Chacun de ces essais tente de définir un problème général de poétique en le resserrant dans un cas exemplaire. L'enquête sur les motifs du titre de la Comédie dantesque permet d'éclairer l'opposition tragédie/comédie au moment inaugural de la poésie romane, une lecture de l'Hypnerotomachia Poliphili et de Pascoli pose en réalité le problème de la relation entre langue vivante et langue morte comme tension interne inaliénable de la poétique de la modernité ; l'introduction à la mince ?uvre poétique d'un grand narrateur italien contemporain, Antonio Delfini, offre l'occasion de reformuler le vieux problème du rapport entre vie et ?uvre, et de définir le canon de la narration dans l'aire romane comme invention du vécu à partir du poétisé ; enfin, une analyse de la poésie de l'un des plus grands poètes du XXe siècle, Giorgio Caproni, définit style et manière comme les deux pôles dans la tension dialectique desquels s'effectue le geste de l'écriture. Dans les deux essais qui ferment chronologiquement le recueil (" Corn " et " La fin du poème "), le problème devient celui de la structure spécifique de la poésie. Ils sont donc à entendre comme une première contribution à une philosophie - ou une critique - de la métrique, qui n'existent pas encore. Le premier développe sous forme de chiasme, à travers la lecture du sirventes obscène d'Arnaut Daniel, le problème jakobsien du rapport entre son et sens dans la poésie ; le second, qui donne son titre à l'ouvrage, étudie la fin du poème à la fois comme point de crise et comme structure fondamentale, dans tous les sens du terme, de la poésie. "
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Nombre de pages
171
Date de parution
26/04/2002
Poids
218g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782842420857
Titre
La fin du poème
Auteur
Agamben Giorgio
Editeur
CIRCE
Largeur
140
Poids
218
Date de parution
20020426
Nombre de pages
171,00 €
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Résumé : Dans ce livre, la pensée qui cherche une forme neuve, une nouvelle "prose", fait appel aux ressources de l'apologue, de l'aphorisme, du récit bref, de la fable, de la devinette et de toutes ces "formes simples", aujourd'hui désuètes, dont la tâche a toujours été, plutôt que d'exposer des théories plus ou moins convaincantes, de faire vivre une expérience, de dissiper le leurre, de réveiller. Dans ce sens, et seulement dans ce sens, le problème de la pensée est ici un problème poétique. Ainsi, les trente-trois petits traités de philosophie qui composent le livre constituent autant d'idylles (dans le sens étymologique de "petite forme, ou idée") qui cernent dans leur raccourci ce qui ne peut en aucun cas être oublié, puisque cela consiste précisément dans la "mesure la plus brève", selon l'avertissement platonicien.
Dans la tradition philosophique occidentale, l'homme apparaît comme le mortel et, en même temps, comme le parlant. Il est l'animal qui a la "faculté" du langage et l'animal qui a la "faculté" de la mort. Tout aussi essentiel est ce rapport dans l'expérience chrétienne. La faculté du langage est la faculté de la mort : le lien entre ces deux "facultés", toujours présupposé chez l'homme et toutefois jamais radicalement remis en question, peut-il réellement rester impensé ? Et si l'homme n'était ni le parlant, ni le mortel, sans cesser pour autant de mourir et de parler ?"
Depuis qu'Aristote a défini l'homme comme "animal politique", la pensée occidentale n'a cessé, tant du côté de la métaphysique que de la science, de se heurter aux apories nées de la frontière à tracer entre animalité et humanité. Après avoir passé en revue toutes les interrogations en en dégageant la signification anthropologique, Giorgio Agamben met en discussion le cours donné par Heidegger rn 1929-1930 intitulé "Les Concepts fondamentaux de la métaphysique".
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
Parmi les caractéristiques étranges des habitants de ce continent - l'Amérique du Nord -, il en est une qui veut que chacun se choisisse des étoiles déterminées et vive en fonction d'elles. Ces étoiles ne sont pas célestes, mais cinématographiques, ce qui ne change rien à l'affaire. En revanche, cela permet d'augmenter sensiblement le fonds de roulement du ministère des P. et T. grâce au flot continu de lettres adressées aux dites étoiles bien-aimées. Raillant quelque peu cette bizarrerie et cette passion, le New-yorker fit paraître un jour une caricature: une très vieille lady de la plus haute société, - avec diadème en diamants dans ses cheveux blancs et laquais obséquieusement courbé à l'écart, - se livre à la même occupation qu'une quelconque jeune modiste ou n'importe quel office-boy: elle écrit à la star de son coeur. Mais le noeud de l'affaire n'est pas dans l'acte même d'écrire. Il est dans le destinataire. La lettre commence par:" Dear Mickey Mouse... "Là est l'essentiel..."
Une rue de Londres vers 1750, un café, une librairie et, à l'étage, l'appartement d'un riche négociant... Le jeune Jacob, adepte de la philosophie des Lumières est le précepteur de milord Wambert et de madame de Brindè. Or Milord tombe amoureux de Madame, mais Madame aime en secret Jacob qui ne veut aimer que la paix de l'âme et du coeur afin de rester un homme d'étude. Ajoutons deux artisans qui se disent philosophes, mais savent user surtout de la calomnie, une épouse spirituelle amoureuse du jeu, un chevalier servant qui pratique la satire : toutes ces forces s'allient à la passion déçue du jeune lord pour mettre en péril la vie même de Jacob. Le tout sous le regard d'employés, de marins et de serviteurs qui mènent leur vie sans se mêler de celle des maîtres. Quelles autres forces sont invitées à sauver le jeune philosophe en qui s'incarne, en 1754, un Goldoni lui-même en butte à Venise à des factions rivales ou contraires ?...
Simmel entreprend à la fin de sa vie quatre méditations. Il y présente sa propre philosophie. Il s'engage dans une réflexion sur la vie humaine dans son élan incessamment renouvelé, mais aussi sur les formes où cet élan se dépose, qui constituent les oeuvres de la culture : les institutions, les réalisations de la technique ou l'art. En considérant ce qui excède la vie, Simmel fait place à la négativité. Penser la mort à même la vie, c'est considérer la finitude, mais aussi la condition de la culture. La mort est ce qui sépare l'individu, qui rend les mondes partagés nécessaires. Et si, étant mortels, les êtres sont individuels, quelle serait la morale pour un individu séparé, sinon de tâcher de suivre sa propre loi ? Comment penser jusqu'au bout l'individualisme de notre modernité ?