Le grand Meaulnes. Suivi de choix de lettres, de documents ; Esquisses du roman
ALAIN-FOURNIER
GALLIMARD
48,00 €
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EAN :9782072713323
4e de couverture : En 1913, Rachilde croyait apercevoir derrière les pages du Grand Meaulnes tout juste paru "une fée qui vous guette" pour vous jeter au visage "le don d'enfance". Bel éloge, quoique non dépourvu d'ambiguïté. Rachilde signalait par là la poétisation du réel qui demeure aujourd'hui encore l'un des charmes les plus actifs du roman. Mais elle ouvrait la porte, pour qui lisait à une moindre profondeur, à un malentendu durable. Peu de romans sont plus célèbres que Le Grand Meaulnes. Peu ont une place comparable dans le paysage littéraire. Sans doute la mort à l'ennemi d'Alain-Fournier, en septembre 1914, n'y est-elle pas pour rien, qui fit de lui un jeune homme irrévocable et de l'ouvrage un livre unique. Mais peu de romans sont aussi souvent lus "en surface", là où les apparences sont trompeuses. Ainsi a-t-on pu prendre pour un texte peu construit et destiné aux adolescents ce qui est en réalité un concerto en trois mouvements et un roman pour adultes "avertis", une sombre et cruelle histoire de déception, de désenchantement (ce désenchantement qui serait bientôt le terrain favori de la modernité littéraire), de dégonflement, dit Philippe Berthier dans sa décapante préface, le "dégonflement, voulu et méchant, d'un très bref et miraculeux mirage". Un mirage en effet. Yvonne de Galais a quelque chose de la Mélisande de Maeterlinck et Debussy : elle n'est "pas d'ici". Et Augustin Meaulnes tombe à Sainte-Agathe comme un aérolithe - premiers mots du livre : "II arriva chez nous" -, chamboule tout, puis disparaît. Il est l'un de ces êtres qui "paraissent autour d'eux créer comme un monde inconnu". Son ami Seurel, le narrateur du roman, ne peut que l'imaginer partant "pour de nouvelles aventures", dont on ne saura rien. Ainsi se termine Le Grand Meaulnes, mystérieusement. Rien de moins simple que la simplicité de ce livre. Il se nourrit de toute une bibliothèque secrète, qui va des récits du Graal à la Sylvie de Nerval et à Pelléas en passant par le roman d'aventures anglo-saxon. Et bien que Fournier se soit efforcé de gazer la violence latente chez Meaulnes (qui fait songer à celle de Golaud) et les pulsions liées à une sexualité intense et compliquée, l'une et les autres affleurent. On touche là un point névralgique du livre ; il suffit pour s'en persuader de consulter le chapitre finalement retranché par l'auteur et qui figure ici parmi les esquisses manuscrites éclairant la genèse de l'ouvrage. Ou encore les lettres et documents rassemblés à la suite du roman. Ils racontent l'histoire d'une passion impossible, celle que Fournier éprouva pour Yvonne de Quiévrecourt, la jeune femme rencontrée en 1905 et à qui le personnage d'Yvonne de Galais doit beaucoup. Mais ils retracent aussi, d'une autre manière que les esquisses, la genèse du livre qui s'écrit de 1904 à 1913. Les deux aventures - un inguérissable rêve amoureux, une expérience d'écriture unique - ont partie liée et s'entrecroisent.
Lorsque Alain-Fournier, âgé de 27 ans, décède au tout début de la Grande Guerre, il vient de faire paraître un premier roman, Le Grand Meaulnes, qui deviendra rapidement une oeuvre culte. Un Domaine mystérieux dissimulé dans les sapins entre rêve et réalité, un bal masqué non moins étrange, un fiancé désespéré, une merveilleuse jeune fille, Yvonne de Galais, dont le Grand Meaulnes, égaré une nuit, tombe éperdument amoureux... Comme dans un roman d'aventures et d'amour, la quête du Domaine commence. Mais les malentendus tragiques se multiplient sous les pas d'Augustin Meaulnes, tandis que son ami François Seurel, le narrateur, tentant de l'aider, nous invite à le suivre sur le "sentier perdu" de l'enfance. Le texte intégral annoté. Une présentation d'Alain-Fournier et de son époque. Un aperçu du genre romanesque et du poème en prose. Des questionnaires de lecture et d'analyse de l'?uvre. Des documents iconographiques exploités. Un groupement de textes: "La femme rêvée".
Il est entré dans sa vie comme s'il y avait sa place depuis toujours et François, le fils de l'instituteur de Sainte-Agathe, se souvient à peine du temps précédant son arrivée. Ce grand garçon aux cheveux coupés ras comme un paysan du Cher, cet Augustin Meaulnes, suscite naturellement l'admiration et tous, à l'école, l'appellent maintenant le grand Meaulnes. Un jour d'hiver, peu avant Noël, Meaulnes disparaît... William Mesguich incarne avec force et émotion le personnage-narrateur de François Seurel. Comme une évidence, sa voix juste et claire, teintée d'une grâce passée, nous emmène sur les traces du grand Meaulnes, à la recherche du domaine perdu, entre souvenir, rêve et réalité, aux frontières du merveilleux. Écoute en classe autorisée par l'éditeur.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Carroll Lewis ; Jaworski Philippe ; Tenniel John ;
Alice a eu trois vies sous la plume de Lewis Carroll. Ses premières aventures sont souterraines, confiées par l'auteur à un manuscrit (enluminé par lui-même) qu'il adressera en cadeau de Noël à l'"enfant-chérie", Alice Liddell, en 1864. Un an plus tard, curieuse et réfléchie, gourmande de gâteaux et de conversations, Alice affirme au grand jour un scepticisme tempéré dans le récit d'un rêve cruel de rencontres merveilleuses où elle ne cesse de changer désespérément de taille. Triomphante, enfin, en 1871, elle traverse un miroir enchanté pour s'assurer sur un échiquier de fantaisie un trône de Reine. John Tenniel a donné aux membres de ces cours loufoques des traits inoubliables. Carroll, de son côté, après s'être amusé avec Alice à écouter des leçons de morale absurdes et des poèmes farfelus, s'est lancé seul, en 1876, à bord d'une nef des fous victorienne où l'on s'exprime en vers rimés, dans une chasse au Snark - créature indéfinissable, fabuleuse et fatale, que l'on poursuit, un dé à coudre au doigt et l'espoir au coeur. Ph. J. Les illustrations des éditions originales sont intégralement reproduites. Le manuscrit calligraphié et illustré par Carroll d'Alice sous terre est proposé en fac-similé et accompagné de sa traduction française. Le dossier iconographique rassemble des images réinventant, édition après édition, les scènes et personnages des aventures d'Alice.