouvert les archives historiques de la Congrégation de l'Index en 1998. Le présent ouvrage édite et traduit cette documentation inédite, dans laquelle les censeurs romains examinaient les fictions d'écrivains à la manière de critiques littéraires, mais d'une espèce bien singulière - l'Index s'inquiétant surtout de l'influence de certains écrits sur l'intelligence. la sensibilité et le comportement d'un public vulnérable.
Du concile de Trente à Vatican II, l'Eglise romaine interdit à ses fidèles la lecture d'ouvrages par leur inscription dans la liste des livres prohibés, l'Index librorum prohibitorum. Au XIXe siècle, tout ou partie des oeuvres romanesques de Balzac, George Sand, Victor Hugo, Eugène Sue, Dumas père et fils, Flaubert, Stendhal et Zola subirent une mise à l'Index. Les décrets ne mentionnaient pourtant pas pour quel motif ni dans quelle circonstance la Congrégation de l'Index avait frappé d'interdit Le Lys dans la vallée, Notre- Dame de Paris, Les Misérables, Madame Bovary ou Le Rouge et le Noir. Il serait encore impossible de reconstituer les procès et de connaître la teneur des débats, si le Saint-Siège, au nom de la "repentance" voulue par Jean-Paul II, n'avait pas ouvert les archives historiques de la Congrégation à la recherche savante. Après un bref rappel historique sur la législation canonique en matière de livres depuis l'invention de l'imprimerie, Jean-Baptiste Amadieu expose le déroulement des procès intentés aux oeuvres de fiction pour le XIXe siècle français à la lumière des archives de l'Index : la dénonciation de l'oeuvre, son examen détaillé par un rapporteur, la congrégation préparatoire des consulteurs, la congrégation générale des cardinaux, la promulgation du décret par le pape. Quel fut cependant le degré exact d'observance des interdits romains en un siècle où la discipline ecclésiastique hésitait entre un "gallicanisme" ecclésiologique en plein reflux et la docilité croissante à l'égard des décisions de Curie ...
Amadieu Jean-Baptiste ; Darmon Jean-Charles ; Desa
De la Renaissance à nos jours, critiques et censeurs ont jugé certains textes littéraires comme immoraux. Les études ici réunies explorent ces jugements à la fois divers par leur contexte d'origine et homogènes dans leur interrogation sur les rapports entre les lettres et les moeurs. Sur une question aussi controversée, une enquête sur une longue période offre un recul profitable pour aborder le rôle mystérieux qu'exercent les oeuvres sur les croyances et les conduites. Une telle question ne saurait se limiter à une démarche littéraire, puisqu'elle s'arrime à des débats intellectuels sur le bien-fondé de la morale, sur la part d'autonomie de l'art, sur la psychologie du public, sur la légitimité des tribunaux à prononcer des sentences sur les oeuvres de l'esprit, sur la neutralité de l'autorité politique à l'égard des convictions éthiques - autant de questions toujours discutées.
Biographie de l'auteur Antoine Compagnon né en 1950, est titulaire de la chaire de littérature française moderne et contemporaine au Collège de France. Il a publié, entre autres, La Seconde Main (1979), La Troisième République des Lettres (1983), Proust entre deux siècles (1989), Le Démon de la théorie (1998), Les Antimodernes (2005), La Classe de rhéto (2013). Jean-Baptiste Amadieu né en 1977, est agrégé de lettres, docteur en littérature française. et chercheur au CNRS.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.