Ivan Mazuranic (1814-1890), qui fut le premier ban (gouverneur) roturier de la Croatie alors sous administration austro-hongroise, est l'auteur d'un des chefs-d'oeuvre de la littérature de son pays, traduit en maintes langues étrangères, La Mort de Smail-aga Tchenguitch, un poème en cinq chants, composé de 1 134 vers. Inspirée d'événements réellement survenus dans la première moitié du XIXe siècle, La Mort de Smail-aga Tchenguitch raconte une histoire somme toute assez banale en son temps, représentative des rapports turco-monténégrins et, plus largement, turco-slaves au cours des siècles durant lesquels les Slaves du Sud vivaient sous la férule de l'Empire ottoman. Présenté comme un "preux", mais aussi comme un homme particulièrement cruel, l'aga Tchenguitch est un tyran d'Herzégovine qu'une compagnie monténégrine - dépêchée secrètement par le "seigneur" de Cetinje, Petar II Petrovic Njegos (1813-1851) - et des membres de la tribu Drobnjaci tuent en 1840 à Mljeticak, le jour où "la bête féroce" vient sur le territoire de cette dernière percevoir son tribut, le harac. Considéré comme un "chant de haine" par certains, La Mort de Smail-aga Tchenguitch l'est assurément, non pas d'incitation à la haine de son prochain, mais de haine contre la tyrannie et les tyrans, une haine libératrice que, aux yeux du poète, justifie l'atteinte à la liberté et à la dignité des peuples et des personnes commises par les puissants et les impérialismes.
Nombre de pages
165
Date de parution
21/09/2011
Poids
295g
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EAN
9782352701071
Titre
La Mort de Smaïl-aga Tchenguitch
Auteur
Mazuranic Ivan ; Sidoti Antoine
Editeur
NON LIEU
Largeur
0
Poids
295
Date de parution
20110921
Nombre de pages
165,00 €
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Nominée quatre fois pour le prix Nobel, Ivan Brlic-Mazuranic est l'un des plus grands écrivains croates du XXe siècle. Elle nous conte ici les aventures d'hommes, de femmes et d'êtres fantastiques qui ont façonné l'histoire rêvée de la Croatie. Ses personnages nous transportent dans des décors majestueux, à l'ombre des forêts et montagnes, ou sous les eaux limpides, là où se mélangent les rêves et le réel.
En ces années de l'entre-deux-guerres, marquées par des évolutions techniques considérables, le cinéma occupe, à côté du théâtre, une place non négligeable dans la vie d'Antonin Artaud. Cette place fut trop souvent ignorée ou minorée par la critique, peut-être en raison du caractère de divertissement populaire généralement attribué au cinéma, , peut-être aussi à cause des mobiles alimentaires fréquemment invoqués par Artaud lui-même pour justifier sa participation aux tournages. Cependant il eut la chance de tourner avec les plus grands réalisateurs de son temps : Abel Gance, Marcel L'Herbier, Maurice Tourneur, pour le domaine français ; Georg Wilhelm Pabst, Fritz Lang, Karl Theodor Dreyer, pour les domaines allemand et scandinave. Par conséquent, il apparaît dans des films tenus aujourd'hui encore pour des chefs-d'oeuvre du cinéma muet ou parlant. Bien qu'il incarne à l'écran le plus souvent des personnages secondaires, il obtint quelques rôles d'importance, lesquels se distinguent par une interprétation atypique, quasi indissociable de sa personne : Marat dans le Napoléon d'Abel Gance, le moine Massieu dans La Passion de Jeanne d'Arc de Dreyer, le prédicateur Savonarole dans Lucrèce Borgia, d'Abel Gance, ou encore le Rémouleur ange-gardien dans Liliom de Fritz Lang. En sus de sa carrière d'acteur " à-tout-faire ", Artaud s'adonne à l'écriture de scénarios, pratique très en vogue à l'époque, et partagée par nombre de poètes associés de près ou de loin au mouvement surréaliste. Dans le cadre de cet ouvrage, est développée une étude détaillée de ces textes, en prêtant une attention particulière à celui qui servit de support à la réalisation par Germaine Dulac de La Coquille et le Clergyman, considéré comme le premier film surréaliste. Le rapport du poète au cinéma se révèle toutefois ambigu, comme le prouve - à la lecture notamment de ses lettres - l'expression récurrente d'un certain dégoût, sa critique portant aussi bien sur la fadeur ou l'inanité des rôles qui lui sont confiés que sur l'industrialisation croissante du secteur, La condamnation tardive du cinéma par Artaud - condamnation liée à sa machinerie oppressive, tributaire du capitalisme, et à son idéologie visant la colonisation des esprits - n'est pas totale : pour cet éternel révolté, il était impossible d'en finir avec ce médium qui a fortement influencé sa théorie théâtrale
Un moment peu connu de la vie de Picasso. Un tournant dans son oeuvre. Déconcerté par l'art nouveau, victime de la drogue, le peintre allemand Wiegels (celui dont Mac Orlan ferait le héros de Quai des Brumes) se pendit dans son atelier de Montmartre, en 1908. Picasso, qui entretenait un rapport ambigu avec le jeune peintre homosexuel, fut durablement déstabilisé par sa fin tragique. Sa dépression s'accompagna d'une rupture dans son mode de vie et dans son premier style pictural, même si nombre de personnages de son oeuvre (les Arlequins) resteront "wiegelsiens". En même temps qu'elle s'attache au folklore et aux rapins de la Butte à la Belle Epoque, l'étude éclaire "l'homosexualité secrète" de Picasso, selon l'expression de Cocteau. Cette homophilie éclate parfois dans ses toiles et explique le caractère sado-masochiste larvé de certaines de ses amitiés, sa misogynie, son homophobie — exorcisme de protection.
Voici un livre courageux, élégant et érudit. Au-delà du rapport du Coran à la femme qu'on retrouve le long du texte, au-delà de la représentation islamique finement décrite d'un corps féminin diabolisé ainsi que du statut quasi servile de la femme, le livre aborde des questions taboues, se rapportant à l'institution des "mères des croyants". Il en dévoile les non-dits en décryptant le texte sacré selon une démarche nourrie par les sources les plus autorisées. Comme le souligne l'introduction "le thème profond de ce livre est la contestation féminine à la naissance de l'islam et la façon dont les textes religieux, Coran et Sunna, l'ont étouffée et ligotée, en un mot enchaînée". Mohammed Ennaji "n'a pas froid aux yeux" dans son approche du sacré, l'expression est de Régis Debray dans sa préface à un autre titre du même auteur. Elle se vérifie à nouveau dans "Le corps enchaîné".