En débarquant à Alger en 1830, les Français ont fait de l'Algérie (la Régence) un territoire de guerre (Dar-El-H'arb) où tout Musulman avait pour devoir de combattre l'étranger infidèle. Bugeaud a reconnu " l'ascendant surnaturel qu'Abd-El-Kader a su exercer sur ses concitoyens en prenant la tête de ce combat ". Le maréchal Soult a écrit du chef algérien " qu'il a donné à son pays et à sa population une sorte d'unité nationale, qu'il a créé entre les tribus un lien de solidarité administrative, qu'il les a habitués à une obéissance à l'autorité centrale et a inauguré la perception des impôts, la justice et l'enseignement ". Durant les dix-sept années qu'a duré, sous Abd-El-Kader, la résistance à la conquête, il est apparu que l'Algérie était en voie de devenir un Etat moderne que la colonisation a proscrit jusqu'en 1962. L'INDEPENDANCE, UN COMBAT QUI CONTINUE raconte, à travers ce qu'en a connu l'auteur, les premiers pas du nouvel Etat algérien issu de l'insurrection déclenchée le 1er novembre 1954 ; premiers pas entravés par l'héritage frelaté de la colonisation, par les bouleversements subis par la société et les individus depuis 1830, par les obstacles semés par l'ex-colonisateur, par les pressions impérialistes à l'encontre du projet d'instaurer une République Algérienne Démocratique et Populaire ! L'auteur, expulsé d'Algérie en avril 1955 pour son engagement contre la répression y est revenu en coopération de 1962 à 1974.
Nombre de pages
367
Date de parution
01/11/2006
Poids
615g
Plus d'informations
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EAN
9782915293418
Titre
L'indépendance, un combat qui continue !
Auteur
Galland Jean ; Metref Arezki
Editeur
TIRESIAS
Largeur
0
Poids
615
Date de parution
20061101
Nombre de pages
367,00 €
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Sur les années 1950 en terre algérienne qui alors était considérée comme territoire français, peu de choses furent écrites. Quand je dis peu, je devrais écrire, rien. Or, ici l'auteur, premier expulsé d'urgence en raison de la loi sur l'Etat d'urgence, nous donne une vision et un apport historique de première main sur cette période. Jean Galland, pour mieux nous faire entrer dans l'événement et pour mieux nous faire comprendre ou nous informer, devient Jean-Jacques, personnage clé de cette terrible époque, porteuse de la genèse de ce que deviendra la tragédie algérienne, dont nombre d'entre nous ne se sont toujours point remis d'en avoir été acteur ou spectateur. Cette histoire n'appartient pas aux calendes grecques, elle débute dans un hier très proche, dans ces années 1950 et de Toussaint rouge. Nous voyons au travers de ce parcours que se dessine la préfiguration d'un avenir noir ; cette guerre d'Algérie. Cette infamie blessera toujours la mémoire et l'avenir de ce peuple, mais aussi de toute une génération d'appelés et de ceux, anonymes êtres sans grade, nés sur cette terre qu'ils chérissaient passionnément et qu'ils perdront. Camus parla de sa mère en définissant l'injustice ressentie. Jean-Jacques, lui, parle de l'injustice faite au peuple algérien et surtout nous apporte la lumière sur la façon d'agir de l'Administration française. L'auteur ne fait pas le tri entre le grain et l'ivraie. Il raconte humblement, avec simplicité, avec sincérité, dans une abondance de citations, de lieux, de détails et de situations : son histoire d'instituteur fraîchement débarqué avec sa famille, son engagement politique, sa vision du citoyen et sa volonté d'être actif dans la cité de l'homme. Ce témoignage, ?uvre de mémoire, est essentiel pour la compréhension de ce que furent appelés ignominieusement les événements d'Algérie. A lire pour que le livre reste notre liberté et la vertu de notre démocratie.
Depuis plusieurs décennies maintenant, dans les pays industrialisés, nous "gérons" des risques divers, parfois avec l'aide de risk managers plus ou moins spécialisés. Il existe même désormais une norme internationale qui recense et rend compte des conditions d'une bonne gestion des risques, de tous les risques. Le succès indéniable de cette notion a quelque chose d'étonnant, surtout si l'on se souvient de sa double origine : d'un côté au sein d'autorités publiques en charge d'assurer la sécurité physique de leurs ressortissants respectifs, de l'autre, dans les grandes entreprises privées nord-américaines, lesquelles souhaitaient réduire les charges financières imposées par leurs assureurs. Comment ces deux formes initiales et fort différentes de risk management en sont-elles venues à s'hybrider suffisamment pour qu'il devienne concevable de gérer en même temps tous les risques imaginables, de quelque nature qu'ils soient ...
Geneviève est âgée de trois ans à Saint-Ouen quand je nais dans la Creuse, dans une France encore occupée. A la fin des combats, ma famille s'installe à Auxerre dans la maison de mes arrière-grands-parents, Geneviève suit ses parents en Allemagne où son père officier occupe un poste universitaire. Rien ne peut prédire que nos chemins vont se croiser. Je grandis, entourée de mes parents, de mon frère, de mon petit oncle, choyée par ma grand-mère qui va me transmettre sa culture. Geneviève et sa famille quittent l'Allemagne, pour Auch, puis Auxerre, où son père est nommé inspecteur d'académie. Elle fréquente le lycée, puis entre à l'Ecole normale. Elle parvient en quatrième année, où je suis encore en seconde au lycée. Je suis les cours du groupe théâtral Cadet Roussel où mon frère, un jour, arrive accompagné de Geneviève. Pour s'amuser, il emmêle nos chevelures alors que, assises dos à dos, nous écoutons Verlaine. Nous devenons plus que des soeurs. Comme des jumelles, nous vivons désormais en miroir l'une de l'autre. La magie va durer cinquante ans. Nous suivons des parcours de vie différents, mais menons les mêmes combats, pour notre liberté de femmes. Jusqu'à ce que Geneviève, atteinte d'un cancer du poumon et d'une tumeur du cerveau, décide de couper le ruban de sa vie. Elle me laisse orpheline inconsolable.
C'est l'histoire au quotidien de ces résistantes arrêtées qui, souvent après avoir été torturées, se retrouvent dans ces prisons et ces pages vont nous faire vivre leur itinéraire. Chacune d'entre elles se raconte et nous raconte son arrestation mais aussi son engagement, la vie carcérale, les s?urs gardiennes, la police, les " Droit Commun ", les " Politique " et leur lutte pour rester dignes et fidèles combattantes de l'armée de l'ombre. Cet ouvrage rend hommage à ces étrangères qui très tôt entrèrent en lutte et furent emprisonnées : Espagnoles, Allemandes, Polonaises... On sait maintenant leur condition de détention, leur vécu, mais aussi, chose rare, le fonctionnement de ces lieux d'oppresson, de collaboration et de résistance. C'est la part noire de l'histoire des prisons parisiennes pendant l'occupation. Si beaucoup partiront dans les convois les emmenant vers Auschwitz ou Ravensbrück, si beaucoup mourront en déportation ou du typhus, celles, libérées ou évadées, continueront le combat clandestin. Ce livre est comme une stèle du souvenir pour ces lieux de supplices (dont deux seront rasés après la guerre). Il révèle la volonté de continuer à témoigner et appartient à notre mémoire collective. Ces pages sont une ode à la femme dont le rôle et la lutte pendant cette période ont été trop souvent oubliés sinon négligés.
Ces pages ouvrent un nouveau chantier de recherches et d'investigations sur notre Histoire du XXe siècle. Nous proposons d'ouvrir le dossier sur les prisonniers de guerre de 14-18 pour découvrir le petit peuple des prisonniers poilus, du deuxième classe au sous-officier, ce combattant devenu prisonnier dont on parle trop peu souvent, et le mépris qu'on lui porte fait en sorte qu'on ignore la tragédie de sa condition. Plus terriblement, sont mis à jour les sévices et l'horreur qu'ont subis les populations civiles - enfants, femmes, invalides, vieillards. Jean-Claude Auriol fait appel tant à la littérature qu'aux correspondances, travaux de la Croix-Rouge, rapports administratifs pour relater l'horreur des faits vécus. L'auteur écrit : " Sans doute est-il bien tard pour parler encore de la guerre... Cependant un chapitre reste encore trop ignoré, celui des prisonniers de guerre français en Allemagne... certains témoignages furent détruits par les Allemands en 1940, à leur arrivée en France... à l'époque, être prisonnier était avilissant. " Citons cet exemple : en plein Sénat en 1916, un général déclarait : " Les prisonniers ne sont pas intéressants, ce sont des chevaliers de la crosse en l'air et des embusqués. " La mémoire collective a oublié que le prisonnier de guerre est passé par le front. Ces hommes partirent vers le nord, l'est ou le sud de l'Allemagne. Ils connurent la faim, la soif, l'insomnie et la plupart en ont gardé un souvenir pénible d'ennui, de privations et de rigueurs. Travail et devoir de mémoire, mais œuvre de Justice.