Utopiques. Tome 2, L'homme est un animal utopique, 2e édition revue et augmentée
Abensour Miguel
SENS ET TONKA
21,00 €
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EAN :9782845342156
Qui peut dire pourquoi telle ou tel a pu écrire, sa vie durant ou presque, sur l'utopie, a pu donner pour visée à son travail de penser l'utopie? Qui peut rendre compte de cette obstination à explorer, certes de façon discontinue, le vaste domaine des utopies? Comment tenter d'expliquer cette attirance, mieux cette attraction que peut exercer l'utopie, où certains ont voulu voir le signe d'une loi d'attraction? Comme si là se tenait un objet essentiel, à la teneur inépuisable qui tout à la fois se manifesterait et se déroberait. L'utopie, énigme en quelque sorte.Quant à l'obstination, elle paraît découler d'une révolte soutenue à l'encontre de la haine de l'utopie. Tous les procureurs du monde dénoncent les «utopies impossibles et coupables», les utopies coupables parce qu'impossibles. Comme on le verra dans ce volume, A. Blanqui a justement pointé cette lutte dans la langue autour du terme utopie. Pour les tenants de l'ordre existant, il importe de rejeter l'utopie du côté de l'impossibilité pour mieux liquider son impulsion à l'altérité. L'intervention de Blanqui est d'autant plus précieuse qu'elle circonscrit très exactement le moment où est née la haine de l'utopie dans la modernité, à savoir les années 1840. Haine qui culminera et deviendra meurtrière lors de la répression sanglante de l'insurrection ouvrière de juin 1848, puisque les pourfendeurs de l'utopie laissèrent la plume pour prendre le fusil. Or, de nos jours cette haine de l'utopie s'est considérablement renforcée en ce que publicistes, historiens, philosophes n'hésitent pas à faire de l'utopie le berceau de la domination totalitaire. On reconnaît là le geste propre à notre époque qui consiste à discréditer tout phénomène en rupture - 1793, la révolution, l'utopie - en l'accusant aussitôt de préfigurer ou de préparer le totalitarisme. Ainsi peut-on lire couramment l'expression l'utopie totalitaire» comme si soudain utopie et domination totale étaient devenus deux termes synonymes. A ces accusateurs pressés et peu soucieux d'exactitude, qu'il suffise de rappeler que l'extension de la domination totalitaire a commencé par liquider tout ce qui de près ou de loin avait un parfum d'utopie. Le totalitarisme, loin d'être l'enfant de l'utopie, n'a pu prendre son essor que sur son cadavre.Pourquoi la conversion utopique? Le vocable retenu ne doit pas faire illusion. Il ne s'agit nullement d'entendre le terme «conversion» au sens religieux et de reprendre à notre compte l'interprétation de l'éditeur catholique de L'Utopie de Thomas More. Estimant que la fonction essentielle du livre de More est la fonction maïeutique, André Prévost s'emploie à montrer que l"Utopie est l'instrument d'une véritable métanoia, d'une métamorphose de l'âme se détournant du monde - et de la cité terrestre - pour se tourner vers Dieu. «Une fois encore - écrit-il - la construction de More se révèle être, non pas un exemple paradigmatique à imiter d'une manière littérale, mais un instrument de renaissance intérieure. Le mouvement dialectique qu'elle suit conduit moins à des réformes ou à des révolutions qu'à une conversion, à un retour, à une communion de nature avec les autres hommes, à l'acceptation de principes fondamentaux qui mettent au premier plan la responsabilité face à Dieu». Si conversion il y a, ce mouvement ne peut être qu'une conversion à l'utopie. La conversion utopique signifie et ne peut signifier que la conversion à l'utopie même et non à ses thèmes ou à ses contenus; entendons, à un complexe d'impulsions, d'attitudes, voire de postures propres à l'utopie. Manifestation de l'héroïsme de l'esprit humain» au sens de G. Vico, l'utopie est cette disposition qui grâce à un exercice de l'imagination ne redoute pas dans une société donnée d'en transcender les limites et de concevoir ce qui est différent, le tout autre social. (...)"
Nombre de pages
283
Date de parution
01/04/2013
Poids
365g
Plus d'informations
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EAN
9782845342156
Titre
Utopiques. Tome 2, L'homme est un animal utopique, 2e édition revue et augmentée
Auteur
Abensour Miguel
Editeur
SENS ET TONKA
Largeur
0
Poids
365
Date de parution
20130401
Nombre de pages
283,00 €
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?S'opposant à la thèse selon laquelle l'utopie s'éteindrait en 1848, M. Abensour s'emploie à discerner trois formes de l'utopie : le socialisme utopique, le néo-utopies et ce qu'il appelle le nouvel esprit utopique qui persiste après 1848 jusqu'à nos jours. Nous assistons, contre toute attente, à un renouveau de l'utopie, ce qui donne à la pensée du nouvel esprit utopique de l'auteur tout son sens et toute son actualité.
Selon l'opinion du jour, Hannah Arendt serait connue et reconnue pour avoir élaboré sur des grandes philosophies politiques du temps présent. Cette appréciation n'a-t-elle pas pour défaut d'occulter l'hostilité déterminée d'Hannah Arendt à ce qu'il est convenu d'appeler "philosophie politique" ? Hannah Arendt n'a-t-elle pas explicitement avoué qu'elle prenait toujours soin de mentionner l'opposition qui existe entre philosophie et politique ? De là, sinon l'ouverture d'un réquisitoire, tout au moins la mise en lumière de ce qui fait obstacle à une fusion harmonieuse entre philosophie et politique. N'est-ce pas du côté d'une conception héroïque de la politique que Hannah Arendt trouve une réplique pertinente aux déficits de la philosophie politique classique ? Loin de mener à un retour vers une science empirico-analytique des phénomènes politiques, l'offensive d'Hannah Arendt conduit au seuil de ce que pourrait être une philosophie politique critique. La question est : faut-il canoniser Hannah Arendt ou bien laisser entendre la voix dérangeante de "l'enfant terrible" de la pensée politique ?
Cet essai explore une relation entre certaines formes d'architecture et les expériences totalitaires de notre siècle. Collusion art et politique? Il sonde les profondeurs, les connivences, les avatars des dirigeants dans l'oeuvre de domination. Il marque d'emblée une distance à l'égard des stratégies de dissociation ou de disjonction entre ces deux ordres de phénomènes, liant la volonté esthétique et la volonté politique.Miguel Abensour a choisi l'emblématique totalitarisme nazi incarné par deux hommes, Hitler et Speer, exemple de la tragédie du "siècle" passé, mais sirène à laquelle notre actuel siècle n'est pas insensible. Il laisse en filigranes d'autres totalitarismes aux résolutions esthétiques semblables. N. Abensour, par un regard attentif sur le passé, pointe en réalité, cruellement, notre présent.Ne nous faudrait-il pas "lire" certaines architectures actuelles, totalitarisme certes dilué mais bien présent, selon son analyse?Ce qui nous permettrait de mieux comprendre la relation contemporaine de la volonté esthétique (culture) et la volonté politique (économie) comme nouvelle domination par des "monstres" architecturaux, par des monuments idéologiques sidérant. Ici on réapprend la portée politique d'un jeu plastique, d'une révérence esthétique. [H.T.]Miguel Abensour (né en 1939) est un philosophe français, spécialiste de philosophie politique. Il est professeur émérite de philosophie politique à l'Université Paris VII - Denis - Diderot et ancien président du Collège international de philosophie. Il a participé aux revues Textures, Libre et Tumultes. Directeur de la collection "Critique de la politique" aux éditions Payot depuis 1974, il a notamment contribué à la réception de la pensée de l'École de Francfort en France.Dans ses ouvrages et ses nombreux articles, il cherche à concilier l'idée de démocratie, conçue comme "démocratie contre l'État", avec l'idée d'utopie.
Mon intention était, en mai-juin 1968, de montrer comment naissait la police de l'esprit, comment naissaient les automatismes, les comportements, les nostalgies et les abandons par lassitudes. Etre moderne ce n'est pas ratiociner sur le passé, fût-t-il révolutionnaire. Nous savions, en tant que patriciens des révolutions, en tant qu'opposant aux organisations de régulation des économies-politiques capitalo-communistes, que la fossilisation commence par la raréfaction des paroles échangées. La prise de paroles restait l'essentiel. "
Cet ouvrage décrit un temps relatif. Il lance une littérature relative, celle d'un monde en morceaux. Dix personnages et le témoignage d'un narrateur. Seul ce dernier est nommé. Les autres apparaissent grâce à des numéros signalés au début de chaque chapitre. Le résultat garde l'apparence du livre, du " codex ". Il n'est pas à lire. Il peut se poser, se regarder. Il peut s'abandonner, se détruire. Il peut s'ouvrir, s'appréhender, sur papier comme sur écran en interrogeant au hasard les séquences, avec tours et détours, en suivant une des actrices (ou acteurs), ou plusieurs, et - s'il le faut - du début à la fin. Des bouts, des rimes, des riens se succèdent, ils sont le journal de nos affres, de nos plaisirs, un guide codé de la vie quotidienne. Vous êtes devant un miroir.
Soit un héros indécis, un deus ex machina capricieux, une belle duelle, des comparses peu amènes, des zoziaux, aquatiques s'il vous plaît, (e come no ?), des nourritures terrestres, et des substances léviteuses, des morts violentes et stupides, comme il convient... et voici un roman rôdeur conforme aux règles du genre avec ses déplacements erratiques, ses étapes hasardeuses, ses auberges espagnoles et ses motels, ses rencontres et contes inopinés, ses digressions inutiles et ses propres oiseux, tout empreints de l'ambiguïté des choses et des mots. Avec sa morale en forme de conseil d'ami, optimiste, forcément optimiste : de ce monde embrouillé, débrouillez-vous !
Le " marxisme " qui est mis en cause ici est essentiellement le dogmatisme de ses interprétations restrictives, comme économisme pur, par toutes les bureaucraties social-démocrate et soviétique. La pensée révolutionnaire globale - et d'abord celle de Marx - est plus libre et riche. Et le changement de toutes les conditions existantes sera l'œuvre des producteurs eux-mêmes, devenant créateurs. " A J