Ce livre rassemble la majeure partie des textes (dont certains inédits) qu'Adamov a consacrés au théâtre à l'occasion soit de ses propres pièces soit d'oeuvres d'autres dramaturges parmi lesquels Bertolt Brecht, Sean O'Casey et John Arden. On n'y trouvera ni préceptes ni théories : Arthur Adamov n'a cure des ficelles et des trucs chers aux thuriféraires de la "pièce bien faite". Pas plus un message philosophique ou littéraire : c'est de théâtre qu' il s'agit ici. En revanche le lecteur pourra y découvrir une réflexion, qui se poursuit depuis plus de quinze années et qui a mené Adamov de la conception d'un théâtre "littéral", fondé sur la seule évidence physique des gestes et des mots, à celle d'un théâtre où se trouvent exposés et mis en question les rapports de l'homme et de sa société. Cette longue réflexion demeure continue. Le rapprochement de ces textes écrits à des dates et pour des objets différents l'établit : qu'il s'agisse de "théâtre, argent et politique", des fait divers ou des névroses, Adamov a toujours été d'abord préoccupé de découvrir ce qui unit l'individuel et le social et non ce qui les oppose. Ainsi, pour lui, le théâtre reste le lieu par excellence où montrer à la fois le plus général et le plus particulier, ou encore ce qu'il appelle l' "aspect curable des choses", ce qui peut être modifié, et leur "aspect incurable", ce qui est profondément enraciné dans l'homme. Infiniment claire et simple au niveau des intentions, il s'agit d'évoquer de grands mécanismes sociaux, la dramaturgie dont il se réclame est aussi compliquée, voire surchargée, dans ses démarches : il ne faut rien négliger de ce qui est le plus secret, le plus obscur dans l'homme, ses rêves et ses comportements morbides notamment. Le refus qu'Adamov oppose maintenant à l' "avant-garde" n'est donc pas schématique. Au contraire : c'est au schématisme de cette avant-garde qu'il s'en prend, à son caractère "simpliste et primaire". Car le théâtre dont il nous parle ici, avec lucidité et passion, n'exclut rien : y ont place l'individuel et le collectif, les actes et les rêves, le diurne et le nocturne. Animé, aujourd'hui comme hier, par la volonté de retrouver le concret, Adamov nous met maintenant en garde contre tout symbolisme, que celui-ci se réclame de l'avant-garde ou d'un soi-disant réalisme. Une importante série d'illustrations permet de montrer le rayonnement de son oeuvre dans le monde.
Nombre de pages
248
Date de parution
21/02/1964
Poids
325g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070200221
Titre
Ici et maintenant
Auteur
Adamov Arthur
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
325
Date de parution
19640221
Nombre de pages
248,00 €
Disponibilité
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C'est au cours d'une longue maladie qu'Arthur Adamov a écrit L'homme et l'enfant. Il s'est alors trouvé pour ainsi dire contraint de s'exprimer non plus, comme d'habitude, par le théâtre, mais à la première personne. L'homme et l'enfant réunit des images du passé et un journal du douloureux présent que traversait alors Arthur Adamov. On pourra y découvrir des visages qu'Adamov a aimés, les uns obscurs, d'autres reconnaissables, comme ceux d'Antonin Artaud, d'André Gide, de Roger Gilbert-Lecomte.Adamov s'interroge avec obstination sur sa souffrance et sur lui-même, mais il refuse de composer une image cohérente de son existence. C'est un livre d'interrogation où la phrase devient souvent un cri, et où ce qui est dit suggère au lieu d'expliquer.
Ce qui caractérise le théâtre d'Arthur Adamov, c'est sa rigueur, la netteté de la ligne dramatique et le refus délibéré de s'abandonner à ce que Jean Vilar appelle "les dentelles du dialogue et de l'intrigue". A une époque où le théâtre demeure, le plus souvent, littéraire, psychologique ou philosophique, Arthur Adamov s'est efforcé de faire de la scène le lieu même de l'action. Ici, tout est visible, jusqu'aux motifs cachés qui fondent le drame. Visible au point de nous proposer un véritable sens littéral. Ainsi, dans L'invasion, le désordre des pensées, qui empêche de vivre tous les personnages, se manifeste par le désordre de la chambre qu'ils habitent. Dans La grande et la petite manoeuvre, la mutilation physique du héros traduit sa dépossession intérieure. Les tares morales reprochées aux "réfugiés". de Tous contre tous sont résumées dans une tare physique : ils boitent, dit-on. Enfin, le professeur Taranne, poussé par sa terreur d'être percé à jour, en vient à se dépouiller de ses vêtements. Mais si les craintes, les désirs d'hommes réduits à leur solitude, qui constituent le thème central de cette oeuvre, y sont toujours exprimés matériellement, rien dans le dialogue ne les divulgue. Théâtre de la solitude, sans doute, mais où le mot de solitude n'est pas prononcé. Aucune affirmation lyrique ou métaphysique : un langage où les mots de tous les jours acquièrent cette violence sans laquelle tout spectacle se réduit à un divertissement. Les cinq pièces que l'on trouvera dans ce volume précisent l'image d'un théâtre moderne dont les précurseurs se nomment Kleist, Büchner, Strindberg et Pirandello.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.