Ce livre propose une étude panoramique des grandes questions relatives aux dénominations de l'humain et des enjeux qui leur sont associés. Au prisme des contextes sociopolitiques actuels, les thématiques abordent la diversité de la dénomination dans le domaine des migrations, des minorités, du sectarisme, du genre, de l'égalité etc. Le volume est organisé en trois parties, considérant les enjeux de la dénomination de l'humain comme étant d'abord un acte de démarcation par rappport à ce qui apparait comme antagoniste (par exemple, le règne animal) ou semblable (d'autres humaines, l'Autre), puis un acte de catégorisation des individus en société, et enfin un acte de représentation de l'humain dans ses différents rôles, titres et fonctions.
Angelina Aleksandrova propose une caractérisation linguistique fine des noms qui dénotent l'être humain dans les différentes phases de la vie (bébé, enfant, etc) et questionne, chemin faisant, la façon dont le langage conceptualise les facettes constituant notre identité (âge, sexe, profession). Morphologiquement simples et d'un sémantisme transparent, les noms d'âge (NA) ne posent pas, a priori, de difficultés pour l'analyse linguistique. Cependant, les outils et les modèles existants en sémantique lexicale se heurtent à un paradoxe : les NA expriment des propriétés vues en langue comme étant à la fois immuables et intrinsèquement transitoires pour un être humain. Pour rendre compte de ce fonctionnement hybride, ce volume privilégie les analyses sur données empiriques et articule deux notions apparemment inconciliables : la notion de prédicat sortal, empruntée aux philosophes et la notion de phase, qu'on associe d'emblée au domaine verbal.