Bataille conservateur. Emprunts intimes d'un bibliothécaire
Cornille Jean-Louis
L'HARMATTAN
14,00 €
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EAN :9782747576338
Georges Bataille, qui avait une formation d'archiviste, occupa durant sa vie divers postes de bibliothécaire. Si l'auteur fut un véritable rat de bibliothèque, comme l'attestent les registres où furent consignées ses innombrables lectures savantes, il resterait à établir la liste parallèle, tout à fait officieuse, des lectures d'œuvres le plus souvent littéraires qu'il pratiquait dans les marges de ses propres romans et récits, avant de chercher à discrètement les y intégrer. " Emprunt " prendrait ici un tout autre sens et désignerait l'usage irrégulier, voire quasiment frauduleux, que l'écrivain fit de certaines œuvres (celles, prestigieuses, de Sade, de Rimbaud, de Céline, de Proust et de Kafka, mais aussi celles, contemporaines, de Breton et de Klossowski et même de Pauline Réage) - usage qui n'aurait en aucun cas pu trouver grâce aux yeux du conservateur. Comment devient-on bibliothécaire ? Comme l'on devient auteur, sans doute. Par vocation. Imaginons Bataille tout jeune encore s'aventurant dans le cabinet de son père. A peine a-t-il tenté de retirer l'un ou l'autre volume des rayons qu'il en tombe une multitude de photographies érotiques. Comment contenir un tel déferlement ? Comme l'on colmate une brèche : en replaçant l'ouvrage à l'endroit qui convient. Dans ces conditions, on comprend que derrière un livre s'en tienne toujours un autre. Voilà qui définit parfaitement l'imaginaire étroit dans lequel devait bientôt se cantonner l'écrivain : les livres sont là, à portée de main. Mais c'est derrière ces œuvres de littérature, derrière ces romans empruntés, dissimulés sous eux, que se développeront les récits propres à Bataille, à jamais égaré dans la bibliothèque du père.
Nombre de pages
138
Date de parution
02/02/2005
Poids
150g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747576338
Titre
Bataille conservateur. Emprunts intimes d'un bibliothécaire
ISBN
2747576337
Auteur
Cornille Jean-Louis
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
150
Date de parution
20050202
Nombre de pages
138,00 €
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Imaginez qu'un auteur ait produit une première œuvre qui ne serait composée que de citations plus ou moins déguisées, et qui n'aurait cessé pourtant d'apparaître à ses lecteurs comme absolument neuve. Il est fort possible que, travaillé par le repentir ou soucieux de retoucher cette œuvre qu'il jugerait ne pas être tout à fait sienne, celui-ci décide, à l'autre bout de sa carrière, de la récrire entièrement en refaisant une autre œuvre qui serait aussi sa dernière : elle se conformerait en tous points à l'image de la première, puisque menée en sens inverse, elle lui répondrait point par point, comme dans un miroir dans lequel serait apparu un revenant. Vous aurez deviné que cette première œuvre faite d'emprunts multiples fut pour Jean-Paul Sartre La Nausée, et que l'œuvre qui s'enroule autour de celle-ci n'est autre que Les Mots, cet éblouissant récit de son enfance que l'auteur achève de rédiger à l'âge de cinquante-huit ans, et qu'on s'est empressé, depuis sa parution, de nous présenter comme une sorte d'adieu à la littérature, alors qu'il n'y est question, à vrai dire, que de son éternel retour.
Résumé : Les récits de Georges Bataille sont comme ces chambres un rien sordides qu'occupent la plupart de ses porte-paroles : toujours un vent violent s'y engouffre par une fenêtre grande ouverte aux spectres. Cependant, alors que ceux-ci vont et viennent, un rai de lumière, de sous la porte, se glisse, irradiant par en dessous tout autour de lui et pour finir illuminant la chambre entière... C'est contre toute attente Raymond Roussel qui entre.
Dès leur parution, Les Fleurs du Mal provoquèrent un tel scandale que le recueil dut être repensé en entier. La seconde édition du livre, considérablement augmenté en réaction à son immédiate défiguration, mit quatre ans à paraître. De cette infortune, Baudelaire fit une vertu. On connaît la suite: il ne cesserait dès lors plus de revenir sur ses poèmes, n'écrivant jamais qu'en se retournant sur soi-même. Ce besoin de retoucher l'oeuvre antérieure, non pas en vue de l'embellir mais de la détériorer, il faut vraisemblablement en chercher l'origine dans la sanction qu'on lui infligea dès le départ. Nulle part cette correction n'est plus apparente que dans ses Petits Poèmes en prose qui se présentent d'abord comme la copie ironique et dégradée des grands poèmes en vers. En apparence inachevée, cette réplique agressive n'en possède pas moins une unité qui lui est propre. De fait, quel que soit l'objet sur lequel Baudelaire choisit d'intervenir, c'est toujours de son écriture qu'il s'agit au fond, de son oeuvre dont la maîtrise semble lui échapper, à mesure qu'il cherche à l'achever: comment finir, par quel moyen boucler ce qu'il n'a eu de cesse de désigner comme un pendant à son unique recueil? Cette inlassable et systématique intervention en prose sur sa propre matière poétique, cette repensée baudelairienne, est au centre de l'essai que Jean-Louis Cornille consacre aux Petits Poèmes en prose, une oeuvre sans nom.
Que peuvent, après Chamoiseau et Confiant, nous donner encore les Antilles ? Les relèves sont diverses, nous rappellent ces auteurs, qui n’ont eux-mêmes cessé d’appeler d’autres travailleurs à venir de nouveaux horizons : ne les voit-on pas dans L’Eloge de la créolité tendre la main aux insulaires de l’Est ? L’île Maurice et Madagascar ont répondu présent. De nouvelles têtes chercheuses allongent le cou d’un peu partout : ce sont, parmi d’autres, Ananda Devi, Nathacha Appanah, Amal Sewtohul, Jean-Luc Raharimanana, Michèle Rakotoson, Johary Ravaloson. Avec eux, un déplacement d’aire littéraire est peut-être, discrètement, en train de s’accomplir. Souvenons-nous qu’on appelait autrefois l’Océan indien «la mer des récits» : celle-ci s’apprêterait-elle donc à prendre le relais de «Black Atlantic» ? En matière océane, il n’est pas d’influence qui tienne ; seule y règne en maîtresse l’origine incertaine des récits, et leur trouble confluence jusqu’à nous – pour peu que nous nous ouvrions aux murmures de ces îles indociles.
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Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
La pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.
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