Comment percevoir le sanctuaire grec ? Une analyse sensorielle du paysage sacré
Brulé Pierre ; Pirenne-Delforge Vinciane
BELLES LETTRES
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EAN :9782251444536
Se rendre chez les dieux? L'expérience sensible de nos progressions contemporaines sur les routes et chemins qui nous conduisent vers nombre de sanctuaires helléniques antiques, ceux surtout dont les traces ne sont pas qu?évanescentes, nous rendant chez le Poséidon du Sounion, chez l?Artémis de Brauron, l?Héra de Pérachora, l?Apollon de Delphes, les Létoïdes de Xanthos, cette expérience rend manifeste à nos yeux de pèlerins modernes une première définition du sanctuaire grec : elle est physique ; le site tel que les fouilles en ont restitué tout ou partie du contenu, avec sa voie sacrée qui nous dirige vers son c?ur, son péribole, ses escaliers et toute la géométrie du bâti, à la syntaxe contingente, bien sûr (en raison de l?orographie le plus souvent et de l?hydrographie), évidemment évolutive, mais, quel qu?en soit le dessin, composée à partir d?un lexique commun ? avec, selon les cas, oikoi, autel(s), temple(s), adyton, trésor, hêrôon, portiques, kêpos, alsos??, ce site offre à notre regard une composition architecturale, voire, parfois, quasi urbanistique, qu?il faut lire dans la perspective de ses aménagements successifs, et qui impose le sanctuaire comme une figure originale dans le paysage et aussi du paysage : il y fait signe, masse et sens. L?heureux témoignage d?un voyageur du IIe s. de n. è. comme Pausanias offre plusieurs fois l?occasion de vérifier que, presque 2 000 ans plus tard, nous partageons avec lui cette perception scénographique du sanctuaire, elle qui lui fait s?exclamer que ce sont là des ?uvres humaines ou " naturelles " dignes d?être vues. L?archéologie a suffisamment exhumé de leurs vestiges pour que nous connaissions bien les riches développements architecturaux des sanctuaires grecs. Il n?est que de se rendre sur leurs lieux pour constater à quel point ils font signe dans le paysage. Toutefois, malheureusement, pour les apprécier vraiment, il nous manque gravement un élément fondamental : leur décor végétal qui, le plus souvent, les accompagnait et parfois en formait l?essentiel, sinon l?essence. L?enquête menée dans ce livre est précisément consacrée à cette présence, dans les sanctuaires helléniques de la nature - "naturelle " et/ou humanisée ?. Elle la mène à partir de deux ensembles documentaires qui nous viennent des Grecs et où est précisément évoquée cette " nature " sanctuarisée. Le premier est formé par des dizaines d?inscriptions, dont les correspondants modernes seraient des panneaux d?interdictions, sur lesquels les communautés qui avaient en charge ces sanctuaires proclament de nombreuses prohibitions (de faire pacager les animaux, de couper du bois?). Le second est formé d?extraits de poètes, de géographes, de mythographes et de philosophes où se trouve exprimée une conception de certains paysages (des bois surtout) dont il n?est pas exagéré de dire qu?elle est imprégnée de sacré, comme si, dans cette culture, leur perception par les sens faisait sourdre l?idée du divin dans l?esprit du spectateur et, puisque nous sommes en polythéisme, d?un certain divin. Le premier ensemble témoigne du souci des hommes et des communautés politiques et sociales qu?ils forment de l?intégrité des sanctuaires, quant au second ensemble, il est pour le moins étonnant d?y retrouver la profonde trace ?mutatis mutandis? d?une valeur que connaissent bien nos sociétés contemporaines : la notion de respect/protection de ce que nous appelons l?environnement (ici, le paysage sacralisé). L?enquête démontre la convergence des notions d?intégrité, de respect, de sacré, que, malgré leur nature si différente, ces deux ensembles de documentaires expriment finalement le même fait culturel, à savoir que les populations grecques antiques, dans l?espace qu?elles ont occupé et dans leur temps long (voire très long : du IIe millénaire avant notre ère au Ier millénaire après), ont fortement ressenti cette équivalence, ce passage réciproque entre un paysage et une sensation du sacré. Et, une fois le parcours terminé, on s?aperçoit que quelque chose qui ressemble à une archéologie des sensations s?est déroulé en filigrane de ce compte rendu d?enquête.
Résumé : " Contemplez chaque jour, dans sa réalité, la puissance de la cité, aimez-la, et quand elle vous semblera grande, dites-vous que les hommes qui ont acquis cela montraient de l'audace, discernaient leur devoir et, dans l'action, observaient l'honneur "... La fidélité, voilà ce que Périclès réclame de ses concitoyens. Pierre Brulé s'attache à décrire cette relation de l'individu à la cité et de la cité à l'individu, d'Athènes à Périclès, à travers guerres et paix, dans ce Ve siècle av. J.-C. où s'élaborent les fondements de la démocratie.
Comment peut-on être grec à l'époque d'Homère ou d'Alexandre? Certainement pas comme on est aujourd'hui français, américain ou italien. Les Grecs ne se pensaient pas comme nous nous pensons. Pas plus qu'ils ne pensaient l'univers comme nous le pensons, ni leur cité, leur politique ou leurs rapports humains. C'est à l'autopsie d'une culture que nous convie Pierre Brulé, l'autopsie d'une culture lointaine, menée à l'aide d'une matière vivante: des textes d'une actualité et d'une modernité étonnantes (niveau **), qui ne nous donnent pas seulement à voir le monde des Grecs, mais à le comprendre de l'intérieur.
Les Athéniens avaient fait le voeu de sacrifier tous les ans autant d'animaux que d'ennemis tués si la déesse donnait au peuple la victoire. Ils se contentèrent de 500 chèvres qu'ils sacrifiaient chaque année à Artémis en exécution de ce voeu fait avant la bataille de Marathon. La chèvre et Artémis? Ce couple symboliserait à lui seul une des raisons d'être de ce livre. Mises en regard, et chacune pour ce qu'elle est, elles figurent le concret et l'imaginaire, en miroir. De son côté, la chèvre, policée et sauvage, offre une voie, détournée peut-être, mais si adéquate, pour entrer en pensée, en matière et en territoires grecs. Ni d'ici d'ailleurs. Ni de l'ager ni du saltus. Contiguë des deux mondes matériel et idéel. Celle qui boit le vent, respire par les oreilles et amplifie les messages du dieu est si proche du divin, et des fillettes; si proche d'Artémis.. Par les textes rassemblés ici, ce livre porte sur cette Grèce d'à côté un regard attentif, amoureux, autant que possible compréhensif . Ni la pensée, ni les actes, ni la matière ne sont étudiés pour eux-mêmes. Et, au-delà des thèmes traités (démographie, genre, corps, mythes, cultes, polythéisme, parenté), il n'est pas impossible que le lecteur perçoive des proximités singulières d'un thème à l'autre, surprenantes, voire étranges, d'autres sens que ceux que nos taxinomies habituelles cloisonnent.Pierre Brulé est professeur d'histoire grecque à l'université Rennes 2 et fondateur du Crescam.
Résumé : "Une enfance pieuse, studieuse, où déjà, comme un mot d'Hadrien en témoigne, se révèle le trait spécifique du caractère, l'entière sincérité ; une jeunesse chaste, de bonne heure associée aux responsabilités du gouvernement, sans que les soucis et les charges portent aucune atteinte à la spontanéité ou à l'intensité de la vie intérieure ; l'âge mûr et la vieillesse voués sans réserve au service de l'Etat et aux intérêts de l'humanité, en un temps où les difficultés furent rudes et qui connut même des dangers graves ; enfin, laissé après soi et parvenu jusqu'à nous, un petit livre, quelques feuillets, mais si pleins, où survit et transparaît une âme aussi haute que pure, tel fut le destin de Marc-Aurèle, destin privilégié, auquel semblent avoir également collaboré - comme pour justifier les dogmes de l'école à laquelle l'empereur philosophe a adhéré si fermement - la raison souveraine qui distribue son lot à chacun et la volonté éclairée de l'homme à qui ce lot était échu." Aimé Puech, extrait de l'introduction (1947).
Voulez-vous des enfants instruits, ou des ignorants ? Question trop abrupte ? On l'a prétendu : l'important, plutôt que le savoir, n'est-ce pas l'habileté à trouver l'information ? Mais non : pour toute chose ou presque, il faut des bases, et apprendre, c'est incorporer. C'est le premier objet de ce livre. A présent et de façon générale, notre école peut-elle faire des enfants instruits ? Au vu de sa pente, on en doute. L'état du service public laisse trop à désirer. Que faire alors ? C'est le second objet de ce livre : trouver comment enrichir l'école, vite. La crise de notre système éducatif est plurielle, dans ses aspects comme dans ses causes. L'urgent n'est pas de chercher à qui la faute, mais d'aller au fond des problèmes posés. Nature et valeur de la culture à installer, rôle et statut des enseignants, place des écrans et de l'IA, relations avec les familles, destin de l'idéal républicain... En dix chapitres, ce livre qui s'adresse à tous s'attache à éclairer une série de points clés, et à définir les nouveaux équilibres dont, quoi qu'il en soit de l'état du monde, l'éducation scolaire aura besoin.
Dans ce court texte sublime, mais à la vérité insupportable, Sénèque philosophe et poète raconte le raz-de-marée ultime qui rayera l'humanité de la carte... et fera voler en éclats toutes nos certitudes. La fin du monde n'est pas seulement le jeu vertigineux des éléments emportés par des forces déchaînées et destructrices, faisant irruption dans tous les replis de la nature, c'est surtout, chez les humains, l'absolu de la détresse : ils sont désormais tenus de comprendre qu'il y a pire que la mort. Comment mesurer l'angoisse infinie du vivant quand son monde se dérobe, mis en face de sa radicale incapacité à survivre ? En faisant voir, inscrite dans la fin du monde, la fin de l'humanité, Sénèque fait apparaître la solidarité de l'homme et de sa planète. Essentielles pour comprendre l'Eternel retour, ces pages représentent aussi l'une des premières traces humaines de l'éco-anxiété, magistralement expliquées par Jean-Louis Poirier et illustrées par Hubert Le Gall qui nous offre ici son "reportage photo" du déluge. Voilà l'occasion, pour le lecteur, d'affronter - qui sait ? - l'apocalypse avec sagesse.
Résumé : Haletante et foisonnante, la mythologie grecque n'a pas fini de nourrir nos rêves. A l'intérieur de ce labyrinthe mystérieux peuplé de créatures furieuses, merveilleuses, amoureuses, nous aimons nous perdre et nous retrouver. En un seul récit poétique et enlevé, ce livre richement orné raconte toute la mythologie depuis le chaos initial jusqu'à la fin du monde des héros. Dans cette fabuleuse odyssée, chaque fleur porte le nom d'une jeune beauté trop aimée des dieux ; chaque bête naît d'un drame humain ou divin ; à chaque montagne, à chaque étoile s'attache un destin sublime ou monstrueux, issu de passions tourmentées. Les remparts de Mycènes et de Troie, bâtis par des dieux, portent encore les traces sanglantes des massacres héroïques. Conteur complice et malicieux, Pierre Sauzeau déploie pour les lecteurs l'infinie variété des mythes, la poésie des noms et la sagesse de ces "mensonges vrais", qui depuis trois mille ans nous posent des énigmes fascinantes, tragiques et délectables.
Sur l'Acropole, on pouvait croiser Socrate, Aristophane, Sophocle, Hippocrate et Alcibiade, mais qu'en était-il des gens ordinaires ? Justement, ce livre nous fait partager leur quotidien en l'an -416. Ainsi, deux esclaves d'Aristophane lisent sa nouvelle pièce, une danseuse suscite l'admiration de Socrate et un professeur de lutte s'apprête à entraîner Platon, encore adolescent. D'autres personnages se succèdent : des politiciens et des sportifs, une sorcière, une épouse infidèle, une hétaïre, un urbaniste, un contrebandier, un espion... 24 chapitres, 24 heures, 24 personnages, 24 métiers et situations, 24 façons d'entrer dans la société athénienne, le tout porté par un style narratif, rythmé par des illustrations et des encadrés pédagogiques, pour nous immerger dans une civilisation qui marqua l'Histoire et dont nous sommes les héritiers directs.
La référence mondiale sur l'histoire de Sparte enfin traduite. Les Spartiates sont nos ancêtres, tout autant que les Athéniens. Mais alors qu'Athènes prônait la démocratie, l'individualisme et la culture, leur grande rivale Sparte incarnait le militarisme, la ségrégation et la répression brutale. Aussi impitoyables que formateurs, leurs rituels de guerre dévastateurs ont fait des Spartiates la force de combat ultime, incarnée par leur victoire aux Thermopyles. Sparte est néanmoins une cité de contrastes : alors que les hilotes étaient réduits en esclavage, les femmes spartiates, telle Hélène de Troie, étaient éduquées, libres de danser et de pratiquer un sport. Entrecoupé de biographies des plus exceptionnelles personnalités spartiates et basé sur trente ans de recherche, l'ouvrage de Paul Cartledge retrace l'histoire du peuple spartiate de 480 à 360 avant J. -C. , depuis son ascension au statut de grande puissance du monde grec à sa chute.
Edmond Lévy, ancien élève de l?École normale supérieure et ancien membre de l?École française d?Athènes, a été professeur d?histoire grecque et doyen de la faculté des sciences historiques de Strasbourg. Il dirige la revue Ktéma.
Un réchauffement climatique suivi de sécheresse et de famines, des séismes, des guerres civiles catastrophiques, de gigantesques mouvements de populations fuyant leurs terres d'origine, des risques systémiques pour les échanges internationaux? Nous ne sommes pas au XXIe siècle, mais bien au XIIe siècle avant J.-C. ! Toutes les civilisations de Méditerranée grecque et orientale (de la Crète à l'Égypte, de Canaan à Babylone, etc.) se sont en effet effondrées presque simultanément, il y a plus de trois mille ans. Des régions entières ont été désertées, des villes détruites et définitivement vidées de leurs habitants. L'Égypte ne sera plus que l'ombre d'elle-même.Comment un ensemble de civilisations florissantes a-t-il pu disparaître aussi brutalement ?Le grand archéologue américain Eric H. Cline mène l'enquête et nous raconte la fin de l'âge du bronze sous la forme d'un drame en quatre actes. Il fait revivre sous nos yeux ces sociétés connectées qui possédaient une langue commune, échangeaient de multiples biens (grains, or, étain et cuivre, etc.), alors que les artistes circulaient d'un royaume à l'autre. Les archives découvertes témoignent de mariages royaux, d'alliances, de guerres et même d'embargos. En somme, une " mondialisation " avant l'heure, confrontée notamment à des aléas climatiques qui pourraient avoir causé sa perte?Une passionnante plongée dans le passé qui nous oblige à réfléchir.