Une romancière néerlandaise, qui partage depuis plu-sieurs années son temps entre son pays et le nôtre, lit un jour, par hasard, Nadja d'André Breton dans l'édition originale de 1928. Le pouvoir de séduction de ce livre est demeuré si envoûtant que la lectrice se prend immédiatement de passion pour l'héroïne et pour l'auteur. Qui était celle que Breton nomme Nadja? A-t-elle vraiment existé? Quels liens affectifs ou intellectuels ont pu l'unir au père du surréalisme? Ces questions, nous nous les sommes tous posées un jour ou l'autre en découvrant le livre; puis nous les avons oubliées. Pas Hester Albach. Douée d'une curiosité insatiable et d'une opiniâtreté redoutable, elle a voulu en avoir le coeur net. Elle s'est lancée dans une enquête, dont cet ouvrage est à la fois le récit et le résultat. Romancière dans l'âme, Hester Albach a tissé dans son récit quelques éléments fictionnels. On chercherait en vain, sans doute, l'appartement parisien où elle nous dit avoir trouvé un exemplaire de Nadja. Comme toutes les grandes passions, celle-ci laisse planer quelque mystère sur ses origines. Mais les informateurs qu'elle a rencontrés sont bien ceux qu'elle décrit. Et les documents l'attestent avec éclat: oui, Nadja a bel et bien existé.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.