Avant la première guerre mondiale, époque des unionistes au pouvoir en Turquie, un garçon de seize ans fait preuve d'un courage incroyable en tuant publiquement l'assassin de son frère aîné. Il est immédiatement emprisonné, condamné à perpétuité car trop jeune pour être exécuté. Enfermé dans un lieu sordide ce gosse que la mort n'inquiète pas, impose d'emblée le respect, et son regard effraie ceux qui le croisent. Dans sa prison il se met à jouer aux dés. Un an après son incarcération le gamin est exfiltré vers l'Égypte par les soutiens politiques de son clan. Là commence son apprentissage aux choses de la vie. L'amour, l'argent, le pouvoir, les attentats politiques.4e de couverture : Avant la première guerre mondiale, époque des unionistes au pouvoir en Turquie, un garçon de seize ans fait preuve d'un courage incroyable en tuant publiquement l'assassin de son frère aîné. Il est immédiatement emprisonné, condamné à perpétuité car trop jeune pour être exécuté. Enfermé dans un lieu sordide ce gosse que la mort n'inquiète pas, impose d'emblée le respect, et son regard effraie ceux qui le croisent. Dans sa prison il se met à jouer aux dés. Un an après son incarcération le gamin est exfiltré vers l'Égypte par les soutiens politiques de son clan. Là commence son apprentissage aux choses de la vie. L'amour, l'argent, le pouvoir, les attentats politiques.Notes Biographiques : Ahmet Altan, né en 1950 à Ankara, est un des journalistes et romanciers les plus renommés de Turquie. Il est le fils de Çetin Altan, journaliste et homme politique, condamné à près de deux mille ans de prison pour ses articles contre l'autoritarisme du pouvoir militaire. Dès 1974, Ahmet Altan se lance dans le journalisme, lui aussi, et s'engage en faveur de la démocratie. Très vite, il commence à être connu dans son pays pour sa contestation du régime en place. Il publie en 1982 son premier roman qui rencontre un grand succès. Son deuxième roman est sanctionné pour atteinte aux bonnes moeurs et fait l'objet d'un autodafé. Ahmet Altan devient un journaliste de plus en plus influent, tant à la télévision que dans la presse écrite. En 1995, il est condamné à vingt mois de prison avec sursis à la suite de la publication d'un article satirique. Il est également accusé de soutenir le projet d'un Kurdistan indépendant. Son quatrième roman, «Contes dangereux» publié en 1996, est un véritable phénomène de librairie, il y aborde les assassinats sans suite judiciaire. Avec Orhan Pamuk et Yachar Kemal, il rédige, en 1999, une déclaration pour les droits de l'homme (et des droits culturels des Kurdes) et de la démocratie en Turquie, qui est signée par Elie Wiesel, Günther Grass, Umberto Eco... "Oh, Mon Frère", un article qu'il dédie aux victimes du Génocide arménien le fait inculper, en 2008, d'insulte à la Nation turque. Il reçoit trois ans plus tard le prix Hrant Dink de la Paix (Hrant Dink est un journaliste arménien assassiné par un nationaliste turc). Entre 2007 et 2012, il dirige le quotidien «Taraf» qui joue un rôle central dans la presse d'opposition.En 2016 commence son effroyable parcours judiciaire. Il est arrêté en septembre, accusé d'avoir participé à la tentative de putsch du 15 juillet. Deux ans plus tard, il est condamné à la perpétuité aggravée. Puis, en mai 2019, sa condamnation est confirmée en appel par la Cour Constitutionnelle tandis qu'en juin la Cour Suprême casse la condamnation tout en rejetant sa demande de remise en liberté. Cette année-là paraît en France, «Je ne reverrai plus le monde», un récit de son emprisonnement qui reçoit le prix André Malraux. Le 4 novembre, la Haute Cour Pénale d'Istanbul le condamne à dix ans de prison mais ordonne sa remise en liberté sous contrôle judiciaire compte tenu des années qu'il a déjà passées en prison. Ahmet Altan est libéré. Le 12 novembre, l'écrivain est de nouveau arrêté sur décision de justice. C'est le 14 avril 2021 qu'Ahmet Altan est remis en liberté. La vieille, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné la Turquie pour la détention de cet intellectuel depuis plus de quatre ans.En septembre 2021 paraît en France son roman «Madame Hayat» qui est couronné par le prix Femina étranger et rencontre un magnifique succès dans la presse et en librairie.Jusqu'à ce jour, Ahmet Altan vit en résidence surveillée dans son appartement d'Istanbul, sans autorisation de quitter le territoire turc.
Une histoire d'amour magnifique, celle d'un jeune homme pour une femme d'âge mûr qui éclaire et modifie son regard sur le sens de la vie. Un livre où la littérature, premier amour de ce garçon, devient vitale. Car dans une ville où règne l'effroi, seul l'imaginaire sauve de l'enfermement...4e de couverture : Faz?l, le jeune narrateur de ce livre, part faire des études de lettres loin de chez lui. Devenu boursier après le décès de son père, il loue une chambre dans une modeste pension, un lieu fané où se côtoient des êtres inoubliables à la gravité poétique, qui tentent de passer entre les mailles du filet d'une ville habitée de présences menaçantes.Au quotidien, Faz?l gagne sa vie en tant que figurant dans une émission de télévision, et c'est en ces lieux de fictions qu'il remarque une femme voluptueuse, vif-argent, qui pourrait être sa mère. Parenthèse exaltante, Faz?l tombe éperdument amoureux de cette Madame Hayat qui l'entraîne comme au-delà de lui-même. Quelques jours plus tard, il fait la connaissance de la jeune S?la. Double bonheur, double initiation, double regard sur la magie d'une vie.L'analyse tout en finesse du sentiment amoureux trouve en ce livre de singuliers échos. Le personnage de Madame Hayat, solaire, et celui de Faz?l, plus littéraire, plus engagé, convoquent les subtiles métaphores d'une aspiration à la liberté absolue dans un pays qui se referme autour d'eux sans jamais les atteindre.Pour celui qui se souvient que ce livre a été écrit en prison, l'émotion est profonde.Prix Femina Étranger 2021Notes Biographiques : Ahmet Altan, né en 1950, est un des journalistes les plus renommés de Turquie. Son oeuvre de romancier, qui a par ailleurs connu un grand succès, est traduite en plusieurs langues. Après Comme une blessure de sabre (Actes Sud, 2000) et L'Amour au temps des révoltes (Actes Sud, 2008), ses textes de prison intitulés Je ne reverrai plus le monde ont paru en 2019. Ce livre a été couronné par le prix André Malraux 2019.Accusé pour implication présumée dans le putsch manqué du 15 juillet 2016, Ahmet Altan a été emprisonné plus de quatre ans à Istanbul avant d'être libéré (avril 2021) sur ordre de la Cour de cassation de Turquie.
Une histoire d'amour magnifique, celle d'un jeune homme pour une femme d'âge mûr qui éclaire et modifie son regard sur le sens de la vie. Un livre où la littérature, premier engagement de ce garçon, devient vitale. Car dans une ville où règne l'effroi, seul l'imaginaire sauve de l'enfermement... Une quête de liberté absolue qui a reçu le prix Femina étranger 2021.
Fin du XIXe siècle sur l'Empire ottoman. Dans toute sa splendeur, Istanbul vibre au rythme de la civilisation musulmane. Mais, sur les rives du Bosphore, la liberté individuelle est étroitement surveillée par un système d'espionnage généralisé, personne n'est jamais à l'abri, et les condamnations à l'exil vont bon train. C'est à cette époque que Hikmète Bey rentre de Paris où il a fait ses études. Ce jeune homme, qui n'est autre que le fils du médecin personnel du Sultan, se trouve pourtant confronté à l'incroyable machination du pouvoir. Nostalgique de la richesse culturelle parisienne, Hikmète va très vite devoir se marier. Il aura la chance de croiser la superbe Mehparé Hanim, le privilège de la choisir pour épouse, et de vivre avec elle un amour sans tabous. Istanbul devient le temple du désir et l'incomparable sensualité de cette ville s'offre alors - en secret - aux jeunes amoureux affamés de plaisirs. Mais le monde est en mouvement, le peuple rêve d'ouverture, de progrès. A Istanbul le Sultan perd son aura, l'armée organise la rébellion, les Balkans s'enflamment aux portes de l'Empire, et Hikmète Bey s'engage dans une formidable utopie historique au risque de perdre l'amour de sa vie. Un grand roman, flamboyant, ample et capiteux, un roman à la mesure des bouleversements de l'époque, de la modernité de l'Occident et des rêves de l'Orient. Ahmet Altan rend un hommage généreux mais sans complaisance à son pays en soulignant les plus belles espérances du XXe siècle et ses plus terribles désillusions.
Ahmet Altan est romancier, essayiste et journaliste, il était aussi rédacteur en chef du quotidien Taraf jusqu au 15 juillet 2016. A cette date, la Turquie s'enflamme, des milliers de personnes descendent dans la rue à Istanbul et à Ankara suite à une tentative de putsch. Le lendemain commence une vague d'arrestations parmi les fonctionnaires, les enseignants, l'armée et les journalistes. Ahmet Altan fait partie de ceux-là, il sera condamné à perpétuité, accusé d'avoir appelé au renversement du gouvernement de l'AKP. Ahmet Altan a 69 ans. Ces textes sont écrits du fond de sa geôle. Poignants, remarquablement maîtrisés, ces allers-retours entre réflexions, méditations et sensations expriment le quotidien du prisonnier mais ils disent aussi combien l'écriture est pour lui salvatrice. Tel un credo il s'en remet à son imagination, à la force des mots qui seule lui permet de survivre et de franchir les murs. Un livre de résilience exemplaire.
C'est à 51 ans que Dvorák débarque sur le sol américain. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine, mais sa «Symphonie n° 9 »en cristallise l'esprit et s'impose vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique et passionnée de cette partition en forme de voyage musical à la découverte d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare «Sérénade en ré mineur» complète l'enregistrement.
Menteuse invétérée, voleuse pathologique, arnaqueuse de génie : Marsha Sprinkle ne compte plus ses ennemis. Certains sont bien déterminés à lui faire ravaler ses bobards une bonne fois pour toutes. À commencer par sa mère et sa fille, son ex-complice lubrique Daryl et une sautillante bande d'hurluberlus, fétichistes du trampoline, tous lancés à ses trousses. Mais Marsha est intelligente, incroyablement fourbe, et celui qui l'attrapera n'est pas encore né. À priori... Sexe, crime et règlement de comptes familial : tels sont les ingrédients de cette course-poursuite rocambolesque et décadente tout droit sortie de l'esprit brillamment tordu de John Waters. Le cinéaste légendaire signe un premier roman à son image : hilarant, outrancier, déjanté et délicieusement pervers.
Au milieu de la forêt se cache un dôme mystérieux. Couverte d'aiguilles et de sable, c'est la maison de milliers de fourmis. Tant de choses se passent là-dedans ! Où vont les fourmis ? Peux-tu suivre leur chemin ...
George Sand découvre Tamaris, petite bourgade provençale de la commune de La Seyne-sur-Mer, et s'enthousiasme pour le caractère sauvage et rustique du paysage. Michel Pacha (1819-1907), après avoir été directeur des phares et balises de l'Empire ottoman, constructeur des quais et docks de Constantinople, transforme le lieu en ville de saison. Il achète les terrains, comble les marécages, édifie son château entouré d'un somptueux jardin. Il bâtit un décor qui suggère le voyage : palais italiens, chalets suisses, maisons orientales ; en front de mer, il plante le Grand Hôtel et le casino et, presque sur l'eau, l'Institut de biologie marine. Il aménage les accès terrestres et maritimes et exploite toutes les ressources du territoire. Dans son principe d'élaboration d'un paysage urbain harmonieux, Tamaris associe le jardin et la ville et annonce l'optique des cités idéales du XXe siècle. Au carrefour de l'orient et de l'Occident est née une architecture de la Méditerranée.
Faysal, Palestinien trentenaire, reçoit un mystérieux faire-part de décès. Mais qui est donc cette tante Rita ? Intrigué, il abandonne son amant et sa vie en Europe pour retourner à Jabalayn, son village natal. Dans le palais déserté de son enfance, il erre. Le passé resurgit, fastueux et lourd de secrets. Alors que plane la menace d'une annexion imminente, qu'une famille et un pays sont au crépuscule, l'esprit de Faysal bascule. Karim Kattan nous donne à lire un premier roman troublant, à la fois tendre et violent, qui explore les contradictions de l'engagement politique et de la mémoire. A l'ombre des amandiers en fleurs, se dévoile une Palestine devenue lieu de l'imaginaire, intime et insoumise.
Abordé par un homme étrange, Rabee Jaber écoute son histoire. C'était à Beyrouth, après la guerre civile. Boutros était vigile dans un cinéma abandonné. Il aperçoit une silhouette, tente de la poursuivre, fait une chute violente au fond d'un trou. Puis il perd conscience. Revenu à lui après un long temps, recueilli dans une maison souterraine creusée dans la pierre, il comprend peu à peu qu'il existe une antique ville souterraine, jadis engloutie par un tremblement de terre, mais toujours habitée. Parmi ses rencontres, Yasmina, la silhouette du cinéma, avec qui se noue un amour secret. Si Boutros apprend à découvrir ce reflet trouble de la Beyrouth d'en haut, la mémoire de sa vie d'avant, marquée par la violence d'un conflit absurde, ne le quitte jamais. Après des mois sous terre, il remonte à la surface. Bouleversé par ce monde enfoui et fragile, il rompt sa promesse de ne rien révéler à ceux d'en haut. Berytus, une ville sous terre est un livre profondément original. Quelle est la nature de cette ville lentement découverte? Miroir fantasmé de la ville, ou hommage aux mondes perdus de Jules Verne ou Lewis Carroll? Et sans cesse se pose la question du retour à la vie réelle. Le roman de Rabee Jaber hante longtemps le lecteur, telle une fable à la beauté insaisissable. Biographie de l'auteur Rabee Jaber est né en 1972 à Beyrouth. Il est rédacteur en chef du supplément culturel du journal Al-Hayat et a publié quinze romans depuis 1992. La publication de Berytus, une ville sous terre constitue la première traduction en français de son oeuvre.
À la fin du XIXe siècle, alors que l'Égypte de l'Empire Ottoman est sous dominationbritannique, un officier cairote nommé Mahmoud est envoyé à Siwa comme gouverneur pour y collecter les impôts. Son prédécesseur n'a pas survécu à la mission, les habitants de l'oasis affichant une violente défiance face au pouvoir en place. Mais Mahmoud n'a pas le choix: sans relations haut placées, impossible d'échapper à cette affectation dangereuse qui n'enchante finalement qu'une seule personne, Catherine, son épouse irlandaise. Passionnée d'archéologie, elle est fascinée par Alexandre le Grand dont elle veut retrouver la trace. Or, si sa théorie est exacte, c'est à Siwa qu'il a désiré se faire enterrer. Face à eux, une population scindée en deux communautés belliqueuses, les Gharbiyin et les Charqiyin, les accueille avec une froideur inquiétante. Si le cheikh Yahya tente de faire rayonner sa sagesse et ainsi éviter un nouveau conflit, le poids de la tradition peut en un instant faire exploser l'inhibition artificielle qui régit l'oasis. C'est alors qu'arrive Fiona, la soeur de Catherine, tombée gravement malade. À mesure que sasanté se dégrade, Mahmoud est pris d'un amour grandissant pour cette femme qui s'éteint sous ses yeux impuissants. Il n'arrivera pas à supporter indéfiniment l'obsession de son épouse pour Alexandre alors que Fiona s'apprête à mourir dans cette région hors du temps? C'est une société vacillante que décrit avec intensité Bahaa Taher. Un complexe jeu de forces structure ce roman qui agence avec rugosité la tradition et la passion, l'histoire et le politique. Dans sa légèreté, l'écriture parvient à rendre possible la fuite vers les inconsistants mirages que renferme cette oasis tragique.
En 1913, la jeune couturière Marta Haddad quitte Beyrouth pour rejoindre son mari Khalil, parti travailler aux États-Unis peu de temps après leur mariage. La traversée est une épreuve, tout comme le séjour en quarantaine à Ellis Island, mais Marta a confiance en l'avenir et en cette terre d'accueil. Le choc est pourtant immense quand elle découvre que son mari vit avec une Américaine en Louisiane et qu'il ne l'attend déjà plus? Marta se ressaisit, devient d'abord vendeuse itinérante avant d'ouvrir un magasin à Philadelphie. Khalil perd la vie au milieu des troupes américaines pendant la Première Guerre mondiale, elle peut donc se remarier et épouse Ali Jaber, lui aussi d'origine syrienne. Mais la crise de 1929 frappe de plein fouet, et pour échapper à la misère Marta n'a d'autre choix que de s'installer sur des terres agricoles achetées avant la crise en Californie, avec Ali et leurs quatre enfants. Un nouveau départ - un de plus, dans la vie de Marta, héroïne attachante de cette vaste fresque de l'immigration que constitue Amerika.