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Sincèrement vôtre, Chourik
Oulitskaïa Ludmila ; Benech Sophie
GALLIMARD
24,90 €
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EAN :9782070772933
« Chez lui, la pitié et le désir physique étaient logés au même endroit ». C'est ainsi que Ludmila Oulitskaïa décrit le ressort secret qui fait de son héros Chourik une sorte de saint laïque entièrement dévoué aux femmes, et son dernier roman suit avec un bonheur narratif éclatant le parcours amoureux, ou plutôt sexuel, de ce Don Juan à l'envers. Car Chourik est un jeune homme d'une grande beauté, et l'objet de toutes les convoitises féminines. Ce n'est pas un séducteur, ni même un homme sensuel, mais depuis son initiation sexuelle par une femme plus âgée dont la solitude lui inspirait de la compassion, le désir sexuel chez lui est déclenché de manière quasi-automatique par ce sentiment de pitié. Chourik passera donc sa vie à consoler des femmes de tous âges : il y a d'abord Mathilda, une artiste un peu excentrique dont il satisfait l'appétit sexuel tous les lundi ; puis une camarade de classe, une provinciale, tatare et assez laide, perdue dans la capitale, qui elle aussi a besoin d'être réconfortée ; ensuite Léna, qu'il épousera même pour la sauver du déshonneur, car le père biologique de son enfant est un Cubain tombé en disgrâce et expulsé juste après les débuts fulgurants, et féconds, de leur histoire d'amour ; Valéria, la chef de service à la bibliothèque où Chourik commence sa carrière professionnelle est certes flamboyante et de quinze ans son aînée, mais elle est aussi invalide, et la pitié que ressent Chourik pour cette femme fera de lui son amant régulier, et même le père de son enfant - qui ne vivra pas -, et son ami fidèle jusqu'à sa mort ; Svetlana, ensuite, est dépressive et hystérique, mais Chourik se sacrifie volontiers pour arrêter ses crises de larmes, sauf une fois... La ronde des femmes que Chourik console ainsi par une activité sexuelle débordante est impressionnante, mais celui-ci n'est pas un homme heureux pour autant. Il a grandi entre deux femmes, une grand-mère énergique qui lui a inculqué les bonnes manières et le goût des langues étrangères, et une mère fragile, au tempérament artistique incertain. Son pianiste de père (l'amant, et non le mari, de sa mère) a été écrasé par un tramway juste après avoir fait la connaissance de Chourik bébé. Mais c'est le souvenir d'une troisième femme qui hante Chourik pendant toutes ces années : Lilia, son amour de jeunesse, émigrée en Israël peu de temps après leur rencontre, après quelques semaines d'un bonheur insouciant. Lilia, la seule femme qu'il n'a pas dû consoler...C'est d'ailleurs sur le retour de Lilia à Moscou, pour une visite de 24 heures, que se termine le roman d'Oulitskaïa, et sur ses commentaires désenchantés : Chourik a vielli, il s'est empâté et il n'a rien fait de sa vie. Oulitskaïa - qui est plus que jamais la biographe attentionnée de chacun de ses personnages - invente ici un héros, ou plutôt un anti-héros, profondément original : Chourik est un caractère tragi-comique, une âme tendre et sensible qui rate sa vie par compassion pour les autres, par son incapacité à dire non, et surtout, par un mécanisme sexuel auquel il ne parvient pas à échapper. Mais Oulitskaïa parvient aussi une nouvelle fois à entraîner son lecteur dans une vaste fresque de la société soviétique, dont les très nombreux personnages secondaires illustrent toute la complexité. Sincèrement vôtre, Chourik est devenu le plus grand succès commercial de Ludmila Oulitskaïa en Russie. Ludmila Oulitskaïa est aujourd'hui un des auteurs russes les plus lus dans le monde. Sincèrement vôtre, Chourik est son septième roman traduit en français. L'auteur sera à Paris en mars 2005 pour la sortie du roman à l'occasion du Salon du Livre.e;ducteur, ni même un homme sensuel, mais depuis son initiation sexuelle par une femme plus âgée dont la solitude lui inspirait de la compassion, le désir sexuel chez lui est déclenché de manière quasi-automatique par ce sentiment de pitié. Chourik passera donc sa vie à consoler des femmes de tous âges : il y a d'abord Mathilda, une artiste un peu excentrique dont il satisfait l'appétit sexuel tous les lundi ; puis une camarade de classe, une provinciale, tatare et assez laide, perdue dans la capitale, qui elle aussi a besoin d'être réconfortée ; ensuite Léna, qu'il épousera même pour la sauver du déshonneur, car le père biologique de son enfant est un Cubain tombé en disgrâce et expulsé juste après les débuts fulgurants, et féconds, de leur histoire d'amour ; Valéria, la chef de service à la bibliothèque où Chourik commence sa carrière professionnelle est certes flamboyante et de quinze ans son aînée, mais elle est aussi invalide, et la pitié que ressent Chourik pour cette femme fera de lui son amant régulier, et même le père de son enfant - qui ne vivra pas -, et son ami fidèle jusqu'à sa mort ; Svetlana, ensuite, est dépressive et hystérique, mais Chourik se sacrifie volontiers pour arrêter ses crises de larmes, sauf une fois...
Depuis toujours, Sonia puise son bonheur dans la lecture et la solitude. C'est dans une bibliothèque que, à sa grande surprise, Robert, un peintre plus âgé qu'elle, qui a beaucoup voyagé en Europe et connu les camps, la demande en mariage. Avec Robert et, bientôt, leur fille Tania, Sonia n'est plus seule, elle lit moins, mais, malgré les difficultés matérielles de l'après-guerre, elle cultive toujours le même bonheur limpide, très légèrement distant et ironique. Des années plus tard, Tania introduit à la maison son amie polonaise Jasia, fille de déportés, mythomane, fantasque, aussi jolie que Tania est laide, et goûtant, comme elle, aux jeux amoureux. Jasia devient la maîtresse de Robert. Malgré son chagrin, Sonia est toujours heureuse Robert meurt. Tania et Jasia s'en vont à leur tour, Sonia se retrouve seule, elle se remet à lire. Elle irradie toujours du même bonheur résolument paisible et mystérieux.
Résumé : "Lorsque sa vie fut réglée à la perfection, ce fut le début de la vieillesse". Si nous pouvons sentir, connaître et étudier notre corps, l'âme en revanche se refuse aux défi nitions. Que recouvre-t-elle précisément ? Est-elle présente tout au long de notre existence, ou se révèle-t-elle seulement à certains moments ? Telles sont les questions que se posent les personnages qui peuplent ces nouvelles, à des instants à la fois exceptionnels et quotidiens : un médecin légiste s'interrogeant sur des traces visibles, une épouse esseulée qui se découvre des propriétés physiques étonnantes, un jeune homme qui se fond dans un paysage bien-aimé. En un subtil jeu d'échos, ces points déposés à la lisière entre la vie et la mort tracent une esquisse surprenante et délicate du passage dans l'au-delà.
C'est dans son loft d'artiste à Manhattan, dans une ville écrasée de chaleur, qu'Alik, peintre juif russe émigré, va mourir. Il n'est pas de mort annoncée qui ne soit aussi drôle et, paradoxalement, un tel hymne à la vie que celle d'Alik. Entouré de sa femme Nina et de ses anciennes maîtresses, l'agonisant souhaite que la fête continue, alors que Nina ne pense qu'à sauver son âme. Un prêtre orthodoxe et un rabbin vont se succéder au chevet du mourant et leur rencontre est le point d'orgue, d'une drôlerie irrésistible, de ces funérailles pas tout à fait ordinaires.
Résumé : Une vieille mendiante ou de brillants intellectuels, de petites gens ou des privilégiés - Ludmila Oulitskaïa nous brosse un tableau extraordinaire de la vie moscovite d'après-guerre à travers neuf nouvelles d'une rare qualité littéraire. Héritière de Tchekhov, elle peint des tableaux de famille, met en scène des personnages dont les enjeux, apparemment étrangers à nos préoccupations, nous touchent par une humanité quasiment palpable. Loin de la petite politique ou des beuveries d'arrière-cour, loin aussi des lancinantes réflexions philosophiques, ces textes lumineux, drôles parfois, nous plongent dans des univers étonnants et nous donnent à voir une vérité sur la société russe comme peu d'auteurs contemporains ont su l'exprimer jusqu'à présent.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Kiev, printemps 1919. Vingt-huit soldats de l'Armée rouge ont mystérieusement disparu aux bains municipaux. N'ont été retrouvés que leurs vêtements laissés au vestiaire. Ont-ils déserté ? Ont-ils été assassinés ? Et par qui ? Des brigands, des agents de la contre-révolution ? Samson mène l'enquête. Il arpente les rues de Kiev, met à profit les rudiments de formation qu'il a reçus, et progresse dans l'art d'interroger témoins et suspects. Méthodiquement, il remonte la trace des disparus, utilisant les pouvoirs de son oreille coupée. Au fil de ses investigations, il explore les fausses pistes et met à jour d'autres affaires d'importance, dont celles d'une curieuse contrebande de caviar et d'un non moins inquiétant trafic de cocaïne auquel semble étroitement mêlé l'escroc belge Jacobson - rencontré dans L'Oreille de Kiev - qu'entre-temps la Tchéka a recruté comme agent. Mais c'est grâce au talent d'un poète des rues et à l'obstination d'un cheval orphelin qu'il réussira enfin à résoudre l'affaire et à arrêter les coupables. Le roman s'achève sur un coup de théâtre qui laisse entrevoir toute la noirceur mais aussi la complexité du tchékiste Abiazov...
Ce roman pulvérise toutes nos attentes, Maria Stepanova s'y révèle être une véritable artiste". Berliner Zeitung M. est écrivaine. Quelques années plus tôt, son pays a déclaré la guerre à l'un de ses voisins. Désormais en exil, elle s'applique à recréer un nouveau chez-soi, tout en se sentant peu à peu coupée de sa langue : celle qu'elle a parlée toute sa vie, dans laquelle elle a écrit ses livres, celle dont elle tente, aujourd'hui, de se détacher. Alors qu'elle se trouve dans un train en partance pour un festival littéraire à l'étranger, une grève perturbe le programme. Le voyage s'achève dans un village perdu où M. ne connaît personne et son téléphone portable est déchargé. Et si, comme par magie, elle disparaissait ? L'Art de disparaître est un grand roman sur l'exil, la perte de repères et le réenchantement du quotidien par l'écriture. Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard
2022, Moscou. Depuis une fenêtre, David ajuste le viseur de son arme. Il se tient prêt à tirer sur sa cible. Quatre ans après avoir retrouvé son père qui avait trempé dans de sombres affaires d'espionnage, David Kapovitch doit replonger dans le grand bain des secrets. Le jour de son anniversaire, un inconnu répondant au nom de Sergueï lui propose son aide pour libérer son père, retenu en Russie. En contrepartie, David lui confierait des informations sensibles dont seule sa mère a connaissance. Peut-il vraiment faire confiance à Sergueï ? David n'en a aucune idée, mais il choisit de saisir la chance de sauver son père des griffes du numéro un, quitte à y laisser la vie. Ce roman de politique-fiction habilement tourné est digne d'un film d'action où chaque nouvel élément vient interroger la véracité du précédent. Conservant le suspense jusqu'à la toute dernière ligne, Opération combinée nous emporte, sur un rythme haletant, au coeur du pouvoir russe.