En attente" , "Oui" , "Oui si" , "Non admis" . Depuis 2018, les décisions produites par les plateformes d'accès à l'enseignement supérieur, Parcoursup puis Monmaster, génèrent anxiété et incertitude chez les élèves et leur famille, supplantant la crainte de ne pas obtenir le baccalauréat. L'émotion est telle que certains vont jusqu'à contester le verdict scolaire qui leur est opposé. Mais qu'expriment ses plaintes ? A partir d'une enquête entre sciences sociales et droit sur l'inscription en première année de licence, en master ou au concours de médecine, cet ouvrage s'intéresse aux effets des nouveaux modes de sélection sur les candidats, leurs proches mais aussi sur les institutions du supérieur elles-mêmes. La démarche des "usagers contestataires" , souvent issus de la classe moyenne, auprès des universités, des avocats et des juges révèlent les attentes et les aspirations des familles, la place que celles-ci accordent à l'enseignement supérieur dans leur construction sociale et l'importance qu'elles donnent à la notion de mérite.
Nombre de pages
280
Date de parution
05/04/2024
Poids
340g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782724642650
Titre
Contester Parcoursup. Sociologie d'une plainte
Auteur
Allouch Annabelle ; Espagno-Abadie Delphine
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
137
Poids
340
Date de parution
20240405
Nombre de pages
280,00 €
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Que ce soit à Polytechnique ou dans l'émission " Top Chef ", le concours s'est imposé comme la principale mesure du mérite individuel. Avec ses méthodes : épreuves, jury, hiérarchie. Et avec ses corollaires : compétition, stress, inégalités en tous genres. De l'ENA à Oxford en passant par le Gao Kao chinois, ce mode de classement ne cesse de favoriser la reproduction sociale. Pourtant, il s'est diffusé à de nouveaux espaces, bien au-delà des grandes écoles. Pour répondre aux critiques qu'on leur adresse depuis un demi-siècle, les institutions d'élite ont reformulé leurs modes de sélection, mais sans toujours en modifier la nature. Ainsi se perpétue la société du concours, avec sa frénésie de sélection et sa mise en concurrence généralisée. Nous en sommes à la fois les produits et les victimes
Alors que les inégalités sociales (notamment face à l'école) ont été aggravées ces vingt dernières années par les crises économiques, pourquoi continue-t-on de croire au mérite ? " Yes, we can ! ", " Qui veut, peut ", " premiers de cordées "... Défendu autant par les partis progressistes que conservateurs, peu de notions font l'objet d'un consensus politique aussi complet que le mérite. Il est ainsi investi comme un principe " juste " de distribution des ressources rares. De la même façon, l'école s'est imposée dans de nombreuses sociétés comme l'espace de construction de l'émancipation des individus par le mérite par excellence. Pourtant qui définit le mérite aujourd'hui, et surtout comment le définit-on ? Cet essai incarné et sensible vise, à partir de l'apport d'études récentes en sciences sociales, à réhabiliter les luttes (ordinaires ou politiques) qui structurent les usages de la rhétorique méritocratique comme principe de justice. Car loin d'être univoque, le mérite fait l'objet d'une reconfiguration perpétuelle, autant dans l'espace public, que dans nos relations ordinaires aux institutions. De la même manière, à rebours d'une lecture qui ferait du mérite un principe abstrait de la justice sociale hérité de la Révolution française, la sociologue Annabelle Allouch propose de comprendre le mérite comme une morale sensible de la reconnaissance qui structure notre quotidien, ce qui permet de comprendre notre attachement à cette notion, malgré les critiques dont elle fait l'objet. Pour ce faire, elle mobilise avec talent un ensemble de saynètes tirées de l'actualité ou bien ses propres enquêtes autour de la sociologie du concours et des effets de la discrimination positive dans l'accès à l'enseignement supérieur.
Comment les dispositifs d'ouverture sociale ont-ils transformé les Grandes écoles ? Les grandes écoles et leurs pratiques de sélection font l'objet d'un intérêt croissant de la part des médias et des citoyens : ces institutions sont régulièrement critiquées pour leur fermeture sociale, en même temps qu'elles fournissent à leurs élèves, transformés en « élus », un accès à des positions privilégiées. Dans ce contexte, les politiques d'ouverture sociale lancées à partir des années 2000 visent à assurer l'accueil de tous les milieux sociaux et ainsi réparer l'idée même de méritocratie scolaire. Cette enquête au long cours menée dans trois institutions prestigieuses en France et au Royaume-Uni (Sciences-Po, l'Essec et l'université d'Oxford) offre une plongée au c'ur de ces nouveaux dispositifs d'égalité des chances. Quels sont leurs effets réels sur ces établissements ? Comment les grandes écoles parviennent-elles à assurer leur rôle de sélection des élites, à l'heure où la diversité est promue au rang de valeur ? Ces programmes incarnent une nouvelle morale des concours, marquée à la fois par la mise en marché de l'éducation et l'individualisation du parcours des élèves. Leur objectif est moins d'élargir la porte que le vivier des candidats qui s'y présentent. Si les institutions d'élite renouvellent de ce fait leur propre légitimité à exercer une forme de « magie scolaire », la question des inégalités sociales demeure.
Cette synthèse sur la théorie des relations internationales les situe dans leur environnement intellectuel et historique. Elle passe en revue les modèles de référence généraux ainsi que les divers concepts de cette science politique, avant de détailler les débats sectoriels de la discipline. Cette édition intègre notamment les derniers développements sur le marxisme et l'intégration européenne.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.