Agee James ; Evans Walker ; Borraz Hélène ; Haslet
BOURGOIS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782267026917
Extrait La charge d'un poète par Adam Haslett Comment prêter attention à la souffrance et à l'injustice ? Il y en a tant. Pour peu que nous déambulions dans le monde les oreilles et les yeux ouverts, nous voyons bien qu'elles sont omniprésentes. Le problème semble insoluble. Nous avons besoin de filtres pour éviter de nous laisser submerger, de catégories pour distancer notre expérience de la douleur d'autrui en une abstraction supportable. Une fois adultes - pour peu que nous le devenions -, cette adaptation se sera faite quasi imperceptiblement. Il y a la souffrance inéluctable d'amis et de membres de notre famille. Il y a les problèmes des personnes qui font partie de notre environnement immédiat, physique ou virtuel, dont nous sommes conscients et dont nous parlons. Et puis il y a la douleur des autres, de ces lointains inconnus qui vivent là où nous ne sommes jamais allés et dont nous ne découvrons les souffrances que par l'intermédiaire des médias, lorsqu'ils en parlent. Purs fléaux qui nous affectent sans que nous sachions véritablement comment, et que nous choisissons généralement d'ignorer ou de traiter comme de simples «questions», entités plus faciles à appréhender. Cependant, certains visionnaires sociaux et artistes mélancoliques, dont James Agee faisait partie, échouent magnifiquement à faire cette adaptation. Leurs oeuvres, à la manière d'un Jésus-Christ passé au tamis de Marx, affirment qu'il est scandaleux d'établir une distinction entre la souffrance d'un proche et celle d'un inconnu. Ils rapportent ou représentent avec une empathie acharnée les épreuves des pauvres et des déshérités, produisant une sorte d'anthropologie moralement indignée, une ethnographie délivrée du haut de la chaire. On pourrait décrire de cette manière le texte de James Agee, Une saison de coton, qui rend compte des conditions de travail des fermiers blancs et pauvres dans le Sud profond des États-Unis. Le magazine Fortune passa commande de ce reportage au cours de l'été 1936, envoya Agee et le photographe Walker Evans en Alabama pour le réaliser, et refusa finalement de le publier. Aucun document ne nous permet d'établir avec certitude la raison de ce refus. On peut cependant se demander comment un quelconque laquais de l'empire de presse de Henry Luce qui, outre Fortune, comprenait Time et Life, aurait pu songer un seul instant à publier un tel texte. Agee, né à Knoxville en 1909, rejoignit Fortune en tant que rédacteur en 1932 à sa sortie de Harvard, où il s'était plu à parodier, dans le Harvard Lampoon, le genre de journalisme superficiel et étouffant que prônait Luce, tout en raillant le «foireux martelage prétentieux de Harvard». C'est fort de sa réputation de poète qu'il fit ses premiers pas dans les bureaux du cinquante et unième étage du Chrysler Building. (Permit Me Voyage, son premier livre, remporta un prix de Yale récompensant les jeunes poètes en 1934.) Luce pensait que les poètes et les écrivains pouvaient apprendre à traiter du monde des affaires, et il remplit donc les pages de Fortune d'une juxtaposition quasi cinématographique de mots et d'images. C'est ainsi que le directeur de la rédaction du magazine, Ralph Ingersoll, commanda à Agee de longs articles fouillés sur les centres d'intérêt culturels des grands patrons dans le contexte de la Dépression qui sévissait alors.
Largement autobiographique, James Agee a perdu son père à l'âge de six ans, ce texte saisissant raconte la douleur et les sentiments confus des membres d'une famille à la mort tragique de l'un d'entre eux dans un accident de voiture. Le livre est divisé en trois parties. La première nous présente la famille : Jay le père, Mary la mère, Rufus (James Agee), Catherine la petite soeur, les grands-parents, des oncles, des tantes... Tous vivent ensemble et en harmonie. La deuxième partie est conçue comme un huis-clos. Mary et sa tante Hannah, dans l'angoisse de l'attente, s'interrogent sur le fait de savoir si Jay est mort ou non. Lorsque la funeste nouvelle est confirmée, les parents d'Hannah et son frère Andrew se joignent à elles. La première soirée de deuil, où les pleurs se mêlent aux fous rires, est d'un réalisme incroyable. La troisième partie commence le lendemain du décès et s'intéresse plus particulièrement aux enfants, Rufus et Catherine, la façon dont ils vivent cette perte, dans leurs moindres gestes. Une mort dans la famille constitue un face-à-face soudain et inattendu avec la mort qui dévoile chacun aux autres et provoque la confrontation de réactions opposées, entre croyants fatalistes noyant leur peine dans la confiance en la décision divine et agnostiques révoltés en lutte contre l'absurdité et l'incohérence du sort.
Richard, douze ans, élève d'un pensionnat religieux, assiste à la veillée de la nuit du jeudi saint dans la chapelle de son collège. Il s'efforce de se concentrer sur le drame de la Passion, l'agonie et la mort du Christ ; mais il est sans cesse distrait par les allées et venues, les chuchotements, le renouvellement des cierges... Il est aussi bien trop lucide pour ne pas s'avouer qu'il joue la comédie de la dévotion et de la douleur. L'écoeurement et la peur l'envahissent. Avec deux camarades, il s'enfuit alors de la chapelle et court vers le monde mystérieux de la campagne encore endormie... Dans La Veillée du matin, récit symbolique et initiatique publié en 1946, l'écrivain américain James Agee oppose le monde clos de la religion à la splendeur sauvage de la nature, et décrit avec une rare maîtrise les tourments de l'adolescence.
Tolkien John Ronald Reuel ; Laferrière Christine ;
La Légende de Sigurd et Gudrún nous donne, pour la première fois, directement accès à l'imaginaire nordique de J.R.R. Tolkien. Ces deux grands poèmes (le Nouveau Lai des Völsung et le Nouveau Lai de Gudrún), écrits au début des années 1930, racontent dans le style caractéristique de l'auteur du Seigneur des Anneaux les légendes nordiques de l'Ancienne Edda, les combats de Sigurd, la mort du dragon Fáfnir, l'histoire tragique de Gudrún et de ses frères, tués par la malédiction de l'or d'Andvari. Illustrés par des vignettes en noir et blanc, ces magnifiques poèmes (qu'introduit une présentation des légendes du Nord par l'écrivain lui-même) montrent ce qu'a retenu Tolkien de la mythologie scandinave pour le reprendre à son tour, dans Le Seigneur des Anneaux et dans Les Enfants de Húrin.
Tolkien John Ronald Reuel ; Lee Alan ; Lauzon Dani
La dernière partie du Seigneur des Anneaux voit la fin de la quête de Frodo en Terre du Milieu. Le Retour du Roi raconte la stratégie désespérée de Gandalf face au Seigneur des Anneaux, jusqu'à la catastrophe finale et au dénouement de la grande Guerre où s'illustrent Aragorn et ses compagnons, Gimli le Nain, Legolas l'Elfe, les Hobbits Merry et Pippin, tandis que Gollum est appelé à jouer un rôle inattendu aux côtés de Frodo et de Sam au Mordor, le seul lieu où l'Anneau de Sauron peut être détruit. Cette traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l'intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 15 illustrations d'Alan Lee, entièrement renumérisées, d'une qualité inégalée, ainsi que deux cartes en couleur de la Terre du Milieu et du Comté.
Tove Marika Jansson (1914-2001) est une écrivaine, illustratrice et peintre finlandaise. Elle est mondialement célébrée pour sa série de romans et de bandes dessinées La Vallée des Moomins. Ses illustrations pour Le Hobbit, longtemps réservées aux pays scandinaves, offrent une lecture unique du chef-d'oeuvre de J.R.R. Tolkien. John Ronald Reuel Tolkien est né de parents anglais le 3 janvier 1892 à Bloemfontein (Afrique du Sud) et a vécu toute sa vie en Angleterre. Après avoir servi pendant la Première Guerre mondiale, il s'engage dans une brillante carrière universitaire à Oxford et devient l'un des plus grands philologues de son temps. Mais il doit surtout sa reconnaissance à son extraordinaire oeuvre de fiction : Le Hobbit (1937), Le Seigneur des Anneaux (1954-1955) et Le Silmarillion (1977), ainsi qu'à des textes inachevés rassemblés dans l'Histoire de la Terre du Milieu. John Ronald Reuel Tolkien s'est éteint à l'âge de 81 ans, le 2 septembre 1973.
Lorsque Elizabeth Gilbert rencontre Rayya Elias, à New York, au début des années 2000, elle est immédiatement frappée par la verve de cette femme affranchie qui devient sa con dente et amie. Mais en 2016, lorsque Rayya apprend qu'elle est atteinte d'un cancer incurable, leur amour s'impose comme une évidence. Toutefois, la relation - certes, magnifique et passionnée - est loin d'être un conte de fées, et fait ressortir des comportements toxiques qui mettent leur couple à rude épreuve. Après la mort de Rayya en 2018, Gilbert, bouleversée, doit surmonter ce deuil et reconstruire sa vie. Avec Jusqu'à la rivière, Elizabeth Gilbert nous rappelle qu'entre l'amour et la mort, le chagrin et l'espoir, il existe un chemin sinueux vers la lumière.
Comment choisir sa voie quand on est à l’aube de l’âge adulte, en Amérique ? Dan et Tamma, inséparables depuis l’enfance, ont grandi dans des milieux socio-culturels différents et éprouvent pourtant tous les deux de grandes difficultés à accomplir leurs rêves, malgré une motivation sans bornes.C’est le revers de la médaille du « self-made man » américain, quand les jeunes doivent choisir entre payer leurs études ou les soins de santé de leurs proches.Et pourtant, cette indéfectible amitié m’a collé le sourire tout du long.