James Cook, au cours de sa troisième et dernière expédition, en 1777, découvrit le tabou, le mot et la chose. Par lui, ce mot a pénétré nos langues européennes. Par un retour aux textes initiaux, au fil de la narration du capitaine, le long des vingt-deux occurrences, nous naviguerons à la découverte de cette notion. Nous la verrons organiser la vie des Polynésiens. Par l'interdit qu'il manifeste, en effet, le tabou structure leur conscience collective, évitant ainsi les déviances. Chez le Polynésien, le tabou est à l'opposé de ce qu'il signifie dans nos cultures. Pour nous, il est ce que l'on doit évincer, non ce qu'il faut respecter. La menace de mort, à son propos, a disparu. Si la vie traditionnelle se déroule à l'ombre des tabous, nous considérons, quant à nous, que notre émancipation à leur égard constitue le coeur de la modernité. On comprend mieux le tabou, s'il est joint à la notion de mana, également polynésienne. Elle ne sera découverte que cent ans après Cook. Il est néanmoins regrettable que le navigateur soit passé très près du mana, sans le voir pour autant. Par leur complémentarité, tabou et mana offrent une meilleure compréhension des sociétés traditionnelles. Ainsi, nous verrons qu'une relecture de Salammbô, à travers le prisme de ces deux notions, permet une vue stéréoscopique de l'antique Carthage, en mettant en relief l'intrigue du récit de Flaubert.
Nombre de pages
232
Date de parution
14/12/2015
Poids
270g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343078816
Titre
James Cook et le tabou. Origine d'une notion
Auteur
Lloancy Robert
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
270
Date de parution
20151214
Nombre de pages
232,00 €
Disponibilité
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« Je suis juif? si je n'avais pas été un Juif du ghetto, l'idée de l'unification de l'humanité ne me serait jamais venue à l'esprit ». Ainsi s'exprimait en 1905 Louis-Lazare Zamenhof. Cela l'amena, dès le début des années 1880, à une activité sioniste. Pourtant, au fil des ans, il révisa ses convictions. En 1901, il proposa comme solution d'unification du peuple juif, l'hillélisme, en référence au sage rabbin antique, Hillel. Ainsi, il rejoignait les critiques de Bernard Lazare, grand défenseur d'Alfred Dreyfus. Pour les deux auteurs, il s'agissait de parvenir à un réel universalisme en échappant à la tentation du nationalisme inévitable pour le sionisme. Vers la fin de sa vie, Zamenhof, plus nuancé, concèdera : « Il est vrai que le nationalisme des peuples opprimés est bien plus excusable que le nationalisme des peuples oppresseurs ». Pourtant, même là, le penchant vers le nationalisme est toujours prêt à s'éveiller. Il anticipe, ainsi, les critiques de Yechayahou Leibovitz, à l'égard du sionisme.