Alechinsky Pierre ; Charron Frédéric ; Cotensin Pa
CEULEERS
22,90 €
Épuisé
EAN :9789057790362
Shortly after Magritte's death, I wanted to return to Georgette, the widow, a painting from the pink and sugary provocative period, a version of Le Viol which had still been lying about incognito in Brussels since the proclaimed end of Cobra, the unravelled end of a communal house where we lived in Brussels, Les Ateliers du Marais, and my departure for Paris. Along with the painting I included a letter of explanation. Magritte had forgotten it after an exhibition in the premises of Le Drapeau rouge, in the rue de la Caserne, where in 1947 I'd also participated, as had many "intellectuals and sympathizers" of the time. Three years later, as I was passing in the neighbourhood together with Christian Dotremont, I rang at the door of the comrade in charge to perhaps recuperate, one never knows, an abandoned dispatch of my own: a seascape I made in my twenties representing a Douarnenez tuna boat. In the meanwhile Tito had broken with Stalin, to put this time into context. We had, as far as we were concerned, engaged in an open struggle against the directives of "socialist realism" from Jdanov and Aragon and the like; and in 1950 this would lead to a parting of the ways. I was looking for my tuna boat among other unclaimed works, heaped together against a wall, and I hear Dotremont burst out laughing: "Magritte's Viol! If you like, I can return it to him, he's a friend of mine." The fellow in charge said why not, and then added: "Instead of doing your 'Picassos' you should paint, I don't know... maybe a gleaner, something with some social interest." So, each with a painting under the arm, we returned to our base at the Ateliers du Marais. A little while later Dotremont vent off to Copenhagen, leaving Le Viol, in turn, behind him. And as for me, hurrying to get ready to soon leave for Paris, I dropped off my excess baggage for storage in my parents' attic - Le Viol included. One day, ah yes, it would be returned to its author... the painting happily exiting from our memories. Magritte's death in 1967 would act as a wake-up call, When Georgette received the parcel along with my letter of apology, she made such a thorough show of her gratitude that I received a post-card from Louis Scutenaire: "If you come across another Magritte, don't return it to the widow." From Dotremont's direction, I believe I heard a sigh of relief. To put an end to these tribulations, Le Viol made its way to Paris - as a gift from Georgette - to the Musée National d'art moderne. The rest of the story comes with a bizarre twist of "objective" chance. We are in 1980. One fine day I arrive at a printer's near the Place d'Alésia to work on a commissioned lithograph - a black two-heaped snake to mark the one hundred-fiftieth anniversary of Belgium's independence. While awaiting my arrival, the press-operator had already run some proofs for me and, to not waste blank sheets, he followed the usual practice of printing over leftover sheets run from the previous job. A print, chosen by... Georgette, which was to constitute part of an album of reproductions of works by the late René Magritte. The result? - Le Viol on twenty-five proof sheets laid-clown in a sanguine red, only waiting to receive a finishing touch from my hand. Later still, my letter - which allowed the heiress to justify the reappearance and the authenticity of her painting - was bought by Daniel Abadie for the archives of the Musée national d'art moderne, at an auction in London where various and sundry items from Magritte's atelier came under the hammer. It is said that on the day before she lied Georgette declared: I'll write out my will when I'm feeling better." (Pierre Alechinsky)
Nombre de pages
44
Date de parution
10/04/2003
Poids
410g
Largeur
217mm
Plus d'informations
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EAN
9789057790362
Titre
Pierre Alechinsky. The complete books
Auteur
Alechinsky Pierre ; Charron Frédéric ; Cotensin Pa
Editeur
CEULEERS
Largeur
217
Poids
410
Date de parution
20030410
Nombre de pages
44,00 €
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En territoire pictural nos yeux se délectent des mouvements d'hésitation ou de décision de la main. Quand on délègue aux mots ce qui ne sort pas forcément d'une boîte de couleurs, les relire imprimés (le livre montre le net et le net m'inquiète) donne des envies de retouches. Vieilles habitudes du peintre qui travaille uniquement sur manuscrit : le tableau même. Mettons qu'une raison de nature me fait revenir sur mes pas typographiques ; encore que, dans la foulée, mon crayon fonce ici vers de nouvelles pages". Pierre Alechinsky nous a livré, dans trois ouvrages publiés dans les années 1990 (Lettre suit, 1992 ; Baluchon et ricochets, 1994 ; Remarques marginales, 1997) des souvenirs, des impressions et plein d'anecdotes. Les artistes qu'il a connus tout au long de sa Iongue carrière artistique, les personnages les plus disparates, les situations les plus cocasses et inattendues prennent forme sous la plume de cet artiste franco-belge qui se révèle aussi créatif en littérature qu'en peinture. Ambidextre est né de la réunion de ces trois volumes parus chez Gallimard et quelques ajouts. Il est enrichi d'une iconographie originale sélectionnée par l'artiste pour cet ouvrage, sorte de cabinet de curiosités artistiques.
Le Jardin fragile est un jardin enchanté. De l'enchantement, il possède les sortilèges : il s'offre et se dérobe à la fois. Dans la pure tradition des contes merveilleux, il s'ouvre à une quête dont l'inscription de Jean Tardieu donne le sens mais non le fin mot. Si le regard reste captif des couleurs, les images multipliées à dessein par Pierre Alechinsky défient malicieusement la mémoire. "Tout s'envole sur les ailes du diable, dans une profusion inspirée mais voulue". La situation du Jardin, son exacte topographie vacillent à leur tour. Et si la Petite Rotonde, ce passage entre les deux palais, n'appartenait ni à l'un ni à l'autre ? Il ouvre par quatre portes sur des époques et des lieux différents. [... ] Le Jardin se joue de l'espace et du temps. Il brouille les pistes". Michel Couderc.
Marcher en arrière pour voir plus loin que le bout du pinceau et vite en avant pour ne pas perdre l'idée. Alors, s'asseoir à une table, écrire, me surprend toujours un peu. L'oeil se règle à distance fixe, la table devant moi, le buvard, le cahier où s'alignent les cursives. Ma main droite, celle qui écrit, fait revenir ce que le plaisir de peindre avec ma bonne main, la gauche, ne dit pas. Nous travaillons à un mythe muet, disait Asger Jorn, dont il est question dans ces pages, où passent James Ensor, Bram van Velde, Christian Dotremont et Cobra. Un peu de géographie aussi, des déplacements, les titres de mes tableaux qui vivent le nez contre le mur, divers oublis. Et autres souvenotes". Pierre Alechinsky.
Résumé : Que devient Cobra ? (Alphonse Allais eût coupé court, s'en serait tiré avec une note en bas de page*.) Dans ce baluchon on tiendra déjà un passe-partout qui fait jouer deux ou trois serrures, et pas toujours en rapport avec Cobra : la pipe de Magritte (qui n'en est pas une) se met à fumer, Miró éternue du bleu, Christian Dotremont ne fait pas que des farces, Jean Tardieu se laisse pousser la barbe et Pollock glisse sur une racine de bambou, tandis qu'Henri Cartier-Bresson, derrière la gare Saint-Lazare...L'auteur, qui ne discerne pas bien la différence entre l'art moderne et l'art contemporain, et qui opterait - quant à lui - pour le temporain, se demande parfois ce qu'il laissera sous le paillasson : plume ou pinceau ?*C'est loin tout ça.