La mort est un poèmeDans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.Il n'y a pas d'ombre maligne sur la barque chavirée.RENÉ CHAR, «Qu'il vive».La mort a de ces rendez-vous qui conjurent le silence d'instants uniques quand ils sont les derniers.Ce soir-là, un dimanche, ma mère avait regardé une série policière, de ses préférées. Puis, elle était allée se coucher. Rien ne semblait avoir troublé cette habitude prise avec l'âge de retrouver à heure fixe et à jour fixe un téléfilm comme on retrouverait un ami pour une conversation simple et heureuse. Puis, elle s'était dirigée vers sa chambre par le petit couloir qui la menait chaque soir à son lit bleu. Non sans avoir dressé la table du petit déjeuner qui l'attendait le lendemain.Tout était donc en ordre, comme elle aimait, pour distraire une angoisse de plusieurs années son aînée. Trop ancienne et trop grande pour elle.C'est dans ce couloir qu'elle est tombée.Le titre de l'épisode qu'elle avait regardé ce soir-là, découvert entre effroi et fascination, était La mort est un poème. Oui, découvert alors que mes soeurs et moi tentions avec toute l'énergie du désespoir de «reconstituer» la scène de la mort. A quelle heure? Comment? Pourquoi un dimanche? La mort est un poèmeDans mon pays, on ne questionne pas un homme ému. Il n'y a pas d'ombre maligne sur la barque chavirée. RENÉ CHAR, «Qu'il vive».La mort a de ces rendez-vous qui conjurent le silence d'instants uniques quand ils sont les derniers.Ce soir-là, un dimanche, ma mère avait regardé une série policière, de ses préférées. Puis, elle était allée se coucher. Rien ne semblait avoir troublé cette habitude prise avec l'âge de retrouver à heure fixe et à jour fixe un téléfilm comme on retrouverait un ami pour une conversation simple et heureuse. Puis, elle s'était dirigée vers sa chambre par le petit couloir qui la menait chaque soir à son lit bleu. Non sans avoir dressé la table du petit déjeuner qui l'attendait le lendemain.Tout était donc en ordre, comme elle aimait, pour distraire une angoisse de plusieurs années son aînée. Trop ancienne et trop grande pour elle.C'est dans ce couloir qu'elle est tombée.Le titre de l'épisode qu'elle avait regardé ce soir-là, découvert entre effroi et fascination, était La mort est un poème. Oui, découvert alors que mes soeurs et moi tentions avec toute l'énergie du désespoir de «reconstituer» la scène de la mort. A quelle heure? Comment? Pourquoi un dimanche?
Nombre de pages
76
Date de parution
31/01/2013
Poids
98g
Largeur
134mm
Plus d'informations
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EAN
9782362290411
Titre
Comme si dormir
Auteur
Bouvet Laurence
Editeur
BRUNO DOUCEY
Largeur
134
Poids
98
Date de parution
20130131
Nombre de pages
76,00 €
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Ecrire, c'est d'une certaine manière oser traverser le miroir des évidences. Pour le poète davantage encore que pour tout autre. Derrière ce miroir la rencontre avec le lecteur est un moment de vérité sans promesse ni destinée. Sculpteur de l'invisible, le poète par l'acte poétique s'avance vers ce lieu de dévoilement.
Si Camille Claudel revenait pour témoigner de son internement, du chemin parcouru entre le désir et le délire, entre le surgissement de son génie et le tarissement de son art, si les mots avaient été sa matière première, si sa parole n'était restée interdite, si Camille Claudel avait été poète... Ce recueil tente d'approcher l'expérience intime de la limite entre la réalité et la perte de celle-ci. Limite fragile que le poète, identifiée à l'artiste captive, sait être une source vive tout autant que cet effroi entrevu aux confins du vacillement subjectif.
il est bientôt l'heure/ de nouer ma voix/ aux lumières vives/ au soleil de joie/ à la chaleur bleue/ du feu des anciennes/ être un tout/ enfin/ caresse des ans/ réconciliée/ pour mieux m'effacer
Ceux qui l'ont vécu vous le diront : voir un de ses propres poèmes traduit en langue des signes procure une émotion incomparable. C'est parce que j'ai vécu cette émotion que j'ai souhaité devenir l'éditeur de la première anthologie de poésie en langue des signes française. Ce livre et le DVD qui l'accompagne donnent à lire, à voir et à entendre cinquante poètes contemporains venus de tous les horizons. Une mosaïque vouée à la polyphonie des cultures et des voix. Les poètes de cette anthologie se trouvent reliés par une interprétation gestuelle devenue un acte poétique en soi. Les captations ? réalisées en studio ou lors de grands festivals de poésie, comme le festival Voix vives de méditerranée en méditerranée de Sète ou le festival de poésie de Saint-Martin d'Hères ? ne restituent pas seulement l'expressivité des textes. Elles étendent aussi le territoire du poème aux dimensions du corps, révélant une langue au-delà des mots. Cette émotion rare, je souhaite aujourd'hui la faire partager.
Pendant de longs mois, deux femmes de Nouvelle-Calédonie ont entretenu un dialogue par la poésie. Deux femmes de générations, de conditions et de couleurs de peau différentes, qui partagent la même terre et veulent parcourir ensemble les mêmes chemins de paix. Pour écrire ce livre, Déwé Gorodé et Imasango se sont rencontrées, tantôt chez l'une à Nouméa, tantôt chez l'autre à Ponérihouen, dont le nom en langue paicî désigne l'embouchure d'un fleuve. Les déchirures du pays, le deuil au seuil de la case, la lutte indépendantiste, les accords de Nouméa, la crainte de nouveaux conflits, la place des femmes, la sexualité "imposée ou non", l'éducation des enfants, la puissance tellurique de la Grande Terre, aucun sujet n'a été écarté, aucun tabou n'a fait taire leur "parole jumelle". C'est pour publier de tels livres que je suis devenu éditeur. Un appel à résister par la poésie.