Extrait Et il y eut vraiment une grande indifférence dans la petite salle des profs quand Bruno Hêtre mit cette affiche quelconque, invitant les collègues, anciens et nouveaux, à s'inscrire à ce dîner qui, en ce début d'année scolaire, folklore collégial oblige, devait se dérouler à L'Oasis, restaurant gastronomique créole situé tout près de la plage de Montjoly, à deux pas d'un vent marin capricieux qui, le soir venu, malmenait agréablement les pieds de cocos asséchés. La première à émarger fut Maria : L'ambiance était trop bonne l'année dernière... Il faut qu'on recommence s'écria-t-elle en me prenant à témoin. C'est vrai ça Jean-Baptiste... tu avais tellement bu que tu avais déclaré une flamme éternelle à Simone. Je m'en souvenais et pour bien le lui montrer opinais de la tête, mimais tant bien que ça un mal de crâne que j'avais trimballé longtemps, longtemps, longtemps, sourde appréciation de cette longue nuit alcoolisée. Et les engagés étaient disposés comme dans la Cène de Léonard de Vinci : tout en langueur attablée. Et la principale tenait le rôle de Jésus de Nazareth : plantée au milieu de cette reproduction. Car il y avait effectivement une attention autour d'elle ; tout un chacun, mystique involontaire des serveurs, venait récupérer soit le vin qui était déjà trop loin, soit le pain qui se faisait de plus en plus rare. Et puis et puis les mouvements se firent plus lents et les bouteilles s'amenuisaient pour de bon : les convives se taisaient, n'ayant plus vraiment de bonnes paroles à partager ou d'anecdotes drôles à raconter. Le repas se déroulait maintenant dans une ambiance guindée et l'on entendait seulement les cliquetis des couverts gris et le claquement sec des mandibules acérées. C'était quand même bon. Je le dis à ma voisine de gauche, l'adjointe au chef, elle aussi nouvelle, qui se démenait avec un poisson frit présenté à la mode française, recouvert d'une sauce glacée au curry. ... Et... étourdir par des paroles et des gestes pour que les défenses déployées sur les côtés oublient de protéger le chemin qui mène au bien profond du coeur et de l'esprit... de toute façon... je vais pleurer... n'est pire que le supportable... et même si l'on supporte l'insupportable... pourquoi vouloir décortiquer ce qui est écrit... entre ce que je dis et son interprétation il y a des milliards de neurones alambiqués et aussi des synapses courbes... et du courant électrique. Cette déclaration qui s'apparentait surtout à un élan surréaliste me crispait. Pendant la conversation, nous n'avions à aucun moment évoqué une quelconque attirance pour des poètes modernes. D'ailleurs, au-delà de tout, je m'étais contenté d'une courtoisie de bon aloi, voire développé une rhétorique syndicale ; cela me réconfortait. Les seuls mots qui sortaient de ma bouche évoquaient la qualité du poisson ou bien, était-ce ma façon d'être le Judas de la tablée, je critiquais sans vergogne les chefs d'établissement de cette académie et leur autoritarisme rugueux. Elle rougissait. Je clôturais la parole :... Alors que s'établissent des passages mystérieux...
Nombre de pages
124
Date de parution
24/01/2008
Poids
301g
Largeur
122mm
Plus d'informations
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EAN
9782849900703
Titre
LE DISCOURS PROFANE
Auteur
Duplan Miguel
Editeur
DES EQUATEURS
Largeur
122
Poids
301
Date de parution
20080124
Nombre de pages
124,00 €
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« Cayenne en ce début de millénaire ressemblait à toutes mes envies... »Flic quelconque, uniforme bleu-pâle-bleu-foncé, Jean-Baptiste Simonin, dont la voix s'essouffle sur les chemins chaotiques de la ville, est en rupture, comme détaché de tout. Sa double vie part à vau-l'eau, son supérieur le méprise et ses collègues l'indiffèrent. Seule la litanie d'un poète toxico chante avec lyrisme l'idéal qui manque à son existence.« Un long silence de carnaval » raconte avec fulgurance l'ordinaire d'une vie inapaisée.
Une évocation romanesque et poétique de la vie antillaise passée et contemporaine dont le principal ressort est, comme le dit Miguel Duplan, " le lien brisé entre la femme et l'homme dans les sociétés anciennement esclavagistes " qui "peut être reconstruit, la femme en sera l'architecte, il y va de la survie de ces sociétés".
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Le dialogue est la seule expérience à même de sauver l'humanité Pourquoi, alors que nous n'avons jamais disposé d'autant de moyens de communication, dialoguer est-il aujourd'hui un défi ? Que ce soit dans les couples, les familles, les entreprises ou les institutions, la possibilité d'une parole vraie et d'une écoute de qualité semble avoir disparu. Mais, sans dialogue, comment nous accorder par-delà nos différences de positions ou de points de vue ? Apprendre de soi-même et des autres ? Prévenir et réparer la violence ? Ou tout simplement exister ? Si nous n'arrivons plus à parler avec nos proches, des inconnus, ou de pays à pays, que reste-t-il de notre humanité ? Voici les questions que pose cet essai à la fois revigorant et salutaire. La philosophe Marion Genaivre nous invite à réfléchir aux origines de ce mal moderne tout en nous proposant de puissants sésames pour déverrouiller le dialogue partout où il manque. Une prescription philosophique à employer en toutes circonstances !