Les études sur le genre, qui ont connu un essor important depuis les années 1970, offrent de nouvelles clés pour appréhender les disciplines traditionnelles. Alors que la science politique se montre plus rétive que d'autres à la prise en compte des perspectives du genre, l'objet de cet ouvrage est de révéler leurs apports décisifs à l'analyse du politique. Les notices de ce dictionnaire pionnier recensent les concepts, théories et objets canoniques de la science politique (citoyenneté, libéralisme, administration, partis politiques, mondialisation, etc) en montrant le rôle central du genre dans leur genèse et leur maturation. Elles révèlent aussi le fonctionnement des inégalités entre les femmes et les hommes dans les partis, les assemblées, et la manière dont se fabrique et s'exprime le rapport entre les sexes dans les discours et les comportements politiques. Enfin, elles présentent les nouveaux concepts forgés par les spécialistes du genre (care, féminisme d'Etat, intersectionnalité, etc). Ecrit dans une langue claire et accessible, fort d'une approche comparative entre études anglophones et francophones et d'une vaste bibliographie constituant un outil de référence indispensable, cet ouvrage tire aussi sa richesse de la contribution de plus de 50 spécialistes de différentes générations, qu'il s'agisse d'auteur(e)(s) qui ont créé des concepts ou mené les premières enquêtes sur le genre en politique, ou de jeunes chercheur(e)(s) qui les utilisent et les font vivre aujourd'hui. Il intéressera particulièrement les étudiant(e)(s), enseignant(e)(s) et chercheur(e)(s) souhaitant accéder à une connaissance précise et pédagogique des apports des travaux sur le genre à la science politique comme à ses disciplines connexes, sociologie, histoire, anthropologie.
Résumé : " "Le mystère de la chambre basse", c'est ce titre en forme de clin d'?il que Catherine Achin a choisi, à juste titre, de donner à sa thèse. Que de mystères, il est vrai, autour des représentantes politiques en France et en Allemagne, les deux pays qu'elle a choisi d'étudier ! Comment expliquer tout d'abord que les députées soient si peu nombreuses en France aujourd'hui, et en Allemagne hier ? Comment comprendre plus encore que l'ordre politique et l'ordre social soient si discordants ? En effet, alors que les normes sociales en Allemagne ne permettent guère aux femmes de mener de front carrière professionnelle et éducation des enfants, que les politiques de la sexualité, "les lois de l'amour", à commencer par la législation sur l'avortement, ne sont guère favorables à leur émancipation, les Allemandes sont pourtant entrées au Bundestag en nombre. Réciproquement, alors que les Françaises ont des taux d'activité très élevés depuis la fin des années 60, qu'elles ont rapidement rattrapé leur handicap scolaire sur les garçons et que les politiques de la sexualité et en général les politiques sociales leur sont favorables, on ne compte qu'un pourcentage insignifiant de femmes à l'Assemblée nationale - la loi sur la parité leur ayant tout juste permis de dépasser les 12 % d'élus. Dans le détail, le mystère s'épaissit encore. Alors que toutes les instances politiques allemandes se sont féminisées du même pas, les instances politiques françaises semblent fonctionner à deux vitesses. Tandis que les élues (avant la loi sur la parité) représentaient un tiers ou un peu plus des députés européens ou des conseillers régionaux, les mairies (sauf celles de moins de 3 500 habitants), les conseils généraux et les deux chambres étaient peu accessibles aux femmes. De même, nouvel étonnement qui là encore approfondit la discordance entre les ordres social et politique, il semble qu'il n'y ait pas systématiquement de lien entre le pourcentage des femmes dans une assemblée et le "féminisme" des lois qui y sont votées.[...] La résolution des mystères organise l'architecture du livre. Tandis que la première partie trace le portrait de ces élues et en dresse les différents "types", la seconde passe en revue les explications sociales, religieuses, scolaires, partisanes... de ces disparités nationales et historiques. [...1 Catherine Achin fait la démonstration talentueuse que ne pas être "aveugle au genre" permet de réfléchir à de nombreux problèmes théoriques, sur l'autonomie du champ politique ou sur l'articulation entre ordre social et ordre politique, et de contribuer à renouveler la réflexion sur des objets canoniques de la science politique comme le sont, par exemple, l'étude des filières de recrutement du personnel politique, les fonctions des partis politiques ou le métier de député. "
Agrikoliansky Eric ; Achin Catherine ; Aldrin Phil
Le vote n'est-il qu'une affaire de chiffres ? C'est l'impression que peut donner une chronique de l'élection focalisée sur la courbe des intentions de vote ou sur les pourcentages de composition ou de distribution des voix. Pourtant, si le vote demeure fondamentalement une opération de comptage et de décomptage, il ne suffit pas de compter les voix pour comprendre comment les électrices et les électeurs perçoivent l'offre électorale, interprètent ses enjeux et font finalement leur choix. A partir d'une longue enquête réalisée au plus près des citoyens, à la fois qualitative et quantitative, les contributions de ce livre interrogent le poids des trajectoires sociales et des contextes de leur existence sur les façons de voter. Menée tout au long de la séquence électorale de 2017, l'enquête montre la persistance de l'ancrage social du vote face à un désordre inédit de l'offre électorale. Elle propose de renouveler la sociologie des variables sociales qui façonnent les préférences électorales.
Que nous disent les mouvements #MeToo ou #BalanceTonPorc des transformations des mouvements féministes autour des questions sexuelles ? Comment les revendications liées au consentement et au plaisir se sont reconfigurées depuis les années 1970 ? Ce numéro consacré aux " révoltes sexuelles " porte sur les formes inédites prises par ces luttes. Il revient sur le rôle majeur des réseaux sociaux et d'Internet dans la circulation et la mondialisation de ces mobilisations, sur le renouvellement des discours et des images sur la sexualité qu'elles ont opéré, et, enfin, sur la diversité des contextes politiques qui favorise leur éclosion.
Désir(s) ", " Mondialisation ", " Nudité ", " Race ", " Voix "... Les soixante-quatorze textes thématiques de cette encyclopédie explorent les reconfigurations en cours des études de genre. Trois axes transversaux organisent cette enquête collective : le corps, la sexualité, les rapports sociaux. Dans les activités familiales, sportives, professionnelles, artistiques ou religieuses, les usages du corps constituent désormais un terrain privilégié pour appréhender les normes et les rapports de genre. Les pratiques érotiques que les sociétés, à travers l'histoire, ont catégorisées comme normales ou déviantes occupent quant à elles une place inédite pour éclairer les articulations entre hiérarchies des sexes et des sexualités. Enfin, les inégalités liées au genre sont de plus en plus envisagées en relation avec celles liées à la classe sociale, la couleur de peau, l'apparence physique, la santé ou encore l'âge. Cette approche multidimensionnelle des rapports sociaux a transformé radicalement les manières de penser la domination au sein des recherches sur le genre. En analysant les concepts, les enquêtes empiriques et les débats caractéristiques de ces transformations saillantes, les contributrices et contributeurs de cet ouvrage dessinent une cartographie critique des études de genre en ce début de XXIe siècle. Pour cette nouvelle édition, l'ouvrage s'enrichit, en plus de mises à jour substantielles, de huit nouvelles notices : " Capital ", par Céline Bessière et Sibylle Gollac " Ecriture ", par Audrey Lasserre " Féminismes ", par Ilana Eloit " Grève ", par Fanny Gallot et Yasmine Siblot " Lectrice/spectatrice ", par Delphine Chedaleux " Musique ", par Reguina Hatzipetrou-Andronikou " Subsistance ", Geneviève Pruvost " Tribunal ", par Coline Cardi
Promesse souvent annoncée mais jamais tenue jusqu'en 2020, le télétravail - plus exactement le travail à distance - constitue depuis le début de la pandémie de Covid-19 une mesure clé des entreprises pour maintenir une continuité économique lorsque les déplacements sont contraints et régulés. Ce numéro de Sociologies pratiques se propose d'analyser sa montée en puissance, d'évaluer ses effets à l'échelle des organisations et d'étudier la façon dont les salariés, à l'aide des outils numériques, s'efforcent d'assurer avec régularité un travail usuellement réalisé au sein des locaux de son employeur.
Ce numéro hors-série fait le point sur la sociologie de l'entreprise : ses origines, son objet de recherches, son évolution, ses difficultés et questionnements, ses approches théoriques et praticiennes, ses nouvelles tendances. Il interroge ce champ disciplinaire et livre les résultats de travaux empiriques contemporains : transformations des entreprises, mondialisation, entreprises réseau, formation professionnelle, petites entreprises, identité au travée, etc.
Rubriques Archives Un guide pour les archives sud-africaines, Ariana Lissoni et Matthieu Rey - Le secret-défense opposé à l'accès aux archives historiques postérieures à 1934, Gilles Morin Avis de recherches Rencontre autour de la mise en ligne de la Bibliographie de l'histoire de France, Amanda Maffei, Pauline Teyssier et Jean-Loup Vassilievitch-Kastler-Qu'est-ce que collecter hors d'Europe ? , Han Xiaojing-Enfance, adolescence et migration, Julia Descamps Images, lettres et sons "Bella Ciao" . Histoires et mémoires d'immigration italienne, Stéphane Mourlane-Le ghetto intérieur, Alban Perrin-Jean Besancenot et les Juifs du Maroc : le poids des mots, le silence des photos, Mathieu Marly-Dessiner la terreur : stalinisme, guerre et mémoires, François-Xavier Nérard
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.