Comment trouver l'amour à cinquante ans quand on est parisienne (et autres questions capitales)
Morin Pascal
ROUERGUE
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EAN :9782812604690
Il fallut mettre le cercueil sur la tranche. Il ne passait pas, à l'horizontale, par la porte de l'emplacement maçonné qui lui était réservé, dans la haute paroi d'alvéoles de béton de la «section des indigents» du cimetière. La défunte était tellement grosse.Catherine Tournant, debout, sérieuse et vêtue de noir, se trouva saisie par l'horreur de la situation. Elle qui, quelques secondes plus tôt, ironisait mentalement sur le décès de Sylvia Jackowska, mère de son élève Natacha, se fit une image trop précise de l'intérieur de la boîte pour rester détachée. Aussi arrêta-t-elle le flot de pensées cyniques qui affleuraient à son esprit. En d'autres circonstances, elle se serait abandonnée à formuler une remarque lapidaire à l'encre rouge dans la marge de la scène qu'elle était en train de vivre. Elle aurait laissé libre cours à cette pure manifestation de sa déformation professionnelle. Mais, ce jour-là, elle ne se le permit pas.«Ça m'écoeure!» se disait de son côté Natacha Jackowska. Sa mère ne reposerait donc pas comme un gisant, allongée sur le dos, les mains jointes sur le ventre. Non, la position serait humiliante pour l'éternité. Sa mère, de toute façon, n'avait jamais été comme tout le monde. Elle était énorme. Un phénomène. Le cercueil, de la plus grande taille disponible dans les stocks municipaux, était plein de son corps, non pas comme un lit, mais comme un baquet. Et Natacha Jackowska avait cette vision en tête. Sa mère liquide. Emplissant le cercueil jusqu'au couvercle, heureusement étanche, jusqu'aux rebords, comme une terrine trop grasse. Sa mère, dans la mort même, était une marginale. Elle le savait depuis toujours. Dès son enfance, elle l'avait compris. Et Natacha Jackowska, élève de terminale littéraire au lycée Saint-John-Perse d'Aulnay-sous-Bois, où elle trimait pour de maigres résultats, oui, Natacha Jackowska, fille de cette émigrée polonaise étouffée par son propre corps devenu difforme, orpheline désormais depuis soixante-douze heures, esquissa, pour la première fois depuis longtemps, un sourire.Catherine Tournant le remarqua. Elle se demanda ce qui pouvait, en un instant pareil, en être la cause. Malgré l'aide concrète qu'elle lui avait apportée, en l'accompagnant à la mairie pour faire les démarches auprès des services funéraires et en lui arrangeant un rendez-vous avec une assistante sociale, elle ne s'était pas véritablement intéressée à Natacha Jackowska. Elle s'en fit mentalement le reproche: «Dois être plus attentive aux autres.» Et puis, elle était bien décidée à savoir ce qui amusait la jeune fille, au milieu de tant de misère.Natacha Jackowska se ressaisit sur-le-champ et reprit le visage impassible d'enfant triste qu'elle avait toujours porté comme un masque. Elle était majeure depuis deux mois déjà. Elle avait eu dix-huit ans en juillet. Elle avait redoublé son CM2, mais jamais depuis. C'est toujours de justesse qu'elle était passée dans la classe supérieure et elle n'avait pas intégré la filière littéraire par choix mais par calcul: elle était totalement nulle en mathématiques et elle parlait le polonais. Deux raisons qui avaient convaincu ses professeurs de la pousser dans cette voie dont elle ne voyait pas l'intérêt. Elle n'aimait pas lire, pas écrire, et elle ne supportait les interminables cours de philosophie qu'en se réfugiant dans un monde fantasmé de liberté absolue et de règlements de comptes violents, toujours muette et lisse, effacée. Elle ne comprenait pas très bien pourquoi Catherine Tournant s'occupait d'elle.
Au cours d'un voyage vers sa mère mourante, un homme tente de reconstituer la vie de celle qui l'a abandonné à la naissance.Un homme de quarante ans, Alexandre, prend la route au petit matin. Un coup de fil l'a prévenu, la veille, que sa mère, mourante, l'appelait à son chevet. Alexandre ne l'a jamais connue : elle l'a abandonné à sa naissance, le laissant sous la responsabilité d'un grand-oncle. Fille-mère à seize ans, issue d'un milieu rural, elle a été envoyée à Paris le temps de la grossesse puis a disparu définitivement. Durant cette journée de voyage, l'homme tente de reconstituer ce qu'a été le destin de cette jeune fille dans les années 1960 : l'attrait sensuel pour des hommes virils, la grossesse cachée, l'internat et les cours de sténo, la tentative d'avortement, le départ pour Paris le temps de l'accouchement. En parallèle, Alexandre raconte comment, enfant, il traquait la présence de sa mère, la cherchant à chaque coin de rue, l'insultant dans ses nuits, exigeant de son père d'adoption qu'il lui parle de cette mère absente. Mais au fil du voyage, dans cette descente vers le Sud dont la mère est originaire, le récit se brouille. En quoi ce récit est-il véridique et vraisemblable ? Que lui a-t-on rapporté réellement sur sa mère ? N'est-ce pas plutôt une collection de fantasmes, celle d'un homme confronté à l'énigme fondamentale de ses origines ...La construction fragmentaire de ce texte ambigu fait alterner une évocation des années 1960 et le récit d'une enfance déchirée et solitaire. Amour, haine, violence et sensualité y tissent le portrait d'une mère absente. Publié par les éditions du Rouergue en août 2005, Les Amants américains, comme le premier livre de l'auteur, L'Eau du bain, emmène le lecteur dans les eaux troubles du roman familial. Né en 1969 à Nyons (Drôme), Pascal Morin est professeur de lettres dans un lycée de Sevran (93) et professeur de cinéma à la New York University, à Paris. Il est l'auteur de deux autres romans : L'Eau du bain (Le Rouergue, 2003, et Babel n° 701) et Bon vent (Le Rouergue, août 2006).
Dans un village du Sud, un jeune homme retourne pour les vacances dans la ferme où il a grandi. La famille, bizarrement, n'est constituée que d'hommes le père, le grand-père et les deux autres fils. Tous sont exploitants agricoles, à la différence du narrateur, passé dans le camp des citadins. C'est à sa demande de vacancier qu'a été creusée cette année, à la place du jardin du grand-père, une piscine incongrue dans ce monde voué à la sueur et à l'effort. Et c'est autour de cette eau qui dort que se noue une étrange tragédie en plusieurs actes, qui commence le matin où le narrateur pousse le grand-père dans la piscine. Est-ce qu'un noyé, ça flotte ? Dans ce premier roman au goût âpre et ironique, qui reconstitue de façon saisissante le monde rural du Sud (chaleur, fierté du travail, silence et dissimulation), la violence avance sans culpabilité aucune, dans la volonté affirmée du plaisir.
Hier, sur la Montagne-Rouge, un home est tombé. C'est par cette nouvelle que sont accueillis, le premier matin, les nouveaux stagiaires du club des Aigles. Ils sont cinq, néophytes du vol libre ou pratiquants confirmes, tenus de cohabiter durant deux semaines dans une ancienne caserne perdue dans la campagne. Paul, le narrateur, dit être un journaliste enquêtant sur les sports extrêmes. Mais comme ses compagnons, il triche en s'inventant un personnage. Que cherchent ils tous, au-delà de leur désir apparent de se confronter a l'ivresse du vol? Alors que l'ombre du mort de la Montagne-Rouge plane sur la vallée, ces hommes aux prises avec leurs secrets vont défier la pesanteur, peu a peu se dévoiler et peut être se libérer de leurs fantômes et de leurs peurs.
Qui était vraiment Pavel Munch, ce sculpteur provocateur et médiatique, dont la disparition reste inexplicable? En enquêtant sur sa vie, depuis son enfance solitaire jusqu'à sa conquête du Tout-Paris, un écrivain espère lever les mystères d'un destin tissé de légendes. Dans ses oeuvres comme dans sa vie, Pavel Munch s'affranchissait de toute morale et pétrissait avec le même plaisir la terre et les corps des hommes. Mais, très vite, l'enquête prend des détours inattendus. Que cache donc le biographe? Au fil d'une narration savamment tissée de vrais et faux miroirs, le lecteur est entraîné dans un jeu de piste fascinant.
Des secrets, il y en a de tout petits, des honteux et des beaux. Lorsque la Fausse Blonde promet à Molly de lui révéler le sien, cette dernière tombe dans le traquenard. Elle la suit sur la butte, malgré la chaleur de l'été et l'ambiance qui va de travers. Bien sûr, une fois arrivées en haut, la Fausse Blonde déclare que son secret a disparu. Comment Molly a-t-elle pu avoir confiance en cette blondasse, qui ment tout le temps? Ce qui est sûr, c'est qu'elle, elle ne lui révélera pas le sien. Car les grands secrets, on les garde pour soi. Surtout lorsqu'ils surgissent mystérieusement du lac, dans leur nudité de prince charmant.
En observant bien les variétés d'arbres fruitiers, on découvre qu'elles sont toutes différentes et que chacune d'entre elles possède un type de ramification puis de fructification particulier. Cette organisation naturelle, libre est la plus harmonieuse et la plus efficace en matière d?édification de l'arbre puis d'induction de la fructification (rapidité de la mise à fruit et équilibre entre croissance annuelle et fructification). La volonté de faire rentrer de force la variété dans une forme géométrique détruit sa façon naturelle et particulière de ramifier et de fructifier. Elle oblige l'homme à maintenir chaque année, artificiellement, un équilibre précaire entre les lieux où s'expriment la croissance et les lieux où se développent la fructification qui se dissocient au lieu de collaborer. Plus sévère est la taille, plus dominant est « l'arbre » alors que la formation de la fleur, son induction puis son évolution vers le fruit, seront incertains et incomplets. Si nous respectons cette construction naturelle de l'arbre puis son mode de fructification, nous n'imposerons plus de tailles artificielles de formation puis de fructification. Nous interviendrons comme des éducateurs, en favorisant les caractéristiques de chaque variété. Cette vision doit provoquer en nous un contrôlede nos « réflexes sécateurs » que nous avons acquis par atavisme. Vouloir ramener systématiquement le fruit sur le centre de l'arbre ou arrêter l'arbre en hauteur avec le sécateur sont autant de pratiques, d'interventions instinctives et destructrices, non respectueuses de la nature et qui n'ont aucune signification physiologique. Dans cet ouvrage, 15 espèces différentes sont traitées. Ne plus tailler les arbres fruitiers pour obtenir en priorité une forme géométrique et structurée mais les accompagner dans leur développement naturel pour obtenir une mise à fruit rapide et de bonne qualité est le but que se sont assignés 24 auteurs et collaborateurs qui se sont regroupés pour traiter chacun d'une espèce particulière sur laquelle leur expérience est irremplaçable.
En 1995, Michel Troisgros et son épouse Marie-Pierre ont ouvert un "café-restaurant-épicerie" à côté de la Maison Troisgros, leur restaurant trois étoiles de Roanne. Le souvenir des salumerie italiennes les a inspirés dans la conception de ce lieu simple et élégant où l'on sert une cuisine précise, d'inspiration ménagère (Tarte à l'oignon et aux cèpes secs, Omelette plate et soufflée à la fourme) où se glissent aussi des souvenirs de voyages (Fish & chips, sauce indienne ou Ceviche de daurade). On y vend également des produits de grande qualité tel le judion, énorme haricot blanc découvert dans les bars à tapas de Séville et ingrédient de choix des Foies de lapin à l'artichaut. C'est sur la base de ce répertoire culinaire que s'est construit ce livre qui propose en 81 recettes d'emporter chez soi l'atmosphère chaleureuse du Central et de s'essayer à une cuisine nourrie de savoir-vivre.
Résumé : Claude Jolicoeur, cidrier passionné depuis une trentaine d'années, aborde dans cet ouvrage la fabrication du cidre, de l'établissement du verger à la mise en bouteille de tous types de cidres. Les débutants apprendront les méthodes de base pour la fabrication d'un premier cidre et, pour les cidriers chevronnés, l'auteur explore des questions plus complexes comme l'analyse des moûts et cidres, l'équilibre des assemblages, la conduite des fermentations, et l'organisation d'une cidrerie artisanale. Il étudie en détail les moulins et pressoirs à pommes, et propose des guides pour leur fabrication. Il s'intéresse aussi aux spécificités des productions et aux variétés de pommes à cidre des différentes régions cidricoles en France, en Belgique, en Suisse, au Canada. Dans ce manuel pratique et illustré, Claude Jolicoeur nous transmet le résultat de ses recherches, de ses expériences et son enthousiasme pour l'art de la cidrerie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l?intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d?une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.La commode aux tiroirs de couleurs signe l?entrée en littérature d?Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l?Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l?exil.« Un magnifique roman sur l?exil. Un petit bijou. » Le Parisien« Une fresque familiale vibrante. » Version Femina« Un texte délicat, poétique et poignant. » RTL« Racé comme du Almodóvar. Un coup d?éclat et un coup de maître. Une écrivaine démente. » Le Point« Par la grâce d'un livre, les racines refleurissent. » Courrier de l'Ouest« Cette épopée ne s'oublie pas. » Le Figaro« Le partage est la morale de ce récit ardent. » Le Monde des livres« Un émouvant premier roman autour d?une lignée de femmes frondeuses, marquées par le déracinement. » Elle« Un superbe premier roman. » Europe 1« Une réussite. » Causette Notes Biographiques : Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. D?origine espagnole, elle a grandi à Marseillette. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n?en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs.