Extrait de l'introductionQuel sens a l'accessibilité pour les personnes présentant des troubles psychiques?C'est une question a priori très simple: pour être accessible il suffirait d'être présent, n'est-ce pas?L'observation montre que c'est infiniment plus complexe.Au quotidien, lorsque l'un d'entre nous subit une grave difficulté psychique que se passe-t-il? Cet homme, cette femme ne savent pas qu'ils ont cette difficulté, donc ils n'ont pas conscience que les autres la voient, et de plus se sentent mal à l'aise. Ils ne perçoivent ni leur propre trouble, ni le mouvement de retrait des autres.Leur entourage ne sait comment s'y prendre pour leur apporter l'aide dont la personne a besoin. La première chose serait de l'envelopper de paroles, l'entourer d'un bain de paroles. Toute autre attitude lui donne le sentiment qu'elle est en terrain hostile, à partir de là elle ne songe qu'à se défendre, se met aux aguets.Ce bain de paroles (qui ne doit pas chercher à modifier ce qu'elle dit sur ce qu'elle ressent, car "elle sait" ce qu'elle ressent) établit un échange fluide où l'âpreté des mots que les autres veulent lui asséner pour la contredire et qui la blessent, leur dureté, leur violence, sont atténuées par ce mouvement de paroles qui l'enveloppe, comme un élément fluide touchant tout son corps, cela l'apaise.Elle-même souvent commence plutôt à sentir comme une protection, mais perçoit aussi douloureusement cette carapace et ne supporte aucun contact, elle ne sait pas pourquoi mais elle réagit avec la plus extrême vivacité à cette douleur.Cependant au bout d'un bon nombre d'échanges avec elle, une confiance s'installe. Le flux des mots continue à apaiser.L'entourage appréhendant les limites de cet échange peut se sentir totalement dépassé devant la gravité de la difficulté, ce peut être une excitation vive, une tristesse extrême, une inhibition profonde, et fait intervenir des soignants. Ceux-ci parfois trouvent les mots pour établir un contact, d'autres fois ils jugent qu'un médicament est une étape indispensable pour retrouver la capacité de parler; par contre la personne ne pense pas en avoir besoin. C'est un moment extrêmement difficile, cette prise d'un médicament qui lui est offerte pour assouplir son enveloppe. Peut-être sera-t-elle grâce à lui plus perméable aux paroles et pourra-t-elle exprimer la souffrance qui existe derrière son excitation, son inhibition, sa certitude acérée sur ce qu'elle vit. C'est difficile, car elle sait aussi déjà qu'avec ce médicament se prépare l'effritement de son unité psychique, ce qui est pour elle de l'ordre de l'insupportable.Certes si tout le monde se ligue contre elle, elle va être épuisée, se sentir emportée par cette foule, aller à la dérive, à quoi va-t-elle pouvoir s'accrocher?Ne restent que crainte, défiance, méfiance, c'est le vide, ou la révolte.Il va falloir beaucoup de temps, beaucoup d'échanges, de nombreux moments de vie très différents les uns des autres pour qu'un peu de cohérence, un peu de continuité renaissent pour elle et qu'elle puisse s'appuyer sur elles.
Nombre de pages
339
Date de parution
03/03/2011
Poids
440g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782353711093
Titre
Quel accueil pour la folie ?
Auteur
Baillon Guy
Editeur
CHAMP SOCIAL
Largeur
160
Poids
440
Date de parution
20110303
Nombre de pages
339,00 €
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Avec l'amélioration des soins médicaux, les personnes qui sont soignées en psychiatrie vont de mieux en mieux, mais paradoxalement, souffrent de plus en plus de leur grande difficulté sociale, en particulier de leur isolement. Si cette situation relève d'une crise de la politique de soins et de l'absence d'un projet social fort pour l'ensemble de la société, imputable aux élus de la nation, elle est aussi la conséquence du cloisonnement qui a séparé si violemment les soins psychiques et l'action sociale au cours de ces trente dernières années. A l'intention des usagers, des familles et des professionnels de la psychiatrie et de l'action sociale, cet ouvrage donne une lecture claire des lois constituant le cadre psychiatrique contemporain. La loi du 11-2-2005 qui reconnaît le handicap psychique dessine pour la psychiatrie une situation porteuse d'espoir. En effet, sous l'impulsion d'un mouvement émanant de familles et d'anciens malades, il semble qu'une créativité sociale vienne au secours d'une psychiatrie en perte de repères, aujourd'hui attaquée par le pouvoir politique, mais qui pourrait véritablement constituer un instrument précieux de soin et d'accompagnement des usagers, dont la parole est enfin reconnue. Ainsi, cet ouvrage donne l'espoir que la parole retrouvée des usagers de la santé mentale, nourrie par la richesse de leur expérience, pourra élaborer des solutions aptes à simplifier l'accès aux soins, aujourd'hui inutilement complexe. Pour cela, la psychiatrie et l'action sociale, qui s'excluaient mutuellement jusqu'à maintenant, sont amenées à se féconder en tenant compte du nouveau statut donné à la parole des usagers. Biographie de l'auteur Guy Baillon, psychiatre des hôpitaux, de 1971 à 1999 médecin chef, puis praticien hospitalier jusqu'en 2001, de l'équipe du secteur 14 G de Seine-Saint-Denis à Bondy, rattachée à l'hôpital de Ville-Evrard. Il est l'auteur de Les urgences de la folie, L'accueil en santé mentale, Gaëtan Morin, 1998 (diffusé par PUF).
Vallon Serge ; Gomez Jean-François ; Baillon Guy ;
Dossier désaliénismes. Cinquantième anniversaire de VST. Que reste-t-il des efforts de Bonnafé et des réfractaires de la psychiatrie, de Tosquelles à Oury, pour inscrire cette position désaliéniste dans un projet de société et promouvoir une psychiatrie inscrite dans la vie sociale et des rapports nouveaux entre soignants et soignés ? Désaliénisme n'est-il pas le simple synonyme d'une psychiatrie citoyenne ?
Né à Anvers en 1875, de père français et de mère flamande, André Baillon a une enfance bousculée. Journaliste à La Dernière Heure, il émigre en France en 1920, après avoir obtenu le Prix français de la Renaissance. Sa vie instable et mouvementée ébranle sa résistance nerveuse et le conduit plusieurs fois à l'asile de La Salpêtrière où il se suicide en 1932. Auteur de Délires, Un homme si simple, Le Perce-oreille du Luxembourg, Par fil spécial, il est considéré comme un des maîtres du roman réaliste moderne.
Résumé : Lords et ladies guindés ou excentriques devisant autour du thé dans la verdoyante campagne de leur cottage, ouvriers et assistantes sociales en butte aux difficultés économiques dans la grisaille londonienne, espions flegmatiques, films d'horreur gothiques, comédies sentimentales ou absurdes, mélodrames poignants, flamboyantes reconstitutions historiques shakespeariennes, austeniennes ou dickensiennes, films noirs où les truands battent le pavé de Newcastle... Le cinéma britannique, dans son époustouflante diversité, a toujours été plébiscité par le public français. Il manquait pourtant un ouvrage qui permette d'en saisir l'unité. Pour la première fois, à travers notamment ses plus grands cinéastes (Alfred Hitchcock, David Lean, Mike Leigh, Ken Loach, Lynne Ramsay...) ou interprètes (Sean Connery, Maggie Smith, Tilda Swinton, Emma Thompson...), des classiques (Les Chaussons rouges, Le Troisième Homme, The Servant, Excalibur...) à la période contemporaine (The Queen, Fish Tank, la saga Harry Potter...), ce dictionnaire vient combler une lacune éditoriale et couvre, en près de 1 000 entrées, toute l'histoire et la créativité d'une cinématographie au charme inimitable. Jean-François Baillon est professeur en études britanniques et études cinématographiques et audiovisuelles à l'université Bordeaux Montaigne. N. T. Binh est critique à la revue Positif (sous la plume de Yann Tobin) et ancien maître de conférences en cinéma à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Cette recherche prend naissance dans un désir, une volonté d'action publique. Elle s'attache à éclairer, à comprendre et à définir l'innovation inclusive au prisme des handicaps. Elle s'appuie sur les expériences de vie des personnes en situation de handicap et des organisations les accompagnant pour essayer de contribuer à enrichir les connaissances dans le domaine de l'innovation inclusive et de favoriser l'émergence de solutions innovantes en faveur de l'inclusion sociale, professionnelle et entrepreneuriale. Les contributions managériales prennent différentes formes. Il apparait avant tout essentiel de comprendre les subtilités de la population exclue. Ainsi, l'innovation inclusive fabriquée prend en compte ces subtilités et la met au service de cette population. Il semble aussi important de créer un conseil de l'ordre des éducateurs inclusif, un statut d'aidant et un statut d'assistant pour l'entrepreneur en situation de handicap, un incubateur itinérant et des documentaires inclusifs sur/avec les populations exclues. D'autres points fondamentaux sont aussi à considérer en termes d'équipe, d'action et de suivi, comme composer une équipe d'innovation inclusive aux valeurs communes, favoriser les études de cas pédagogiques et l'entrepreneuriat des personnes en situation de handicap, recourir à la discrimination positive et accompagner par les valeurs, le modèle transthéorique et les rêves.
Résumé : La référence à l'efficacité et la performance traverse bien des discours professionnels, institutionnels, politiques et sociaux à tel point qu'il est assez courant d'entendre dire que la quête d'une efficacité toujours plus grande du travail, de l'enseignement, de la formation, de la vie sociale plus largement... serait le symptôme d'une société hyper-moderne. L'omniprésence de cette référence dans la réalisation du travail, dans la conduite de sa vie... a pour effet de mettre au premier plan de nos existences les buts, les finalités et le résultat évaluable, donc la performance, conduisant alors, selon certains, à instaurer un climat de concurrence entre les individus et surtout laissant à penser qu'il est anormal et interdit de "perdre son temps" . Or, l'existence humaine ne semble pas naturellement fondée d'abord sur la preuve permanente de l'obtention d'un résultat. Mais alors, pourquoi la référence à l'efficacité domine-t-elle la vie sociale, la vie au travail voire même la vie personnelle ? Y a-t-il une seule façon de penser l'efficacité ? Cet ouvrage a pour intention de traiter ces questions en réunissant des points de vue différents d'économiste, de gestionnaire, de compagnon du devoir, de spécialiste de l'analyse du travail. Avec des contributions de Pascal Chauchefoin, Nathalie Corceiro et Patrick Doffémont, Jean-Claude Dupuis, Pascal Airey, Thierry Rousseau, Aline Dronne-Caron et Patrick Conjard
De Clichy-sous-Bois à Nanterre, des nuits d'automne 2005 aux émeutes et révoltes fulgurantes de l'été 2023, la France est régulièrement secouée par des violences collectives qui trouvent leur épicentre dans les quartiers (im)populaires. Près de vingt ans séparent les violences de 2005 et celles de 2023. Pourtant, les causes structurelles demeurent : ségrégation urbaine, ghettoïsation, discriminations raciales, violences policières, précarité sociale, relégation scolaire, sentiment d'injustice... Dans un contexte d'intensification des inégalités, ces territoires restent le théâtre d'explosions de colère juvénile où s'expriment des frustrations, des envies de vengeance, des appels à l'aide mais aussi des revendications et parfois des aspirations politiques souvent invisibilisées. Cet ouvrage collectif réunit les analyses de sociologues, politistes et photographes engagés afin d'interroger ces mobilisations violentes et les réponses qu'elles suscitent. En croisant les regards quelquefois contrastés, il questionne la construction sociale et politique des émeutes et/ou révoltes, leur mise en récit médiatique, leurs racines structurelles, la transformation des formes de protestation ainsi que les réponses sociales, institutionnelles et politiques, entre répression et pacification, qu'elles suscitent. Il articule des analyses empiriques et des approches critiques pour saisir les logiques à l'oeuvre dans ces insurrections contemporaines : faut-il voir dans ces mobilisations un cri irrationnel, une expression de la marginalité ou une action proto-politique stratégique face aux humiliations, aux logiques de ségrégation et aux épreuves des discriminations ? Quel est le rôle des institutions, de la police, des médias, des activistes, des intervenants sociaux et des technologies numériques dans la production ou la pacification de ces désordres ? A quelles conditions les colères peuvent-elles se transformer en luttes collectives ? Ce livre essentiel pour penser la conflictualité urbaine à l'heure de la ghettoïsation, de l'épuisement de l'Etat social et de la montée des populismes sécuritaires réunit, sous la direction de Manuel Boucher, les contributions de Eric Marlière, Gérard Mauger, Orian Lempereur Castelli, Alessio Motta, Atanasio Bugliari Goggia, Walter Greco, Patrice Ballester, Joël Barthelemy, Thomas Sauvadet, Benjamin Hoffmann & Emilie Auger, Laurent Mucchielli, Christian Mouhanna, Ulysse Rabaté et Sami Zegnani, Florian Pietron, Emilie Fernandez Montoya, Ben Art Core et Michel Wieviorka.
Jusqu'au XIXe siècle face aux difficultés que pose l'individu dans sa famille et la société, surtout dans les grands centres urbains, celui-ci est écarté afin de protéger le groupe. L'histoire de Camille Claudel est éloquente, elle passa 30 ans dans un asile psychiatrique et ce jusqu'à sa mort. Au début du XXe siècle une alternative s'offre alors pour la résolution de ces problèmes, alternative centrée sur la personne, la psychanalyse était née. Freud dira qu'il faut garder la famille en dehors de la cure. Pourtant, il fera de la systémie sans le savoir avec la cure du petit Hans, par l'intermédiaire du père de l'enfant, alors que la psychanalyse n'envisage pas l'intervention d'une tierce personne. Une autre voie verra donc le jour en 1950 à Palo Alto en Californie avec l'apparition de la systémie. L'individu est indissociable de son groupe, de sa famille. Dans cet ouvrage, nous évoquerons l'histoire de la systémie, ses concepts, mais surtout les outils utilisés, véritables supports pour libérer la parole. Ils permettent des médiations entre les membres de la famille, les groupes d'enfants dans les structures, les groupes d'adultes... Ils peuvent être utiles aux travailleurs sociaux, aux psychologues, aux psychiatres, à tous ceux qui sont en lien avec des personnes en difficultés.